Anne Charrier

Cette comédienne de talent, qui dégage une beauté naturelle incroyable, a fait ses armes sur les planches. En ce moment à la Comédie des Champs-Elysées et à l’écran dans Marseille, de Kad Merad, Anne Charrier est une pépite qui mérite un coup de projecteur.

Comment vous définiriez-vous ?
Espiègle, endurante, terrienne et lunaire en même temps.

Avec qui vous a-t-on déjà confondue ?
Dans un train dernièrement, un monsieur m’a confondue avec Juliette Binoche. J’étais extrêmement flattée et quand je lui ai dit que ce n’était pas moi, il m’a fait un signe comme quoi… il ne dirait rien !

Théâtre, cinéma, télé… Sur quel plateau vous sentez-vous le plus à l’aise ?
Tout dépend du projet. Le théâtre est plus concret, c’est quelque chose que je comprends mieux, on a une vue d’ensemble plus simple, tout est plus pratique, on y a moins de comptes à rendre. Alors qu’en télé ou dans le cinéma, il y a tellement de décideurs qu’on ne sait plus parfois à qui l’on s’adresse. Au théâtre, on explique moins ce que l’on va faire : on fait.

Quel est votre truc contre le trac ?
Je n’en ai pas. J’essaye de respirer. Parfois le trac porte, mais il peut aussi casser les pattes. Ce qui est compliqué, c’est qu’on ne sait jamais ce qu’il va créer. Les accidents de théâtre peuvent être extrêmement galvanisants pour les acteurs car c’est ce qui rend le théâtre vivant et chaque représentation différente. La meilleure solution serait de boire un coup, mais ça n’en est pas une !

Le film que vous avez le plus vu ?
La Vie de Brian des Monty Python, Intolérable cruauté des frères Coen, Les Bronzés et Les Bronzés font du ski.

Le film que vous n’avez toujours pas vu ?
Inside Llewyn Davis des frères Coen.

Le truc le plus fou que vous avez fait pour décrocher un rôle ?
Mentir sur mon âge à la même personne, deux jours de suite. Un jour j’avais vingt-cinq ans et le lendemain trente-cinq ! En même temps, j’assume complètement car je trouve ça bête. On vous voit pour un rôle, mais on ne fait pas forcément son âge. Le boulot du directeur de casting, c’est de découvrir notre âge et le nôtre, c’est d’obtenir le rôle !

Qu’est-ce qui vous fait rire jaune dans ce milieu ?
Que Georgia Scalliet, qui a joué dans L’Odeur de la mandarine [NDLR : comédienne française, pensionnaire de la Comédie-Française], ne soit pas nommée aux César. Je ne sais pas comment cela fonctionne et je m’en fous un peu, mais cela reste un grand mystère pour moi ! Que pour ce rôle, cette comédienne ne soit ni dans les espoirs, ni dans les actrices me fait halluciner. Je reconnais évidemment le talent des autres, mais « pas nommée » tout de même… Que l’on m’explique !

Quel serait le rôle de composition aux antipodes de votre caractère ?
Une femme politique. J’adorerais le faire, mais je ne suis ni diplomate, ni visionnaire, ni manipulatrice ou calculatrice… Cela m’exciterait beaucoup de jouer une certaine perversité.

À qui « voleriez-vous » un brin de talent ?

À tellement de monde ! À Kate Winslet et sa désinvolture face à son succès, à Kate Blanchet et son intégrité de travail : toutes les Kate ! Aux frères Coen pour leur rigueur dans la fantaisie, à Leonardo DiCaprio pour tout, pour sa capacité de composition si subtile, à Pascale Arbillot qui ne lâche jamais rien…

Quel est l’artiste que l’on n’imaginerait pas que vous aimiez ?
Katy Perry. Ça doit venir de mes enfants, mais je chante souvent ses chansons.

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