Infrarouge / Culture  / Expos  / Arles, la photo en majesté

Arles, la photo en majesté

Les Rencontres de la photographie d’Arles, du 4 juillet au 25 septembre, permettent de découvrir une cité magnifique et des photographes connus ou émergents, dont les œuvres prennent de l’ampleur dans des lieux exceptionnels.

Si 2015 fut un succès, avec 93 000 visiteurs, la 47e édition des Rencontres d’Arles garde son attrait unique. Une ville sublime, de superbes monuments historiques, dont certains fermés au public en temps normal, dans lesquels grands photographes et jeunes talents dévoilent leurs regards singuliers. Au sein des églises, palais, cloîtres ou édifices industriels réhabilités, une quarantaine d’expositions sont programmées, dans des styles variés et sur des thèmes diversifiés. Elles permettent d’observer les tendances émergentes, la création d’aujourd’hui et les références d’hier. Chaque année, des nouveautés pimentent ces Rencontres, qui ne se reposent pas sur leurs lauriers. Quel plaisir de déambuler dans les ruelles pleines de charme en se laissant guider par la curiosité pour contempler des images fortes, originales ou parfois déjà connues, car devenues iconiques !
Cette année, Africa Pop montre un continent surprenant, amusant, sous un angle décalé qui reflète la vivacité africaine. Décalées aussi les étranges collections de l’expo « Singulier ! », avec des images de la statue de la Liberté ou des clichés retraçant l’histoire mouvementée du magazine Hara Kiri. Avec « Street », c’est la photographie de rue qui est revisitée. Tandis que les expos « Après la guerre » s’interrogent : « Que reste-t-il à voir d’un champ de bataille bien après la bataille ? ». Deux immenses photoreporters, Don McCullin et Yan Morvan, apportent leurs réponses.

2Don McCullin
Nombre des images en noir et blanc du reporter anglais ont fait le tour du monde, dans les magazines comme les expositions. Engagé à quinze ans dans la Royal Air Force en tant qu’assistant photographe, il collabore ensuite, de 1966 à 1984, au journal britannique Sunday Time, photographiant les conflits au Vietnam, Liban, Biafra ou encore à Chypre et en Irlande du Nord. Il devient alors l’un des plus grands photographes de guerre de la fin du XXe siècle. Sous les hauts volumes de l’église Sainte-Anne, ce n’est pas seulement ce travail qui est montré, mais une œuvre documentaire plus vaste et profonde, où la beauté des paysages est notamment mise en avant. Dans tous les cas, quel que soit le sujet traité, l’œil unique et subtil de Don McCullin est toujours présent. Ainsi que la portée universelle et la dimension esthétique de son témoignage. L’exposition incontournable de l’édition 2016.
Fin de l’exposition le 28 août.

1Yan Morvan
C’est l’un des meilleurs spécialistes de la photographie de guerre. Le Français, dont la première photo fut publiée par le quotidien Libération au milieu des années 1970, a acquis une réputation internationale, gagnant des prix prestigieux comme celui du World Press Photo. Correspondant pour l’hebdomadaire américain Newsweek dans les années 1980 via l’agence Sipa, il a couvert les affrontements entre l’Iran et l’Irak, au Liban, en Afghanistan, au Rwanda et au Kosovo. Néanmoins, dans cette exposition de 80 photos présentées au Capitole, ex-cinéma du quartier de la Roquette et ancienne chapelle Saint-Laurent, il ne montre pas les conflits mais les champs de bataille après la guerre, en l’absence de combats. Ce qui amène à ne plus consommer des clichés spectaculaires mais à réfléchir sur les images qu’il a prises depuis 2004 partout dans le monde pour témoigner d’épisodes historiques remontant pour certains à 3 500 ans en arrière. Devant le calme apparent des lieux, qui portent encore parfois les stigmates des violences passées, le spectateur projette son imagination ou ses souvenirs autour des événements tragiques qui se sont produits là. Saisissant et glaçant.
Fin de l’exposition le 11 septembre.

5Bernard Plossu
Le voyage a amené ce Français, né au Vietnam en 1945, vers la photographie. Il pratique les deux depuis son adolescence. Dès l’âge de vingt et un ans, il s’installe aux Etats-Unis pour explorer le grand Ouest au côté de la Beat Generation. En voiture ou à pied, il sillonne des espaces grandioses immortalisés avec son appareil photo juste équipé d’un objectif 50 mm. Avant de revenir en France au milieu des années 1980. La salle Henri Comte accueille les images aux tons doux de cette exposition « Western Colors », sa première à titre personnel. Californie, Nevada, Utah, Nouveau-Mexique ou Arizona offrent des plans larges ou des zooms sur des détails qui traduisent, in fine, l’amour de Bernard Plossu pour ce pan de la culture et de l’imagerie américaines. Avec un penchant pour les Indiens plus que pour les cowboys. Car les native American sont pour lui l’incarnation de la liberté, de la révolte et du respect de la nature.
Fin de l’exposition le 28 août.

Nos adresses

7L’Atelier de Jean-Luc Rabanel
Il se qualifie d’inventeur de la « greenstronomie » car il fut le premier chef bio à décrocher une étoile dans le guide Michelin (il en possède deux aujourd’hui). Plus encore que la cuisine, il partage des émotions dans son atelier au décor contemporain épuré, qui devient une « galerie d’expression culinaire ». Son grand art est végétal : fleurs, légumes, herbes, racines ou plantes sont sublimés
par ses talents.
7, rue des Carmes, 13200 Arles. Tél. :04 90 91 07 69.
www.rabanel.com
Menu à partir de 85 euros.

4La Chassagnette
À 12 kilomètres du centre d’Arles, dans une ancienne bergerie en pleine Camargue, le jeune chef étoilé Armand Arnal, qui a fait ses armes chez Ducasse, cultive son jardin et imagine des recettes pour encenser la nature qu’il respecte et admire. Son menu végétarien est composé presque exclusivement de ses propres productions. Et son fameux velouté d’herbes est un plat vivant qui évolue au fil des saisons.
Route du Sambuc, 13200 Arles.
Tél. : 04 90 97 26 96.
www.chassagnette.fr
Menu à partir de 55 euros (le midi en semaine).

3L’Hôtel Particulier
Heureux élus, comme l’ancien maire d’Arles qui le fit construire en 1824, ceux qui séjournent dans ce cinq-étoiles aux 17 chambres et suites toutes de blanc vêtues. Heureux mariage entre la sobriété du style contemporain et l’élégance des meubles, cheminées et parquets anciens. En centre-ville… mais au cœur du zen, grâce à la piscine dans le jardin et au spa, avec hammam et soins Carita.
4, rue de la Monnaie, 13200 Arles.
Tél. : 04 90 52 51 40.
www.hotel-particulier.com
Chambre double à partir de 289 euros.

6L’hôtel du Cloître
La belle façade classique ne laisse pas présager le tourbillon de couleurs, de design et de fantaisie des 19 chambres, décorées par l’architecte India Mahdavi.
Son esprit pop, original et joyeux, donne un sacré coup de jeune aux nobles murs de l’hôtel. En prime, un superbe panorama sur les vénérables pierres de la cathédrale Saint-Trophime, depuis le bar perché sur le toit-terrasse.
18, rue du Cloître, 13200 Arles. Tél. : 04 88 09 10 00.
www.hotelducloitre.com
Chambre double à partir
de 95 euros.

À découvrir également