Ayons le cœur Cuba !

Comme elle brille avec éclat, la nouvelle île de Cuba ! Depuis la visite, il y a quatre mois, du président des États-Unis Barack Obama, pour rétablir les relations entre les deux pays annonçant la fin de l’embargo économique de 1962, le vent, progressivement, a tourné sur le plus grand confetti des Caraïbes, au point de souffler la nouveauté dans un rayonnement international sans précédent. Petite virée vers le nouveau nombril du monde qui ne désemplit pas.

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L’île qui ouvre ses bras

Portée par la visite du futur ex-président américain, et alors que la levée de l’embargo doit encore être votée au Congrès, la plus grande île des Caraïbes jouit d’une attractivité sans précédent. Avec déjà deux millions de touristes étrangers en 2016, Cuba se prépare à une nouvelle année record après un cru 2015 marqué par une hausse de près de 17 %. Aussi, les multinationales américaines n’hésitent plus à s’implanter dans celle qu’on qualifiait jadis de « bordel de l’Amérique ». De Airbnb, profitant du dégel de l’archipel pour ouvrir son antenne le mois dernier et transformant les célèbres « casas particulares » en un catalogue de plus de 2 000 annonces interactives, aux hôtels des chaînes Marriott et Starwood qui ont amorcé leurs travaux, Cuba mêle le boum immobilier à son environnement désuet avec maestria. Aux côtés des maisons vintage de La Havane coloniale, des projets fous signés Ieoh Ming Pei, Norman Foster, Jean Nouvel et consorts, essaiment sur le territoire, soutenus côté français par Bouygues Bâtiment, Eiffage ou Vinci Construction, avec les partenariats d’Accor pour l’hôtellerie. Et alors que les croisières de luxe en tout genre séduisent de plus en plus de voyageurs, le premier paquebot du groupe américain Carnival accostait début mai, tandis que MSC Croisières et Air France prévoient de renforcer les trajets pour La Havane à partir du mois d’octobre. Aussi, quoi de plus naturel qu’en ouvrant ses frontières et en se faisant synonyme de renouveau, on se prenne tous à rêver de cet eldorado ?

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L’île de la mode, de la musique et du cinéma

De son côté, ayant flairé parmi les premiers le fort potentiel de l’archipel, Karl Lagerfeld ambiançait dès le mois de mars le traditionnel Bal de la Rose de Monte-Carlo d’un bel esprit cubain, dans un décor hommage aux façades de palais baroques, où virevoltaient les nappes et robes longues à imprimés tropicaux sur le son des plus grandes années du Buena Vista Social Club.
Une semaine plus tard, les Rolling Stones lui emboîtaient le pas en faisant trembler l’île de leurs voix, lors d’un concert gratuit historique, venu achever leur tournée d’Amérique latine, qui réunissait 500 000 spectateurs. Et plus récemment, c’est la maison Chanel, à nouveau sous l’égide de Karl Lagerfeld, qui posait ses bagages griffés du double C à La Havane, le temps d’un défilé Croisière en plein air au mois de mai. Les mannequins, fumant le cigare en bérets du Che et T-shirts graffés « Coco Libre », côtoyaient sur le boulevard Malecón des célébrités telles que Tilda Swinton, Gisele Bündchen ou Vanessa Paradis. Loin de se réduire à un épiphénomène, la présence des stars sur l’archipel ne cesse de croître. Ces derniers mois, on y croisait Robert de Niro, la famille Kardashian, Zoe Saldana, Ryan Gosling et Eva Mendes, originaire de l’île, et même le pape François ! Visite touristique, ou diplomatique pour certains, l’attractivité de Cuba trouve également son moteur via le cinéma. Alors que l’équipe de la série « House of Lies » vient d’y poser ses valises pour quelques prises, Vin Diesel sillonne Varadero tout le mois de juillet en cabriolet seventies pour les besoins du dernier volet de Fast & Furious, tandis que des scènes du prochain Transformers  mettront le pays à l’honneur, à l’heure où la chaîne Netflix vient d’ouvrir son réseau à la population cubaine. Un nouvel empire cinématographique déjà qualifié de « Havanawood » !

 

L’île qui se vit où que l’on soit

On a dressé le constat. Pour rayonner pendant le mois de juillet, c’est bien vers Cuba, ses eaux turquoise, son soleil brûlant sous lequel ondule la salsa qu’il faut désormais regarder. Mais si les itinéraires de vacances sont déjà tout tracés, on vous propose de suivre le guide pour briller à la Cuba Libre où que vous soyez cet été…

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…En buvant

Un mojito. Le cocktail préféré de 28 % des Français, devenu ringard puisque tellement apprécié et servi à tout va, qui se voit remis au goût du jour par Havana Club sur sa terrasse éphémère baptisée Plaza Havana, au sein du bouillonnant Café A.
Ou un thé avec T.O by Lipton qui lance sa version Thé citron vert à la Cubaine N°29.

…En visionnant

Viva, le formidable docu-fiction du réalisateur irlandais Paddy Breathnach sorti le 6 juillet, qui peint l’archipel à merveille à travers les yeux d’Angel, jeune Cubain gay qui tente de s’intégrer à la communauté drag-queen de La Havane.

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…En parcourant

Le catalogue de l’exposition « Varda/Cuba » d’Agnès Varda qui se tenait au mois de février au Centre Pompidou, et qui répertorie les plus belles photographies de la réalisatrice de Salut les Cubains, séduite et inspirée par les couleurs de l’île dans les années 1960.

…En lisant

Ernest Hemingway. Impossible de penser cubain sans aborder l’œuvre de celui qui devint un symbole de l’île après avoir vécu à La Havane à partir des années 1930, et dont le roman En avoir ou pas est une ode au pays qui l’accueillit durant trente ans de sa vie.

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…En portant

Les imprimés ananas ou les foulards aux motifs tropicaux fleuris des danseuses de rumba, car pour la guayabera, cette veste traditionnelle cubaine que Chanel revisite en version tweed, il faudra attendre le mois de novembre !

 

 

 

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Hantée par la figure du Che, La Havane garde encore le charme des années passées mais se laisse peu à peu conquérir par des boutique-hôtels séduisants. Un vrai voyage dans le temps.

ON POSE SES VALISES

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Au Habana 612

Arcades de pierre, vitraux rehaussés de rouge et de bleu, ambiance tamisée… chaque élément prend de l’ampleur grâce à d’intelligents vis-à-vis d’œuvres contemporaines, de pièces taillées dans un bois caramel et autres meubles et suspensions aux lignes ultra-contemporaines. Du wifi à la climatisation, la modernité a pris ses quartiers dans le bâtiment historique. Douze chambres se partagent les trois étages garantissant un accueil personnalisé et un séjour douillet. Avantage : après une nuit passée à danser, impossible d’oublier l’adresse… Tout est dans le nom ! Chambre : à partir de 60 CUC.
Habana 612, Calle Habana n° 612, Habana Vieja, 10100 La Habana.
www.habaguanexhotels.com

ON SE RESTAURE :

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Au Café del Oriente

Serveurs en smoking et cuisine raffinée : ce restaurant gastronomique est l’un des plus luxueux de la capitale cubaine. Tradition, finesse et exigence, tel est le credo de cet établissement où notables et hommes d’affaires se pressent. Inauguré en 1997, situé dans un bâtiment historique de style néo-classique en plein cœur de la Habana Vieja, le Café del Oriente présente un magnifique café-bar aux fauteuils Club et tentures. À l’étage, le restaurant cinq étoiles et son décorum pompeux (piano à queue, salle ornée d’un magnifique vitrail signé de l’artiste cubaine Rosa María de la Terga) ajoute au prestige du lieu. À la carte, des mets d’excellence : foie gras, saumon fumé, caviar, langouste… Classiques, mais d’une qualité irréprochable. Carte : environ 35 CUC.
Café del Oriente,
Oficios n° 112, La Habana Vieja,
10100 La Habana. Tel : +53 7 8606686.

ON SE CULTIVE :

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Au Museo de la Revolución

Posté sur la pelouse du musée de la Révolution, le tank soviétique SU-100 utilisé par Fidel Castro sur la Baie des cochons en 1961 vous accueille et donne le ton. Il tranche avec les volumes fastueux de l’ancien palais des présidents cubains dessiné par Paul Belau et Carlos Maruri. À peine Fulgencio Batista destitué, le bâtiment (dans lequel l’ex-dictateur échappa à une tentative d’assassinat) fut réquisitionné pour chanter les louanges de la révolution. Il présente chronologiquement la mémoire de la lutte du peuple cubain pour sa liberté. Depuis la culture précolombienne jusqu’au régime actuel, vous croiserez les figures du Che et autre Castro entre documents de propagande, repères historiques et pièces emblématiques comme le Granma, le bateau qui a amené les rebelles depuis Tuxpán (Mexique). Si les méandres de l’histoire moderne vous laissent de marbre, jetez un œil à la décoration intérieure signée Tiffany et au Salón de los Espejos aux allures de versaillaise galerie des Glaces.
Museo de la Revolución,
Calle Refugio n° 1, Centro Habana,
10600 La Habana.

 

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