Audrey Dana & Eric Elmosnino

Après son apparition très remarquée dans « Roman de gare » de Claude Lelouch, Audrey est au coeur de l’actualité théâtrale de la rentrée en donnant la réplique à Johnny Hallyday. Il est l’acteur qui a joué Gainsbourg si magistralement que le César ne lui a pas échappé. Il est à l’affiche du film événement : « La guerre des Boutons », aux côtés de Mathilde Seigner. 

Audrey Dana & Eric Elmosnino


A peine arrivés, ils échangent sur leur actualité respective, notamment sur la sortie imminente de deux nouvelles versions de la Guerre des Boutons… 

A. : Ah ! Tu joues dans la Guerre des Boutons ? J’ai regardé les deux bandes annonces, je n’ai pas vu de très grosses différences… 

E. : Tu sais, je crois que les gens iront voir celui qui se joue à côté de chez eux ! 


Audrey et Eric, vous vous connaissiez déjà personnellement?

A. : Non, pas du tout.

E. : Ou alors je ne t’avais pas remarquée !


Que savez-vous l’un et de l’autre ?

A. : J’ai fait un film avec Claude Lelouch qui m’avait parlé d’Eric bien avant la sortie de « Gainsbourg » ! Il nous disait que tu étais un super acteur, je crois qu’on peut dire qu’il a plutôt bon goût ! (rires) Je sais que tu es « une brute » au théâtre et puis j’ai adoré ton travail dans « Gainsbourg, vie héroïque ». Je suis même sortie du film avec le mal-être de Gainsbourg ! Tu méritais le César, d’ailleurs j’ai voté pour toi !

E. : C’est adorable, et c’est touchant d’entendre que j’existe en tant qu’acteur aux yeux de Lelouch ! Moi, Audrey, je ne l’ai vue que dans « Roman de gare » de Lelouch justement, je me rappelle d’elle comme d’une chose assez brutale. Et puis, je vais aller la voir jouer, dans sa pièce avec le chanteur… comment il s’appelle déjà ?


Justement Audrey… avec Johnny, tout va bien ?

A. : J’ai un peu l’impression qu’il est fait pour jouer du Tennessee Williams. Sur un plateau, il parle avec sa voix de scène ! J’en ai eu des frissons, alors que je ne suis pas du tout groupie. Il est bien plus bosseur et timide que vous ne pouvez l’imaginer. J’aime son humilité, ses craintes et puis par moment, on dirait un gamin. 


Comment vous présentez-vous, lorsqu’on ne vous (re)connaît pas?

A. : Si on ne m’a pas calculée et que la porte est donc ouverte… je dis que je suis assistante médicale !

E. : J’ai dû dire 10 000 fois que j’étais comédien, peu importe que l’on me connaisse ou pas ! Mais depuis « Gainsbourg », je peux boire des coups gratis dans presque tous les rades de France ! Les mecs arrivent avec un verre et me disent : « toi, c’est impossible que tu ne boives pas ! »


Audrey, échappez-vous à la question « avez-vous un rapport avec Philippe Dana ? » et Eric, réussissez-vous à éviter la sempiternelle question en rapport à Gainsbourg ?

E. : Je n’y échappe pas et je n’ai aucune envie d’y échapper ! Parfois, je sors de chez moi sans avoir trop la pêche, il suffit que je croise un sourire et c’est reparti ! C’est génial. J’ai cette impression, comme lorsque je jouais à Avignon et que je recroisais le public dans la rue le soir même. A Paris maintenant, c’est Avignon tous les jours ! 

A. : Moi, même lorsque je jouais à Avignon, on ne me reconnaissait pas dans la rue ! (rires) 


Quel est le compliment qui vous déstabilise ?

A. : Lorsqu’on me dit à propos de la pièce : « de toute façon, tu vas être géniale ! », mais taisez-vous ! On ne sait pas ! On va essayer, mais rien n’est sûr !

E. : Les gens n’imaginent pas le travail que c’est.


Un grand moment de solitude sur scène ou lors d’un tournage ?

E. : J’ai tout eu… le rideau de fer qui se baisse en pleine représentation parce qu’un mec a appuyé dessus par inadvertance… et puis, l’insouciance qui fait faire parfois n’importe quoi ! J’ai quand même joué « la bite » à l’air devant 2000 personnes à Avignon au Palais des Papes…


Quel est le meilleur moment dans l’aventure d’un film ou d’une pièce, en dehors du jeu ?

A. : Moi j’aime le moment où les spectateurs le reçoivent enfin ! 

E. : Pour moi, au cinéma, c’est le tout premier coup de fil, ça veut dire qu’on pense à toi. Ensuite, les ennuis commencent ! (rires)


Au théâtre, est-on jamais prêt à commencer à jouer la pièce ?

A. : Non, on aimerait continuer à l’améliorer, mais on a envie du public.

E. : Ce qui est sublime au théâtre, c’est lorsque tu trouves le bon ton, la bonne attitude, après avoir tâtonné.

A. : Oui, et lorsque je repense aux premières représentations, à chaque fois, j’en ai honte, tellement c’est différent des dernières !


Vous devriez inviter les spectateurs des « premières » à une « dernière »…

A. : C’est une bonne idée !  

E. : Au cinéma, ça m’est arrivé de rejouer des scènes que nous avions tournées au tout début…

A. : Woody Allen fait ça très souvent !


Quel est le truc qui vous agace un peu dans votre univers ?

A. : Les gens pour qui, faire ce métier, c’est plus d’être « in » et de faire des photos que de jouer !

E. : Moi, ce qui me gonfle sur un tournage, c’est qu’on me suive partout sur le plateau ! Je demande même à venir seul… 


A quel moment, dans votre vie quotidienne, faites-vous le plus de cinéma ?

A. : Pour que ça s’arrête… lorsque je m’engueule avec mon mec ! (rires)

E. : Au téléphone, en prenant une petite voix, pour me débiner ou zapper un rdv…


Quelle est la proposition la plus saugrenue qu’on vous ait faite ?

A. : Une tournante dans une chambre d’hôtel ! (rires) Non je déconne !

E. : Après le « Gainsbourg », on m’a proposé de venir chanter à l’Opéra de Varsovie ! Je leur ai dit la vérité, je ne sais pas chanter, c’était du cinéma ! 


Une qualité qui vous fait cruellement défaut ?

A. : La patience.

E. : La gentillesse… mais ça ne veut pas dire que je suis un enfoiré ! (rires)


Une mode à laquelle vous avez fini par succomber ?

A. : Les textos, j’adorerais ne plus en être esclave !

E. : Maintenant, si t’es pas joignable, c’est pas normal ! Moi, je viens à peine de me mettre à l’eau courante et à l’électricité…


Qu’avez-vous, jusqu’à présent, préféré entendre dire ou lire de vous dans la presse ?

A. : A la sortie de « Roman de gare », un article dans la presse ciné qui disait : « Audrey Dana, on en entendra sûrement reparler… ». Ça m’a beaucoup touchée !

E. : Ce qui m’a le plus scotché, c’était la critique des Inrocks, à propos du chant justement. J’étais fier, cela voulait dire que j’avais réussi mon coup. 


Quelle est la marque qui n’a pas besoin de vous choisir comme égérie, tant vous la consommez sans modération et sans contrat ?

A. : Piaget m’a contactée et m’a proposé de les représenter car ils savaient que j’aimais la marque.

E. : Moi, c’est Marlboro malheureusement ! Et Chablis… heureusement ! (rires)


Quelle est la phrase ou la réplique que vous auriez adoré inventer ? 

A. : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » de René Char.

E. : « L’amour est physique et sans issue » de Serge Gainsbourg…


Dans cet article