Carole Bouquet et Nicolas Bedos

Carole Bouquet et Nicolas Bedos ne se connaissaient pas. Elle est l’incarnation de la beauté et de l’élégance. Il écrit des pièces à succès et anime sa chronique sur France 2 chaque vendredi soir. Rencontre entre quatre yeux clairs et pétillants.
Par Hervé Prouteau.
Nicolas et Carole

Carole tend une main franche à Nicolas qui la serre avec force…
C. : Mais c’est héréditaire ! Vous avez la même énergie que votre père, vous ! (rires). Je l’aime beaucoup d’ailleurs.
N. : C’est réciproque, il était un peu jaloux lorsqu’il a su que nous allions nous rencontrer…

Carole  et Nicolas, vous vous connaissiez déjà personnellement ?
C. : Non, pas du tout. Je dois dire que j’ai eu le privilège de choisir qui rencontrer aujourd’hui, et je suis bien contente que ce soit lui ! Mais je reconnais que je n’ai pas lu ses textes ni vu ses pièces…
N. : Evidemment moi, j’ai vu vos films. « Trop belle pour toi » et tous les autres. Et j’imaginais bien que vous n’alliez pas faire une thèse sur moi ! Alors que moi, vous m’avez procuré des émotions très fortes.
C. : Il me voit sur les barricades des manifs avec son père !
N. : Non, pas vraiment, je parlais d’émotions plus sensuelles ! (rires)

Comment vous présentez-vous ?
C. : Je suis actrice, je joue la comédie, je raconte des histoires.
N. :  Moi, je parle de théâtre, je suis un auteur de théâtre.

Carole, échappez vous à la question « avez-vous un rapport avec Michel Bouquet ? » et Nicolas, réussis-tu à éviter qu’on te parle de ton père ?
C. : A mon avis, pour lui c’est impossible ! Moi… on prend pour acquis que je suis la fille de Michel Bouquet. Au début, je disais « non », puis devant la déception, j’ai fini par donner régulièrement de ses nouvelles ! (rires).
N. : Un peu plus depuis que je fais mes trucs à la télé, mais c’est pas mon ambition première qu’on arrête de m’en parler.
C. : Ce qui est bien chez son père, c’est qu’il ne se vante pas de son fils, il ne revendique ni son talent, ni son existence. Ce n’est pas le cas de tout 
le monde !

A quel moment, dans votre vie quotidienne, faites vous le plus de cinéma ?
C. : Je crois que ce serait terriblement ennuyeux d’être soi-même ! On fait 
du spectacle le plus souvent possible. 
N. : Moi, ce serait peut-être dans ce genre de situation, où l’on a envie de briller, de plaire…

Quel est le compliment qui vous déstabilise ?
C. : Tous ! Parce que je les prends pour des vérités (rires)…
N. : J’ai fréquenté une actrice qui ne supportait pas qu’on lui dise qu’elle était belle.
C. : Mais c’est parce qu’elle était jeune ! Moi aussi, même si je l’ai toujours bien pris, ça me rendait timide lorsqu’on me disait que j’étais belle. 
Je me disais « et alors maintenant, on fait quoi ? »…Mais croyez-moi, plus le temps passe, plus c’est agréable à entendre.

Qui ne peut-on pas vous soupçonner d’apprécier ?
C. : Il m’arrive d’aimer des choses pas terribles ! De la bonne variété par exemple, et le pire, c’est que, lorsque je croise les auteurs, je leur dis que c’est consternant, mais que j’aime ce qu’ils font ! (rires)
N. : J’ai une petite étiquette d’intello, alors que j’adore regarder « Toy Story 3 » … ça me détend et ça m’évite de fumer des joints.

Quelle est la proposition la plus saugrenue qu’on vous ait faite ?
C. : Il n’y a pas très longtemps, pour beaucoup de sous, on m’a proposé de faire une pub pour une pâte à tartiner. J’allais à l’Opéra et puis tout à coup, je rebroussais chemin… 
« J’ai rendez-vous avec …. ». Le truc ridicule. Mes très proches m’ont dit « t’as pas moyen de le tourner au second degré ? ». Non…
N. : Moi, avant même que je commence à peine à exister, c’était de présenter un jeu débile sur une chaîne du câble.

Que ne faites-vous pas ou plus tout à fait comme tout le monde ?
N. : Depuis quelques temps, avec ma toute petite notoriété - Carole doit connaître ça bien mieux que moi - je m’oblige à être sympathique avec les gens qui me parlent dans la rue. Je ne supporte pas l’idée qu’ils puissent croire que je me la raconte.
C. :  Pauvre petit, il ne s’autorise plus à être de mauvaise humeur ! (rires)

Une qualité qui vous fait cruellement défaut ?
C. : La modestie ! (rires) Non, j’aimerais me réveiller plus souvent « heureuse ». 
N. : C’est bien comme question, mais c’est large. Je dirais la patience. J’essaye de me soigner.
C. : J’espère, parce que c’est quand même un peu ennuyeux pour un metteur en scène ! (rires)

Une mode ou un accessoire que vous aimez chez les autres, mais pas sur vous ?
C. : L’exubérance, j’adore chez les autres, mais moi je disparais derrière.
Et puis les trucs de filles, les fleurs, les colifichets et les volants.
N. : Je suis fasciné par les gens qui osent le chapeau.

Une mode à laquelle vous avez fini par succomber ?
C. : Le téléphone portable ! J’aime l’idée de ne pas être joignable. 
Mais comme je suis une maman poule, je le suis toujours !
N. : Facebook…
C. : Alors ça, c’est hors de question pour moi ! Pourquoi devrais-je avoir autant d’amis ?  (rires)


Quel est le pire rôle que vous ayez eu à jouer dans la vraie vie ?
N. : A un moment, j’étais avec quelqu’un de beaucoup plus connu 
que moi… et dans certaines circonstances, j’avais l’impression d’être une potiche.
C. : Ah ! Ils n’aiment pas ça les hommes, quand ça leur arrive ! (rires)

Quelle est la marque qui n’a pas besoin de vous choisir comme égérie, tant vous la consommez sans modération et sans contrat ?
C. : Tout ce qui est liquoreux et doux ! Bourgogne, Bordeaux…

Quelle est la vanne ou l’insulte que vous auriez adoré inventer ?
C. : Je n’ai pas la faculté de Luchini ! J’aimerais connaître des bordées d’insultes à la manière de celles du Capitaine Haddock, pour terrasser les mecs en voiture !
N. : Leur faire une sorte de passage à tabac avec les mots !

Pour finir, que dit-on de vous de peu flatteur que vous oseriez nous répéter ?
C. : Moi, c’est tellement un classique : « il paraît que je suis froide »…
N. : Je me lancerais bien un jour dans l’analyse de Carole, car il y a des choses plus subtiles dans ce que je ressens de cette apparente distance que certains appellent « froideur »…
C. : Mais avec plaisir Nicolas ! (rires)
N. : Moi, je voudrais tordre le cou à une bêtise… j’ai la réputation de me droguer, c’est faux ! Je picole un peu, ça c’est vrai…


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