Daphné Roulier & Gaspard Proust

Toute première  fois 

Daphné Roulier (journaliste) et Gaspard Proust (humoriste) ne se connaissaient pas. Elle brille sans jamais battre de l’aile dans « l’Effet Papillon », il excelle sur scène avec une précision cruelle et un cynisme parfait… Rencontre.


Par Hervé Prouteau
 Daphné Roulier & Gaspard Proust


À peine le temps de les présenter, Daphné démarre…
D. : Bonjour Gaspard… Tu as un rapport avec Marcel Proust ?
G. : Non, pas du tout. Enfin, je l’ai lu…

Que savez-vous de l’un et de l’autre ?
D. : Absolument rien ! Du coup, c’est un blind date parfait, non ? Je n’ai pas mes fiches des RG…
G. : Je sais juste que t’étais Miss météo sur M6…
D. : (rires) On sent la réponse préparée !
G. : Pas du tout, elle m’est venue à l’instant.

On va faire connaissance tous ensemble… Quel est le compliment qui vous déstabilise ?
D. : « T’as de beaux pieds tu sais » ! Et du coup, je ne sais plus sur lequel danser…
G. : C’est forcément un compliment qui vient d’une femme : « Mais pourquoi tu ne me méprises pas ? ».
D. : Oh la la, la psychanalyse ! (rires)

Une qualité qui vous fait cruellement défaut ?
D. : Incontestablement, la patience.
G. : J’ai une très faible tolérance à l’ennui. Je n’en suis qu’à ma 40e représentation de suite, et j’ai déjà l’impression d’être un vieux couple.

Une mode à laquelle vous avez succombée ?

G. : J’ai succombé, ou plus exactement je vis dedans : le libéralisme économique.
D. : C’est pourtant pas très à la mode !
G. : Oui, mais on y est. J’ai succombé à la médiatisation aussi…
D. : C’est un mal nécessaire tu sais. Et tant que tu ne vas pas chez Cauet… (Rires) Moi, j’ai arrêté de fumer, j’ai réduit mon empreinte de carbonisation.

Une mode que vous ne comprenez toujours pas ?
G. : Ne pas avoir fait partie du plan de licenciement qu’organisait ma banque en 2002 ! (rires)
D. : Pourquoi la banque au fait ?
G. : Parce que je voulais en faire le moins possible en gagnant le plus. Je voulais écouter de la musique, faire des siestes, je sentais que j’aimais la littérature, mais je ne voulais pas sombrer dans la culture… finir dans une fosse commune. Non, je voulais une vraie sépulture… (Rires)

Le truc qui vous agace dans votre univers ? A la télé ? Et sur scène, dans l’humour…
D. : A la télé, la victoire de l’imposture sur le mérite. Je ne balancerai personne mais on a l’embarras du choix.
G. : Tu crois que le public n’est pas lucide ?
D. : C’est un peu comme les matchs de catch, certains savent, mais pour beaucoup, le doute subsiste…

Et toi Gaspard, ce qui t’agace dans ton univers ?
G. : Le manque de frivolité. Il y a trop de sentimentalité, il y a un véritable amour entre nous tous… C’en est presque gênant… (Rires)

Pire moment de direct, d’animation ou de comédie sur scène ?
G. : C’est d’apercevoir une fille très, très belle dans la salle. Une fois, j’ai reçu un texto dans lequel la fille me demandait si j’étais libre après…
D. : Je crois qu’en ce qui me concerne c’est mon interview de Bernard Tapie dans « + Clair », lorsqu’il a failli me mettre un pain ! Il nous avait accusés d’avoir bidonné le montage, il a cassé sa loge ! Comme sur le plateau nous étions installés très près l’un de l’autre, en régie, ils avaient peur que le coup de poing parte !

L’humour… vaste sujet, qu’est-ce qui ne fait rire que vous ?
D. : Mes blagues qui ne volent pas haut.
G. : Les gens qui ont payé pour me voir et dont je m’aperçois qu’ils se sont trompés de spectacle….
D. : Ça t’est arrivé que certains s’en aillent ?
G. : Une fois, j’en ai repéré un qui se faisait chier, dans l’angle contre le mur, mais comme il était « bourgeois », il n’osait pas se lever et partir. J’ai attendu presque la fin de mon spectacle, et j’ai fait bouger tout le rang pour qu’il puisse s’en aller. Il est parti, très digne. C’était comme si j’avais lâché un comptable dans une prairie, ou Flipper dans l’océan….

Quelle est la vanne ou l’expression que vous auriez adoré inventer ?
D : Toutes les saillies de Gainsbourg ! Et certaines de Desporges.
G. : Moi, ce serait plutôt quand on arrive sur scène : « est-ce que vous êtes chaud ce soir ? Je super content d’être là ! »… (Rires)
D : J’aime bien l’expression de Frédéric Dard : « La chasse aux cons est un safari sans espoir » !

Vous préféreriez mourir de rire à quelle occasion ?
D. : Devant le film « Joyeuses funérailles », très à propos…
G. : En arrivant devant le Paradis justement, en même temps qu’un Islamiste. Et que Saint-Pierre dise à l’Islamiste, « Toute cette débauche d’effets pyrotechniques ! Désolé mais c’est Jésus qu’avait raison… »

On dit qu’une femme qui rit est à moitié conquise, Gaspard t’en as eu beaucoup des « moitiés de femme » ?
G. : Je n’ai jamais séduit sur le rire. Mais plutôt sur la « présence absente », c’est ce qui fait durer le plaisir…

Et toi, Daphné, tu as révisé ton jugement sur des mecs que tu trouvais vilains mais qui t’ont finalement fait craquer ?
D. : Il y a longtemps, un mec a réussi à me séduire après son accident de moto… plâtré ! Il avait dû toucher ma « fibre ambulancière » ! (rires)

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