Tamara et Antoine font rapidement connaissance, assis dos à dos
pour le maquillage et la coiffure…
A. : J’ai vu le spectacle de Decouflé hier soir… vachement bien !
T. : Je l’ai vu la semaine dernière, j’ai beaucoup aimé aussi.
A. : Je suis fasciné par ce travail de précision, chaque pas et pied posé
au bon endroit.
Rentrons dans le vif… que savez-vous de l’un et de l’autre ?
T. : Je me rappelle de lui, petite, avec mes parents hilares devant Nulle Part Ailleurs…
A. : Oui, tes grands-parents même, non ? (rires)
T. : Et puis, je sais que son père était l’un des premiers à faire de la télé et
à être parti sur une île déserte avec
un écrivain…
A. : Oui… Paul-Emile Victor.
T. : C’est ça ! Et puis surtout, je sais que tu es l’un des premiers à avoir défendu le rock à la télé.
Et toi Antoine, que sais-tu de Tamara ?
A. : Je connais sa petite chanson sur la fourmi qui tourne un peu partout en ce moment, j’ai écouté son premier album : très estimable. Et j’ai horreur des analogies mais tu as une très belle voix, de la même famille que Catpower. Et puis, je sais qu’elle a habité en Céphalonie (Grèce), dont ma femme est originaire ! Je suis sensible au fait qu’elle ait beaucoup voyagé.
Je crois que tu es d’origine chilienne, et que tu as habité en Grèce
et quelques temps aux Etats-Unis ?
T. : Oui, j’ai joué et tourné pendant
un an avec un groupe en Grèce.
A. : C’est bien mais parfois, faut se méfier, parce que les voyages ne font pas que former la jeunesse, ils la déforment aussi ! (rires)
Tu as grandi en écoutant de la musique ?
T. : Oui, mais j’avais plus envie de cinéma, alors j’ai fait le Cours Florent.
A. : C’est pas incompatible, en Angleterre notamment, ils ne se laissent pas enfermer, contrairement à chez nous.
Quel est le compliment qui vous déstabilise ?
T. : Tous !
A. : « J’aime beaucoup ce que vous faîtes », parce que c’est assez vague et si t’as fait des choses très différentes comme moi, tu ne sais pas ce que l’on apprécie… En fait, les compliments, c’est embarrassant, mais c’est encore plus gênant de ne pas en recevoir !
Quel est le truc le plus faux qui circule sur vous ?
T. : Lorsque j’ai fait Taratata, Nagui m’a présenté comme Géorgienne…
A. : Oui, mais ça c’est parce qu’il ne lit pas bien ses fiches ! (rires)
Avec qui te confond-t-on parfois, Tamara?
T. : Avec personne, mais on me dit que j’ai des faux airs de Mélanie Doutey.
A. : C’est vrai, et aussi de Juliette Gréco. Jeune… (rires)
Moi, un jour, on m’a dit qu’on m’avait trouvé très bien dans « Pagnol… ».
Le mec m’avait pris pour Daniel Auteuil !
Une qualité qui vous fait cruellement défaut ?
T. : La modération…
A. : C’est ton côté géorgien… chilien, comme tous les peuples radicaux ! (rires) Moi, c’est la patience, plus le temps passe et plus « faut que ça tourne ».
Une mode ou un accessoire que
vous aimez chez les autres, mais pas sur vous ?
T. : Les talons aiguilles, je trouve ça
à la fois élégant et féminin, mais tellement pas stable ! (rires).
A. : Le kilt. J’ai essayé, j’adore l’idée. C’est extrêmement agréable, sans
le « kangourou » évidemment .
T. : Ah bon ? Tu avais tout à l’air ?
A. : Oui, mais avec des grandes chaussettes (rires).
Qu’avez-vous, jusqu’à présent,
préféré entendre dire ou lire de vous dans la presse ?
A. : Ça tourne autour de la vanité
ton interview ! Je ne lis plus la presse quand ça me concerne, parce que trop souvent, ça m’a touché à un moment où j’étais très sensible. Et parfois, le moindre commentaire, même sympa, s’il n’est pas très bien tourné, peut te blesser.
T. : Je comprends, c’est comme
à la fin d’un concert, lorsque certains
te débriefent directement : « alors,
la 3e chanson, j’ai moins aimé… ».
Mais, je dois quand même avouer que ça me fait plaisir lorsque j’entends dire que j’ai une belle voix.
Que dit-on de vous de peu flatteur
que vous oseriez nous répéter ?
T. : Jusqu’à maintenant, mon mec adorait ma spontanéité. Il souhaiterait que je fasse preuve de plus de modération !
A. : On m’accuse souvent de dilettantisme et d’égoïsme. Je crois que je suis assez monomaniaque et obsessionnel.
Un programme télé qu’on ne
pourrait pas vous soupçonner de regarder parfois…
T. : Je l’allume peu, sinon, je me fais piéger justement, par les trucs style « idée déco » ou les trucs de télé réalité bien nuls.
A. : Je n’allume jamais la télé.
C’est quoi ce snobisme de tous
ceux qui en font et qui ne la regardent pas !
A. : Mais, c’est juste parce que je n’ai pas le temps ! Chez moi, la télé est un objet ménager qui tourne parfois en bruit de fond, mais que je regarde peu. Je n’éprouve même pas de plaisir pervers à regarder l’élection de Miss France ou l’Eurovision…
Un groupe qu’on ne pourrait pas imaginer que vous aimiez bien ?
T. : Shakira, mais c’est un peu dommage qu’elle traduise en anglais.
A. : Max Raab, un chanteur de charme allemand qui reprend des standards. Et puis Cloclo. A l’âge de 8 ans, je l’ai vu au Casino de Trouville, et lorsqu’il est entré sur scène, pour chauffer la salle il a lancé : « C’est du 110 volts ou du 220 ici ? » Question qu’il s’est posé jusqu’à la fin de ses jours.
Une mode à laquelle vous avez fini par succomber ?
T. : La culotte taille haute.
A. : La gaine Lejaby… Moi c’est la chemise à carreaux. J’attendais depuis tellement longtemps son retour en grâce !
Le truc qui vous agace dans vos univers respectifs ?
T. : Je vais me mettre tout le monde à dos, mais tant pis : j’en ai marre de tous ces gens qui se disent « musiciens » parce qu’ils ont acheté un Mac et qu’ils enregistrent dessus.
A. : Ce que j’aime, c’est aussi ce que je n’aime pas : le côté tribal du cinéma. Les tribus, les querelles de clocher, et l’énergie dépensée à ça.
Le pire moment de direct, d’animation ou de comédie sur scène ?
T. : A 18 ans, je devais chanter à la Maison Blanche, pour une œuvre caritative, et au moment de commencer, j’ai oublié toutes les paroles. J’ai eu tellement honte, c’était horrible, j’ai filé pleurer aux toilettes.
A. : Moi, c’était lors d’une cérémonie d’ouverture des César où je devais faire des claquettes sur « Singing in the rain » dans un décor de rue. Au moment précisément où un voile devait se lever… rien ! J’ai senti comme un boa glacé le long de mon dos, et heureu-sement, les mecs ont dû tirer comme des bêtes, le rideau s’est finalement levé, mais cette fraction de seconde où tout pouvait partir en vrille m’a glacé.