Books en stock

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Parce que les livres ne servent pas qu’à caler les armoires, voici notre sélection de nouveautés littéraires pour frissonner, voyager, rêver et faire le plein d’émotions fortes.

Sous les bombes

Le 23 mars, Philip Kerr, « père » de la série des Bernie Gunther, s’est éteint à jamais. Pour étancher notre peine, plongeons dans l’œuvre d’un de ses
« héritiers », l’allemand Harald Gilbers. Certes, Richard Oppenheimer, ex-commissaire de la Kripo radié pour sa judaïté, n’a pas la truculence du dur à cuire imaginé par le génial Écossais, mais la description que fait Gilbers de la vie quotidienne dans Berlin sous les bombardements vaut son pesant de bretzels. Alors que, dans les derniers jours de la guerre, la ville s’apprête à être envahie par les Alliés, la femme d’Oppenheimer, dissimulée dans un sous-sol, est violée par un déserteur russe. Dès lors, Richard n’aura qu’une obsession, venger son Elsa, même si, pour cela, il faudra jouer à cache-cache avec l’armée rouge et le NKVD.

Derniers jours à Berlin de Harald Gilbers, Calmann Lévy, 21,90 €.

Bas les masques ! 

En mai 1760, celui que l’on appelle le « commissaire aux morts étranges », le chevalier de Volnay, en charge d’élucider les crimes les plus mystérieux de Paris, est contraint de s’enfuir à Venise accompagné de son père, le moine hérétique. Mais, le mal nommé « Siècle des Lumières » n’a rien ici de reluisant. C’est au contraire dans le décor crépusculaire d’une Sérénissime angoissante, à l’entame du célèbre carnaval, que nos héros doivent enquêter sur des corps retrouvés vidés de leur sang. Il n’en faudra pas plus pour que la cité des Doges ne se transforme en un territoire hostile, jonché de pièges et de chausse-trappes. Le tout narré dans ce style impeccable qui fait tout le charme des romans d’Olivier Barde-Cabuçon.

Le Carnaval des vampires d’Olivier Barde-Cabuçon, Actes Sud, 22,50 €.

Vous avez dit hasard ?

Vous pensez que rien n’est jamais écrit et que les événements – heureux ou tragiques – surviennent au petit bonheur la chance ? Pauvres candides que vous êtes ! Sachez qu’une armée d’agents très spéciaux, dont le travail est de fabriquer des coïncidences influant sur le cours de nos vies, œuvrent dans la plus grande discrétion. Toutefois, à bien y regarder, ces êtres capables de traverser les murs ou de se métamorphoser à volonté sont-ils vraiment humains ? Après la lecture de ce roman, vous reconsidérerez toute votre existence sous un angle inédit. À noter que les extraits des cours de formation promulgués aux membres de cette organisation invisible, qui jalonnent l’ouvrage, offrent des moments de franche rigolade.

La Fabrique des coïncidences de Yoav Blum, Delcourt, 20,50 €.

La fin des fins

Après les cent premières pages, le lecteur-détective croit jouer sur du velours : une romancière célèbre dont la fille a mystérieusement disparu quatre ans auparavant, un mari qui ne s’est jamais remis du drame, un flic à la mémoire d’éléphant (hypermnésie) qui enquête sur un cadavre découvert mutilé dans le coffre d’une voiture… Et puis, soudain, tout bascule. Franck Thilliez, le roi du page-turner (chapitres courts, cliffhangers systématiques, narrateurs multiples) a repris la main et nous voilà secoué comme dans un tambour de machine à laver. Cette fois, dimension supplémentaire, l’auteur joue avec maestria avec la mise en abyme, le roman qu’on est en train de lire se révélant être un manuscrit retrouvé dont il manque la fin. Pourquoi ? À vous de le découvrir.

Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez, Fleuve Noir, 21,90 €.

Triangle mortel

Tout juste séparée de Richard, l’archétype du prince charmant, Vanessa avait déjà du mal à se remettre d’aplomb… Mais quand elle apprend que le malotru a refait sa vie et qu’il s’apprête à en épouser une autre, alors là, c’est le pompon ! Vanessa ne va plus cesser de penser à la jeune et belle Nellie, de jour comme de nuit. Quant à cette dernière, face au mutisme de Richard concernant celle dont elle a pris la place, cela vire elle aussi à l’obsession. Dit comme ça, les choses paraissent d’une banalité confondante. Sauf que, plus l’intrigue avance, plus on réalise que tout est faux-semblant et effets de miroir. Richard, Vanessa et Nellie sont les trois pièces d’un fatal jeu de dupes. Qui manipule qui ? Réponse à l’ultime page.

Une femme entre nous de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen, Sonatine, 22 €.

Noir, c’est noir

Pourquoi y a-t-il aussi peu d’actrices noires dans le cinéma français ? Pour quelle raison tant de jeunes femmes talentueuses, issues d’Afrique ou d’outre-mer, qui chantent, dansent et jouent à merveille, sont-elles invisibles sur les scènes de l’Hexagone ? Pour mieux comprendre comment on en est arrivé là, la comédienne Aïssa Maïga, qui se bat depuis vingt ans pour que les mentalités évoluent, a demandé à seize actrices noires ou métisses de livrer leurs témoignages. Percutants, édifiants, intimes, quelquefois drôles, mais surtout universels.

Noire n’est pas mon métier (collectif), Seuil, 17 €.

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