Books en stock

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Parce que les livres ne servent pas qu’à caler les armoires, voici notre sélection de nouveautés littéraires pour frissonner, voyager, rêver et faire le plein d’émotions fortes.

 

L’homme au borsalino

L’édition n’en finit pas de ressusciter les vieux héros littéraires. Après Sherlock Holmes (Anthony Horowitz), Hercule Poirot (Sophie Hannah) ou Philip Marlowe (Benjamin Black), voici le tour de Nestor Burma, le personnage créé en 1942 par Léo Malet. Heureusement, il n’est pas ici question d’un décalque nian-nian mais d’une véritable « réinvention » du plus parigot des privés, celui-ci ayant été téléporté dans notre société postmoderne. Chaque volume de la collection est signé par un maître du polar français : après Serguei Dounovetz, Jérôme Leroy et Michel Quint, Nadine Monfils nous dévoile un peu plus le Burma new-look.

Les nouvelles enquêtes de Nestor Burma : Crimes dans les Marolles de Nadine Monfils, French Pulp éditions, 15 €.

Rose des vents

Comment un auteur qui, il y a dix ans, publiait des romans un rien patauds (la trilogie « H ») a su se transmuer en un écrivain à l’originalité folle, sûr de son art, capable de produire des œuvres comme Grossir le ciel, Glaise ou Plateau ? À la fin du XIXe siècle, parce qu’il n’a plus les moyens de subvenir aux besoins de sa famille, un père se voit conduit à vendre sa fille de 14 ans, Rose, à un riche maître de forges. Lequel, secondé par sa daronne, ne se contente pas de faire de la jeune domestique son souffre-douleur. Ce sont les neuf cercles de l’enfer que l’adolescente va devoir traverser. Âpre, violent, envoûtant. À coup sûr, l’un des romans de l’année.

Né d’aucune femme de Franck Bouysse, La Manufacture de Livres, 20,90 €.

Dans les pas du passé

En 2003, alors qu’elle suit un stage dans un cabinet d’avocats, Alexandria Marzano-Lesnevich prend connaissance de l’affaire Rick Langley, du nom d’un homme emprisonné pour le meurtre d’un enfant de six ans. Pourquoi la confession du tueur ébranle-t-elle ses convictions au point de souhaiter son exécution ? Ne serait-ce pas que ce témoignage fait écho à des drames enfouis au plus profond de son passé ? Pendant dix ans, Alexandria va investiguer pour comprendre les raisons qui ont poussé Langley à commettre l’irréparable. Entre enquête journalistique et autobiographie, L’Empreinte fait partie de ces œuvres – rares, brutales, glaçantes – qui vous hantent longtemps après sa lecture.

L’empreinte d’Alexandria Marzano-Lesnevich, éditions Sonatine, 22 €.

Le diable au Corre

Aussi à l’aise dans l’intrigue contemporaine que dans le roman historique, Le Corre, à l’instar d’un Jean Vautrin, aime les gens de rien qui font l’Histoire à coup de révoltes désespérées ou de crimes sordides. Après le sublime L’Homme aux lèvres de saphir (2004), dont l’action se situait en 1870, Dans l’ombre du brasier nous plonge un an plus tard au cœur de cette Semaine sanglante qui a vu des milliers de Fédérés se battre et mourir pour un « rêve éveillé ». L’enquête policière – un trafic de jeunes filles servant de modèles à un photographe obscène avant d’être revendues à des proxénètes – n’est ici qu’un prétexte à vivre au plus près de ces communards assoiffés de liberté.

Dans l’ombre du brasier d’Hervé Le Corre, Rivages, 22,50 €.

De l’importance du deuxième prénom

Premier roman de la journaliste Audrey Poux (par ailleurs collaboratrice à Infrarouge), Raymonde dresse avec humour et férocité une galerie de portraits de femmes, toutes plus perverses et narcissiques les unes que les autres. Ayant été élevée par une mégère, en pleine crise conjugale et aux mains de l’épouvantable Dominique Ferret du magazine Dolce Vita, Chloé ne voit pas la vie en rose tous les jours. Même son deuxième prénom lui fait broyer du noir – pensez donc, Raymonde ! À travers son parcours familial et professionnel, la jeune femme cherche sa place dans un monde où toutes les autres tentent de lui nuire. Mais, heureusement, les choses ne se passeront pas comme prévu.

Raymonde d’Audrey Poux, éditions de Fallois, 18 €.

Où est le bec ?

Son dernier roman, Soumission, où il était question de la prise de pouvoir d’un parti islamique dans la France de 2022, était paru le jour de l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo. Ce mercredi-là, 7 janvier 2015, Charlie affichait en une un dessin de Luz ironisant sur « Les prédictions du mage Houellebecq ». Quatre ans après, le dernier opus du plus tabagique des auteurs français sort en pleine révolte des Gilets jaunes. Et que raconte ce nouveau brûlot ? Au-delà des coutumières affres psycho-sexuelles du narrateur, le roman livre le portrait d’une France à bout de souffle et prête à faire « péter » le système. Alors quoi, vraiment devin, Houellebecq ? Un drôle d’oiseau en tout cas.

Sérotonine de Michel Houellebecq, Flammarion, 22 €.

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