Carla Bruni à l’Olympia : « La musique ne m’a apporté que du bonheur »

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Carla Bruni à l’Olympia : « La musique ne m’a apporté que du bonheur »

Bientôt 20 ans que l’ancienne mannequin balade avec délicatesse sa guitare sur les scènes du monde entier. Elle sera le 22 janvier prochain à L’Olympia, avec sa voix mutine et sa démarche féline. Rencontre avec une femme heureuse.

Je vous suis sur Instagram, vous semblez beaucoup aimer ce réseau, non ?

Tout à fait, je publie souvent. J’ai l’impression qu’Instagram n’est pas aussi instrumentalisé que d’autres réseaux sociaux sur lesquels il y a énormément de militantisme. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui osent assumer leur propos. C’est le réseau social pour lequel on peut réellement parler de communauté. J’ai rencontré beaucoup de gens grâce à Instagram. Et même si je ne connais pas mes 600 000 abonnés, j’ai l’impression d’être proche d’eux quand je vois leurs retours positifs et respectueux.

Avez-vous un compte Instagram à nous conseiller ?

Oui, il faut absolument suivre Celeste Barber (@celestebarber) ! Elle imite toutes les pubs, les vidéos buzz et les mannequins de 25 ans en étant une fille normale de 45 ans. C’est dément ! Elle n’est absolument pas méchante et ne dégrade pas du tout ceux qu’elle imite, mais simplement son naturel ridiculise toutes ces images modifiées et exhibitionnistes auxquelles nous sommes habitués. Elle a beaucoup de succès, elle est irrésistible. Sinon, il y a Les Perruques de Thomas (@les.perruques.de.thomas) qui me fait rire énormément !

D’où vous vient votre amour pour la musique ? On vous a toujours connue une guitare à la main !

J’ai grandi dans une famille de musiciens. Ma mère est pianiste, mon père est compositeur. Je n’ai jamais passé une journée sans entendre mes parents jouer de la musique : ma mère y passait huit heures chaque jour et mon père s’y consacrait avant et après le bureau. En ce qui me concerne, j’écoute de la musique pour le plaisir, quand je n’écris pas. Et, quand je dois me concentrer, je mets de la musique classique en fond sonore.

Quels sont vos goûts musicaux ?

J’aime les grands classiques, Leonard Cohen, Bob Dylan, Billie Holiday, Barbara, Jacques Brel, Léo Ferré, Françoise Hardy… et la musique noire aussi. La liste est sans fin si on part du premier blues jusqu’à nos jours : Chuck Berry, Bessie Smith… Des musiques où l’on entend encore le vinyle râper. J’aime Stromae, Christine and the Queens. Grâce à ma fille, j’écoute Sia, qui est une vraie machine de guerre. Je suis très éclectique : j’écoute de tout entre The Clash, ABBA… et la musique italienne aussi.

Que n’aimez-vous vraiment pas ?

Les musiques trop urbaines. Je veux pouvoir me retrouver dans les musiques que j’écoute.

Pourquoi ne vous êtes-vous pas immédiatement lancée dans la musique ?

La vie a fait que j’ai commencé comme mannequin. Au fond de moi, je pense que je craignais le regard de mon père, qui était compositeur de musique classique. Il avait un certain mépris pour la musique populaire. Le mannequinat me satisfaisait complètement au début. Je n’imaginais pas faire de la musique.

Vous avez changé de métier en 2002. Une période difficile ?

En réalité, non. Je n’avais plus de travail en tant que mannequin. Je n’ai pas vraiment lâché ma vie de modèle, c’est elle qui m’a fait faux bond ! À l’époque, je trouvais que c’était un peu pathétique de m’accrocher à cette vie de « jeune ». Je fais encore quelques défilés (Balmain à la Paris Fashion Week 2021) et des séances photos qui me procurent toujours beaucoup de plaisir.

Vous fêtez les 20 ans de votre premier album, quel regard portez-vous sur le temps écoulé ?

Si seulement je pouvais encore avoir 20 ans ! Je n’ai aucun regret et beaucoup de bons souvenirs. La musique ne m’a apporté que du bonheur. Je referais tout !

Pensez-vous que votre proximité avec la politique ait influencé votre parcours musical ?

Je ne suis jamais rentrée en politique. Même quand j’étais à l’Élysée, je n’y pensais pas. Je me concentrais sur mon mari. J’ai voté pour la première fois en 2009, ça peut paraître choquant, mais j’étais italienne et je n’avais qu’une carte de séjour en France. La chose publique ne m’intéresse pas.

Quels aspects de la musique vous passionnent le plus ?

Les paroles et la musique. J’ai une petite préférence pour les paroles. Parfois, je me tourne vers d’autres compositeurs ou des poètes quand j’arrive à bout d’inspiration.

À quoi peut-on s’attendre à L’Olympia ?

Je commence à avoir un vrai répertoire et c’est une grande fierté quand je pense qu’au début mes concerts duraient une demi-heure et que je faisais les chansons deux fois… Pour ce concert, je vais mélanger tous mes albums pour avoir l’embarras du choix entre mes chansons françaises et italiennes.

Y aura-t-il des surprises ?

Oui ! Ma sœur, qui est comédienne, me rejoindra sur scène pour une chanson en italien. Mais je ne vous en dis pas plus.

Préparez-vous déjà la suite ?

Non, je ne pense jamais à la suite. Elle vient avec l’écriture. Pour l’instant, je travaille pour d’autres artistes et j’y prends beaucoup de plaisir. Et puis, les choses restent un peu incertaines : nos trois dates en Russie viennent d’être annulées, car ils ont reconfiné…

Si votre fille voulait devenir chanteuse à son tour, comment le vivriez-vous ?

Je serais très heureuse ! Nous chanterions ensemble.

Vous avez passé votre vie sous le feu des projecteurs. Avez-vous cherché cette constante exposition ?

C’est une quête. J’ai étudié le problème de près et, oui, j’aime être sur le devant de la scène. Cette quête de notoriété et de lumière pèse sur beaucoup de gens. Moi, j’aime ça. Je me sens heureuse sur scène.

Vous donnez l’impression d’avoir toujours pris votre vie en main. Est-ce la réalité ?

Oui, c’est vrai. J’aurais certainement été très heureuse en étant médecin. Mais je n’étais pas faite pour cela. Je n’étais pas assez bonne à l’école et, surtout, je n’aimais pas l’idée de suivre une formation théorique et cadrée. Si j’avais fait un autre métier, j’aurais plutôt choisi un métier d’artisanat.

Votre mari est-il fan de vos chansons ?

Évidemment ! Enfin, j’aime à le croire.

Quel est votre péché mignon ?

Je suis addict à tout, je crois : le chocolat, la bière, les câlins avec mes enfants, le sport… et l’écriture d’une certaine façon.

Quel est le péché mignon de Nicolas Sarkozy ?

Je dirais la lecture et le chocolat !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Que ça dure.

Carla Bruni sera à l’Olympia le 26 janvier 2022 et en tournée dans toute la France. olympiahall.com

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