Caroline Gaspard (Akillis), aussi belle qu’une balle

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Caroline Gaspard (Akillis), aussi belle qu’une balle

Caroline Gaspard, fondatrice d’Akillis, marque de joaillerie audacieuse affranchie des diktats traditionnels empesés, n’est pas une femme comme les autres. Et le fait savoir. Ses créations rock en forme de balle de kalachnikov, de cible ou de pièges à loups, ses lignes unisexes comme sa dernière collection Tattoo, sont un manifeste d’une féminité affranchie. Sensuelle mais puissante, délicate mais forte. Fatale.

« Aussi belle qu’une balle. » Le titre de Taxi Girl sonnent comme son adage. « Elle est si belle/ Qu’il est difficile/ De ne pas se pencher/ Pour la regarder (..) Juste une balle perdue/ Qui marche dans la rue… » Oui, à parler avec elle, à regarder ses bijoux, à l’écouter, on comprend que Caroline Gaspard, pas encore quarante ans, native du Nord, terrienne prête à mettre les mains dans le cambouis des voitures qu’elle pilote comme dans la paille des chevaux qu’elle monte, est une balle.

De Kalach, comme sa première création, en 2006. Façon James Bond girl, la créatrice d’Akillis a refusé de choisir entre la féminité et l’esprit garçon manqué qui lui faisait multiplier les dérapages en tracteur tondeuse, puis s’adonner à l’équitation, aux sports de combat et enfin, à la Formule Renault.

Préférant envoyer valser la posture de princesse et embrasser ce que lui offre cette condition – « avoir le cerveau d’une femme qui sait obtenir ce qu’elle veut avec la force  d’un mec » -, Caroline Gaspard, à la fois PDG et DA de sa griffe, fait ce qu’elle veut. Littéralement. Sa première création en est d’ailleurs le reflet le plus exact : une balle de Kalach en or et diamant, coincée dans le décolleté. En plein dans le mille, donc.

Vous venez de lancer votre e-shop. On y retrouvera notamment votre dernière collection Tattoo. Pourquoi avoir choisi ce principe narratif ?

Le tatouage est une idée forte et en effet, décore la peau des hommes comme des femmes. C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis 5 ans. Et la plus difficile à réaliser ! Pour arriver à cette seconde peau, donner l’impression réelle d’un tatouage de dentelle, il a fallu gommer tous les liens 

Vous n’avez pas fait d’études dans le secteur de la joaillerie, mais HEC. Pourtant, le fil avec la création d’Akillis, en 2006, se dessine en filigrane : votre thèse de fin d’études analysait pourquoi les gens portent des produits de luxe.

En effet, si les gens achètent des produits de luxe, c’est pour afficher un statut. Pour passer des messages aux autres. Alors, pourquoi ne pas faire des bijoux qui passent directement des messages !

C’est-à-dire ?

Je déteste m’habiller de la même façon tous les jours. Les bijoux prolongent ce jeu de rôle, cette façon de déclarer notre humeur du jour. Les lignes Akillis vous permettent d’être tour à tour une femme enfant (Puzzle) ou une femme fatale avec une balle fichée entre les seins (Bang Bang).

Bang Bang est le nom de votre première collection, imaginée en Russie où vous avez passé 10 ans avec votre mari.

Oui, je m’étais inscrite à un stage de tir. À la fin du stage, j’ai ramassé des balles comme si elles étaient un trophée. C’est là que l’idée de balles en or et diamant, façon attribut de puissance, a germée. 

Vous avez créé Akillis en 2006. Quel était à l’époque  le panorama de la joaillerie ?

Assez pauvre en fait. J’avais donc envie de faire quelque chose de différent, de moins codé. Enfant, j’habitais un petit village du Nord, j’allais à l’école communale et ai toujours été scolarisée dans le public, si bien que je ne voulais pas d’une joaillerie guindée, traditionnelle.

D’ailleurs, la fait de ne pas avoir suivi de formation dans le secteur de la joaillerie me donne beaucoup plus de liberté créative. 

Est-ce aussi la raison pour laquelle la plupart de vos lignes, comme Capture ou Puzzle, sont unisexe ?

En réalité je pense d’abord à l’objet puis à sa déclinaison homme et femme !

Pourquoi avoir choisi la joaillerie ? Votre famille n’avait pas de lien avec cet univers mais vous dessinez des bijoux depuis l’âge de 17 ans et finalement, vous vous êtes engagée dans des études de commerce… 

Ma mère avait un ami diamantaire qui passait parfois à la maison lui montrer ses pierres. Parmi elles il y avait des semi précieuses. J’ai commencé à les faire monter, et de fil en aiguille, j’ai dessiné un bracelet à mon père. Le bracelet idéal, en mailles plates, avec un petit cabochon en saphir… Et puis j’ai commencé HEC.

La création et le background d’HEC vous donnent une double compétence parfaite ?

Certes, je sais ce qu’est un plan de lancement, un plan marketing et je sais écouter les évolutions du marché. Mais avant tout, je pense que c’est ma nature profonde, mon côté battante et pugnace agrégé à ma passion qui m’a aidé, plus que ma formation.

Délicate mais forte, sexy mais garçon manqué. Vous êtes l’incarnation parfaite de votre marque !

Je me considère l’égale d’un homme. Je suis ultra compétitive, très sportive, très engagée. Il fallait des bijoux qui me ressemblent. D’ailleurs, le plus beau compliment qu’on m’ait fait, c’est de croire que c’est un homme qui était à l’origine d’Akillis !

En plus d’insuffler l’esprit d’une nouvelle génération de marque joaillières, vous êtes aussi la première marque à avoir sa propre fonderie intégrée à l’atelier.

En 2009, nous avons acheté des parts d’un atelier lyonnais qui compte désormais 300 personnes tout en gardant son fondateur. Nous fabriquons pour beaucoup de griffes qui ont pignon sur rue…

Comment entrevoyez-vous l’avenir de la joaillerie ?

Je vois deux courants, une joaillerie valeur refuge, une joaillerie petits plaisirs. D’une part, le côté a rebours très précieux avec une vraie demande pour l’or jaune. De l’autre, une plus grande demande masculine branchée, accessible et stackable, dans l’esprit de Capture light, en titane et diamants noirs.

Votre idée du féminisme ?

Chercher l’égalité, ça se travaille et demande de sortir d’une posture de princesse ! J’ai le cerveau d’une femme qui sait obtenir ce qu’elle veut avec la force d’un homme.

Justement, vous être très garçon manqué et pratiquez notamment les sports auto. Ce goût, devenu une passion auprès de votre mari, vous vient de votre père ?

Enfant, mon père avait racheté un 4×4 qui revenait du Dakar pour faire ses propres circuits en forêt. Cela m’avait fait rêver. Il me faisait conduire sur ses genoux dans les champs derrière la maison… Par la suite, j’ai rencontré mon mari, pilote de Formule Renault. Il m’a initié à cette pratique mais aussi au kart sur glace. Parfois, nous faisons des stages intensifs de pilotage de Formule Renault en famille.

Votre rencontre était pour le moins sportive…

Nous nous sommes croisés à un feu, place Concorde. J’étais en 4×4 car je déménageais à la fin de mon stage d’études, lui en Lotus, mais je ne voyais pas l’intérieur. Quand le feu est passé au vert, j’ai mis le pied au plancher –par défi, pour le doubler. Au feu suivant, il m’a parlé. Le feu est repassé au vert, et cette fois, il ne s’est pas laissé faire. Et ainsi de suite, à un rythme effréné en remontant les Champs Elysées. Il m’a demandé mon numéro que j’ai finalement accepté de lui donner !

akillis.fr

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