Clara Luciani, la grenade de l’été

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Clara Luciani, la grenade de l’été

Sacrée « révélation scène » aux Victoires de la musique 2019, Clara Luciani est le phénomène musical du moment. Avec son premier album, Sainte-Victoire, elle est en tournée dans toute la France. Le public s’arrache les places de concert et le titre Grenade s’annonce comme le hit de l’été ! Rencontre avec une fille pas comme les autres.

 

Même si tout n’a pas été évident pour elle, Clara Luciani, 27 ans, doit être heureuse d’avoir pris son envol avec sa guitare, il y a plusieurs années, car son talent est immense. Elle sera ainsi aux Francofolies de Spa, en Belgique, le 21 juillet, au Festival de la Paille à Métabief le 26, aux Nuits de Fourvière à Lyon le 28… Jusqu’à la consécration de deux concerts à l’Olympia les 10 et 11 septembre prochains.

Est-ce que sa chanson phare est liée à son histoire personnelle ? Quel est le message qu’elle souhaite faire passer ? Pourquoi tant de sonorités mélancoliques ?
Rencontre avec l’artiste.

Pourquoi avoir choisi de parler de grenade ?

Le film Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy est un film que j’aime ce film et qui m’a beaucoup marquée. Il y a ce un personnage, Guy, qui est victime d’un attentat à la grenade. J’ai toujours trouvé ce mot « sonore ». Il a souvent résonné en moi. J’ai décidé de faire une chanson qui porterait ce nom et qui aurait des sonorités tristes.

« Sous mon sein la grenade… », avez-vous été maltraitée ?

Cela dépend de ce que vous entendez par « maltraiter ». Non, je n’ai jamais vraiment été maltraitée physiquement, en revanche, j’ai trop souvent été sous-estimée en tant que femme musicienne et c’est pour ça que j’ai écrit cette chanson. On m’a fait des réflexions que jamais on n’aurait pu adresser à des hommes.

Êtes-vous une femme résistante ?

Je suis non seulement une femme résistante, mais aussi et surtout une combative ! De toute façon, je pense qu’il faut se battre si on a envie de réussir dans le milieu de la musique. C’est un milieu très difficile et il est compliqué d’y faire sa place.

Avez-vous des peurs ?

Si vous saviez…J’ai beaucoup de peurs. J’essaie tant que je peux de les atténuer. Je travaille dessus. Ce n’est pas toujours facile, mais il faut s’en débarrasser pour grandir et avancer dans la vie.

Votre plus grand cauchemar ?

Que le rêve que je vis aujourd’hui s’arrête du jour au lendemain. C’est pour ça que je travaille autant et que je suis déjà en train de préparer de nouvelles chansons. Créer m’aide et cela me permet aussi d’éloigner mes inquiétudes.

Êtes-vous souvent en colère ?

Oui, je suis bouleversée face aux injustices de la vie dans tous les domaines.

Que faites-vous pour vous calmer ?

J’écris des chansons ou je tricote. Le tricot, je peux y passer des heures, ça me fait du bien. J’oublie tout. Il y a quelque chose de très anesthésiant, dans la répétition du geste, c’est presque méditatif !

La musique vous a-t-elle permis d’éviter de donner des claques ?

Oui, j’imagine. Je suis contre la violence alors, avec mes mots, je me décharge et je donne de la force à ceux qui m’écoutent.

Un reproche que l’on vous fait régulièrement ?

Je suis du genre à me plaindre et à voir le côté un peu négatif des choses, mais je travaille sur cela…

À part la musique, avez-vous d’autres talents ?

Je ne sais pas trop, j’aime bien faire des choses avec mes mains. C’est peut-être ce qui me manque dans mon métier. Vous allez rire, mais je fais bien le pain de viande !

difymusic.com/clara-luciani

Sainte-Victoire (2018)

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