Edito juillet 2016

Lueur estivale

À l’heure où nous bouclons, la France est en finale de l’Euro faisant de tous les Français des heureux. Qu’on aime ou pas le ballon rond, il y a toujours cette euphorie communicative qui vient conforter notre chauvinisme notoire. C’est fou comme un score peut noircir les rues de supporters en quelques minutes, illuminer la tour Eiffel avec des effets tricolores beaucoup plus recherchés que ceux qu’on nous offre au 14 juillet et faire scander « qu’un sang impur abreuve nos sillons » aux plus pacifiques d’entre nous.

Si les Français aiment les Bleus, moi, je ne supporte pas les bleus. Je ne suis pas la seule. Raymond Domenech, ancien sélectionneur de l’équipe de France, Frank Lebœuf, ancien champion du monde, Laurence Ferrari et bien d’autres l’ont affirmé dans une vidéo de 55 secondes où chacun déclarait « Je ne supporte pas les bleus. » Allez voir cette campagne sur jenesupportepaslesbleus.com. Imaginée pour lutter contre les violences conjugales (verbales, psychologiques, physiques, sexuelles ou économiques), elle a eu le mérite de remuer les esprits des supporters et de rappeler ce que devrait être la vie normale. C’est ce match qu’on aimerait tous gagner.

Puisque le bleu est la couleur du rêve, on imagine que les Bleus nous offriront une jolie coupe et on dégainera notre carte bleue pour déguster des pasteis de nata avec nos amis portugais. Dans le cas contraire, dites-vous que c’est déjà bien d’en être arrivé là. De mon côté, le bleu m’emmènera vers la mer. Je m’imagine devant elle à l’instant, scrutant l’horizon, étendue sur le pont d’un Sunseeker Portofino, avec le soleil chaud qui commence à tirailler ma peau. J’entendrai les mots bleus de mon amoureux, « les mots qu’on dit avec les yeux, ceux qui rendent les gens heureux »… et je ne penserai plus qu’à vous souhaiter de vous plonger lascivement dans le grand bleu en attendant septembre.

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