Émilien Jacquelin, l’athlète qui ose

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Émilien Jacquelin, l’athlète qui ose

25 ans, 1,86 m et 79 kg. Ambitieux, battant, Émilien Jacquelin, athlète de biathlon de l’équipe de France, a tout du prochain Martin Fourcade et une devise bien trempée :  « Qui ose gagne. » Un leitmotiv qu’il a encore appliqué avec brio ce dimanche 14 février en obtenant son titre de champion du monde de poursuite pour la deuxième année consécutive. Il nous explique pourquoi, après les raquettes ou le ski de rando, on devrait tous se mettre au biathlon.

Vous êtes Grenoblois. Pourquoi avoir choisi le biathlon et non pas le ski alpin ? 

Je suis Villardien ! J’ai grandi en montagne et je pense que mes parents avaient trop peur que je me fasse mal en ski alpin ! D’ailleurs, non seulement il fait trop froid en alpin, mais rester sur un télésiège et se laisser descendre, ce n’est pas trop mon truc. 

A 25 ans, vous affichez 22 podiums. Quels sont vos derniers titres ?

L’an dernier, je suis devenu double champion du monde de poursuite et de relais ! Un rêve de gosse. Le prochain défi, ce sont les Jeux olympiques.

Depuis la victoire de Martin Fourcade, le biathlon est devenu un sport populaire – on le suit, on s’y intéresse avec beaucoup plus d’engouement. Qu’est ce qui rend votre discipline si particulière ?

Son format, d’abord. Les courses durent 40 minutes maximum, tout comme une série qu’on adore et qu’on regarde chaque jour. Ce n’est ni trop court, ni trop long, donc pas lassant. Ensuite, ce mélange de ski et d’effort physique alliés à la maîtrise dont il faut faire preuve au tir, rendent le biathlon atypique. Et surtout, lui donnent beaucoup de suspense ! Je trouve que ce sport est à l’image de la vie, avec ses hauts, ses bas et ses épreuves.

Votre compte Instagram est-il un outil de communication important à vos yeux, et pourquoi ?

Oui ! On a une communauté qui grandit d’année en année. Faire découvrir l’envers du décor à travers des posts, c’est essentiel : ce n’est pas parce que nous sommes un sport d’hiver que nous ne faisons rien l’été ! On s’entraîne du 1er mai au 30 mars, qui sonne la fin de saison. 

Participez-vous au développement R&D de vos skis avec Rossignol ?

Bien sûr. Durant tout l’hiver, il est essentiel d’échanger sur le matériel. Autant en terme de performance que sur une échelle plus globale. Nos ressentis sont également importants pour savoir si les produits peuvent correspondre à ce que recherchent les skieurs occasionnels comme les skieurs confirmés. C’est le cas aussi avec Rossignol Apparel, où les athlètes ont un rôle sur le développement des produits comme les vestes, combinaisons, gants.

Quelles sont les qualités essentielles qu’il faut avoir pour pratiquer ce sport ?

C’est très complet. De la patience, du calme, des qualités d’endurance. De la puissance doublée de qualités mentales ! On peut voir le biathlon comme une sorte de méditation sportive dans laquelle il faut faire le vide et se recentrer en plein effort maximal. 

Et les pires défauts ?! Quels sont les vôtres ?

Ne pas être sanguin. Si tu n’es pas calme, ça peut vite se retourner contre toi. Donc, être zen.

Décrivez-nous un départ de course, la mass start

Sur une mass start, les 30 meilleurs athlètes mondiaux ne veulent qu’une chose : gagner. Mais jusqu’à la ligne d’arrivée, chacun de nous sait qu’il va devoir affronter un parcours du combattant pour espérer lever les bras. 5 tours de 3 km, 4 tirs (2 couchés, 2 debout) et autant de possibilités de retournements de situation. L’adrénaline du premier tour sur les skis est palpable, on sent la nervosité et l’envie de chacun de donner le maximum. Pour autant, lorsque l’on arrive au premier tir, on doit se recentrer, oublier les autres, et ne faire qu’un avec la cible. 

Est-ce que n’importe qui peut s’initier au biathlon ou faut il être très sportif ?

Tout le monde peut essayer le biathlon. C’est quelque chose de très ludique ! Depuis tout jeune, je vois beaucoup de séminaires dans lesquels les adultes s’éclatent ! Plus généralement, ce sport permet de se challenger. Seul ou entre amis. 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut s’initier à cette discipline ? 

Il faut s’adresser à un club de la Fédération française de ski ou bien à une ESF (École du ski français). C’est le minimum requis. Après, il n’y a plus qu’à kiffer !  

Quelle est votre passion cachée ?

Le cyclisme ! Mais comme je suis vraiment quelqu’un de curieux, je peux me découvrir une nouvelle passion ou être fasciné par une nouveauté chaque semaine. 

Votre devise ?

Qui ose gagne. Toujours ! 

Votre objectif cette saison ?

Comme la saison est bien entamée, mon objectif est de rester dans le top 5 mondial au classement général, et garder mon titre de champion du monde.

Lire aussi : Martin Fourcade, un champion de biathlon hors classe

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