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Entrez chez Cuisse de grenouille

Jamais une marque, initiée à quelque encablure de la Seine en plein Paris, n’aura été aussi proche de l’océan. Elle puise son inspiration dans la Californie dorée des sixties.

Sans doute pourriez-vous penser que Cuisse de Grenouille mérite une jolie place dans le Hall of Fame des surfeurs de Huntington, en Californie, tant cette jeune enseigne française est nourrie de l’imaginaire du surf. Pourtant, elle y serait une réelle intruse, et ce pour deux raisons. Primo, ce n’est pas à proprement parler une marque de surf, d’outdoor. Cuisse de Grenouille n’est pas non plus née sur la côte basque, à Guéthary, mais dans le Marais, à Paris. Elle se présente à la fois parisienne, urbaine et casualSecundo, sa vision vintage du surf est déconnectée de la réalité. C’est un total fantasme, comparable en musique à Johnny Halliday et « sa vison d’une Amérique qui n’existe pas ».

La force de l’Atlantique

Cuisse de Grenouille est née voici six ans de l’imaginaire de deux jeunes trentenaires : Lucas, tout fraîchement débarqué de son école de commerce, et Séverin, alors producteur vidéo pour la pub à Shanghai puis Hong Kong (Publicis Events, Auditoire… ). Enfants, les deux frangins Bonnichon font du surf en Bretagne chez leurs grands-parents. Adultes et entrepreneurs, ils lancent la première marque de shorts de bain pour hommes directement inspirée du surf des sixties. Le produit est génial, seyant : le short est court (mi-cuisses), ajusté, en tissu italien, très technique, à mémoire de forme. Il ne colle pas à la peau au sortir de l’eau et ne produit pas d’effet montgolfière, sur un hors-bord ou dans la mer. Il est muni au dos d’une poche chino, avec élastique pour attacher ses clés, et d’une ceinture plate. La concurrence n’a qu’à bien se tenir avec ce boardshort vintage bicolore dit « Atlantique », à 115 €.

Le goût du Pacifique

Le truc de Cuisse de Grenouille – nom choisi humoristiquement pour sa consonance française –, c’est un pays de cocagne peuplé par les images du légendaire réalisateur US de documentaires, Bruce Brown, plus précisément celles de The Endless Summer (1966) et des gentlemen surfers de cette époque (Mike Hynson, Robert August), qui parcouraient la planète à la recherche des meilleurs spots dans un été perpétuel, fuyant les eaux froides et tout ce qui ressemble à l’hiver. Nos nouveaux beachniks, bien propres sur eux, et leur mode sage, confortable, style Cap Ferret version Les Petits Mouchoirs, n’évoqueront sans doute pas Miklos « Miki » Dora, le mythique surfeur rebelle et escroc, le « Kerouac en short ».

Cette Amérique dorée des sixties transparaît sur les moodboards de Lucas, peuplés de visuels et de matières, sourcés en Italie et en France. De saison en saison, Cuisse de Grenouille diversifie son offre et livre aujourd’hui deux collections de vêtements par an, hommes et femmes.

Iodée dans les moindres détails

L’été 2017 sera propice à la côte amalfitaine avec une collection « Dolce Vita », peuplée de rayures transat, de parasols, alors que 2018 nous promet un retour aux sources du surf, à l’esprit longboard. Un esprit totalement en phase avec la décoration des boutiques parisiennes où fleurit le pin sous forme de tube parfait dans le flagship parisien du Haut Marais et de canopée des Landes dans sa boutique des Batignolles, décoration initiée par l’architecte Clément Keufer. Vous y retrouverez encore le pattern de Cuisse de Grenouille, « July », dessiné par le designer breton Joran Briand, dont l’appétence pour l’univers iodé a défini la résille du Mucem. Le thème sera imprimé sur les tennis Superga, vendues par l’enseigne, qui multiplie les collaborations et collections capsules avec des marques proches ou complémentaires de son univers (Soludos, émoi émoi…).

Outre un très joli site de vente en ligne, la marque est encore distribuée dans une centaine de boutiques en Europe, en Afrique, aux Amériques (USA, Canada, Brésil), en Asie et en Océanie. C’est dit : depuis Paris, Cuisse de Grenouille surfe en famille et vogue au long cours.

Une glisse citoyenne

80 % de l’offre est produite au Portugal. La maille est chinée en Chine, les grosses pièces sont fabriquées en Hongrie et les maillots de bain en Tunisie. Lucas s’étonne qu’on puisse encore poser la question de la démarche citoyenne, pour lui totalement naturelle au XXIe siècle, et assure que les usines choisies obéissent à un cahier des charges respectueux de l’environnement.

 

 

Photos Marion Dubier-Clark.

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