L’été à la montagne, plus près du ciel

Pas vraiment entrées dans les mœurs, les vacances d’été à la montagne ont vu leur popularité grimper avec la crise du Covid. Besoin de grand air, envie de fuir la foule, désir de paysages hors norme… La montagne, ça vous gagne, surtout durant les beaux jours.

Raphaël Turcat

« La montagne l’été, c’est la montagne sans la masse. » Brice, 43 ans, partage sa vie entre Paris et Chambéry. Chaque fois qu’il en a l’occasion, il se rue dans les Alpes avec son fils Joseph, six ans, pour lui faire profiter des endroits où il a grandi : le Chablais ; la vallée Verte et son torrent de la Menoge ; Abondance ; Chamonix où il tâte de l’alpinisme comme bon nombre de fondus de grimpette… « Moins j’aime la montagne l’hiver, avec les galères pour se garer ; le prix des forfaits ; les queues aux télésièges, plus je l’aime l’été. Il fait très souvent beau ; il y a peu de monde ; et puis c’est d’une telle beauté ! »

Comme Brice, les Français sont de plus en plus attirés par ces vacances simples au grand air et sans se faire tondre la laine sur le dos. Et la montagne française a bénéficié d’un allié inattendu : le Covid. « La dynamique de réservation engagée confirme l’attractivité des modes de vacances autour de la nature, du bien-être et des activités très variées que nous proposons pour tous les publics. Encore plus qu’en 2020, la montagne est une valeur refuge pour les Français », se réjouissait en 2021 Jean-Luc Boch, président de l’Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), alors que la France recommençait à apprendre à respirer sans masque.

Un engouement pas si étonnant que ça. Dans un sondage publié ce printemps par Statista, à la question « Quelles activités sportives prévoyez-vous de faire pendant vos vacances d’été ? », 64 % des interrogés ont répondu la randonnée et les sports de marche. « La marche, c’est la base de la vie en montagne, ce qui permet de ne pas être dépendant des infrastructures », confirme Brice, qui a déjà prévu de passer tout son mois d’août près de Chamonix – il zappera le mont Blanc, trop encombré pour lui.

Les Alpes, mais aussi les Pyrénées

La Haute-Savoie, c’est la star estivale de la montagne française : cinq GR (sentiers de grande randonnée) ; six GRP (GR de pays) ; 176 sites d’escalades équipés ; 610 kilomètres de sentiers VTT ; neuf golfs de dix-huit trous ; 60 sites d’envol de parapente ; 160 moniteurs de canoë-kayak ; deux grands lacs (Léman et Annecy) ; des prix raisonnables pour se loger… Pourtant, les Alpes ne sont pas les seules à pouvoir crâner.

« Mon truc, ce sont les Pyrénées », avoue Thomas, jeune papa qui, pur gamin du bitume, se souvient avec passion de son enfance, où il se rendait chez son grand-père à Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées) pour partir pique-niquer et faire des petits barrages dans les ruisseaux alentour. « Les Pyrénées, ce n’est pas du tout branché, c’est même la “Quechua Nation”, mais qu’est-ce que c’est bien : le calme ; la beauté ; il ne fait jamais trop chaud ; c’est tellement facile de se garer et de marcher 20 minutes pour aller déjeuner près d’un torrent… »

 
 
 
 
 
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Dans cette région célèbre pour son cirque de Gavarnie, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, on aime la nature par-dessus tout. Il faut s’être frotté aux sommets emblématiques : le Vignemale (3 298 mètres), que l’on aperçoit depuis le lac de Gaube ; le pic du Canigou, surnommé la « montagne sacrée des Catalans » ; ou le pic du Midi, accessible en téléphérique, pour véritablement saisir la magie des lieux.

« Moi, je trouve les cascades fantastiques et très spectaculaires, continue Thomas, qui en oublie les apéros entre potes le nez dans les échappements de voitures. Il y a celles du pont d’Espagne à Cauterets ; celles d’Ars près d’Aulus-les-Bains ; celles d’Enfer à côté de Luchon… Et puis les grands cirques, comme celui de Troumouse, ça te ramène à une sorte d’humilité envers la nature qu’on a tendance à oublier malgré tous les grands discours écolo du moment. »

Les Vosges ou le Jura ?

Retour à l’est où Élodie a connu des vacances comme elle ne les avait jamais imaginées. « La montagne l’été, je n’étais pas très emballée. C’est mon compagnon qui a poussé pour que nous fassions un road trip dans le Jura ; à bord d’un grand van où nous avons dormi pendant une semaine avec nos deux enfants. »

De Dole au Crêt de la Neige – avec deux arrêts dans des gîtes tout de même –, la petite famille a découvert des endroits enchanteurs comme le lac de Vouglans et son barrage ; la cascade des Combes et celles du Hérisson ; les roches d’Orvaz ; le pic de l’Aigle ; le belvédère des Quatre Lacs… Chaque destination étant l’occasion d’une orgie de comté et de morbier dans un calme absolu, face à un panorama à couper le souffle.

Mais les propos les plus révélateurs viennent de Théo, surfeur patenté qui raterait pour rien au monde sa semaine en solo… dans les Vosges. « Je ne dors jamais aussi bien que lorsque je me suis avalé la route des Quatre Cols. 114 kilomètres en partant d’Archettes, en passant par Remiremont, la vallée de la Moselotte et Gérardmer. La plénitude que l’on ressent est la même que celle procurée par les vagues que je surfe quand je vais au Portugal. » Tous les chemins mènent à la montagne.

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