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portrait
© Jacques Beneich / Alamo
interview
Natacha Amal
brûles les planches
Propos receuillis par Alain Morel / Alamo - Févr 2002

Héroïne de la nouvelle série de TF1 "Femmes de loi" et magistrale interprête de Sartre, aux côtés de Robert Hossein, dans "Huis Clos" au Théâtre Marigny, Natacha Amal a un parcours atypique. Cet ex-mannequin diplômée du Conservatoire Royal de théâtre a conquis sa popularité en devenant la compagne essentielle d'Yves Rénier dans "Commissaire Moulin". Rencontre.
Natacha, est-il vrai que petite fille, vous vouliez être femme canon dans un cirque ?
C'est vrai ! C'est sûrement une des premiêres choses que j'ai dû voir dans ma vie de spectatrice et j'avais trouvé ça éblouissant... l'idée me plaisait bien... (Sourires).
Finalement, vous êtes devenue "canon" à votre maniêre... est-ce un atout majeur dans le "cirque" de ce métier ?
Je ne sais pas si je suis "canon" mais ce que je sais, c'est qu'au début, quand on est jeune, avoir comme on dit un physique... avantageux n'est pas du tout un avantage. C'est même handicapant... Quand on est encore une toute jeune fille, on a aucune réponse à l'agression sexuelle qu'on déclenche. C'est un truc assez terrifiant. Moi j'étais paniquée, gênée. Je ne savais pas bien gérer. Mais à l'âge que j'ai maintenant, plaire c'est vraiment super cool. Quand les hommes vous avouent leur désir avec des gants de velours et des bouquets de fleurs, c'est le pied total.
Ce métier d'actrice, il y a un petit déclic à l'origine ?
Quand j'étais gamine, ma mêre me faisait souvent lire des piêces de théâtre et j'adorais ça. Le déclic, je crois que cela a été un spectacle de fin d'année au lycée. Premiers frissons sous les applaudissements. Moi qui crois aux destinées tracées, j'étais sur un nuage.
Ce "Commissaire Moulin" dont vous êtes à l'écran la compagne depuis dix ans, ne commence pas à vous peser un peu ?
Absolument pas. D'abord parce que j'aime vraiment Yves Rénier pour l'acteur qu'il est comme pour l'ami qu'il est devenu. Notre rapport de couple s'est d'ailleurs vraiment épaissi à l'écran. Et puis dans cette série, je suis vraiment passée du statut de potiche à celui d'un véritable et beau rôle. Vous savez que c'est en me voyant dans "Phêdre" qu'on m'a recrutée pour "Moulin". Avec ma farine sur les joues et mes yeux noircis, je n'étais pas "in" du tout !
Votre personnage, Samantha, est journaliste. Si c'était votre cas, à quelle rubrique aspireriez-vous ?
L'humanitaire, l'édito ou la rubrique "coup de gueule". Un truc en tout cas qui fasse bouger les mentalités.
Pas la mode ?
Pourquoi cette idée ? Je serais à chier ! Je suis tout sauf à la mode ! Ou alors, quand ça arrive, c'est par accident... (Rires). Ou parce que je me rends à une manifestation mondaine et que je suis conseillée par un "maître" tel que Stéphane Rolland, styliste chez Scherrer. D'ordinaire, je suis même carrément un peu ringarde. Je n'ai jamais supporté de porter quoi que ce soit, mis à part ce qui, à mes yeux à moi, me met en valeur.
Vous êtes une allumeuse ?
Sans doute. Mais j'ai évolué depuis que j'ai rencontré mon mec. Avant c'était chronique, pas inoffensif et finalement j'étais ma propre victime. C'est une utopie d'imaginer que le bonheur se travestisse de désirs illusoires. Il y a beaucoup d'illusions et de désillusions dans la séduction.
Certains vous disent "séductrice invétérée", vous assumez ?
J'ai trop de témoins pour nier ! ...(Rires). Oui je suis três séductrice et j'ai les défauts des coquettes. Curieusement, maintenant que je ne suis plus en quête du grand amour puisque je l'ai trouvé, je m'autorise bien plus d'audace et de fantasmes, avec mon mari bien sûr...
Qu'est-ce qui vous fait craquer chez un mec, vous ?
La peau, le regard... et un truc viril, ce mystêre qu'on ressent ou pas... qui ne s'explique pas.
Dans "Huis Clos", vous jouez une lesbienne, cela vous amuse ?
La question n'est pas de s'amuser. Jouer une lesbienne ne m'ennuie pas. Pour moi l'amour n'a pas de sexe ni de fonction définie. A chacun sa recette. Je comprends três bien que pour certains, faire le choix d'être homo est une vraie façon de s'épanouir.

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