Bruce Toussaint, de bonnes ondes

Déjà doté d’un mètre quatre-vingt quinze, ses dix-sept ans d’antenne sur les petits écrans du groupe Canal ont fait de lui un grand. Sa marque de fabrique ? Une répartie qui n’a d’égal que sa bonne humeur. Il est aux commandes cette saison de la matinale d’Europe 1. Nous faisons les questions et les réponses. Et bien sûr, il les commente et les corrige en italique.

Par Hervé Prouteau.
Je ne suis pas très   grande gueule, mais   j’aurais pu être Kofi  Annan !

17 ans de Canal Plus, pas tout à fait majeur, mais vacciné ?
Je leur dois tout ou presque, et sans langue de bois, je ne vois vraiment pas sur quoi je pourrai être « langue de vipère » à leur égard.
On pourrait même enlever le « presque » ! 17 ans, c’est presque l’âge auquel on quitte ses parents. Je leur dois tout.

Vous aviez déjà sévi le matin sur Canal, alors… avez-vous toujours été « matinal » et de bonne humeur, ou avez-vous aussi été noctambule et imbuvable ?
J’ai sans doute parfois quelques sautes d’humeur… ceux qui ont travaillé avec moi en témoigneront facilement. Imbuvable ? Je n’espère pas, mais je n’ai jamais cru non plus que l’on puisse boire mes paroles.
Je suis plutôt couche tard et je n’ai jamais aimé me lever le matin, mais passé les quelques secondes du réveil, je suis d’humeur égale, pas forcément bonne !

En une année, vous avez fait grimper l’audience de la case de midi de plus de 50 % sur Canal, vous êtes si fort que ça ? [L’Edition Spéciale, ndlr]
Euh… disons qu’évidemment, c’est moins difficile de doubler un score lorsqu’il est très faible que de faire 10 % de plus d’un score déjà très élevé !
C’est très juste ! La case faisait 2 % et je l’ai montée à 4 %. Pourtant, on m’avait dit : « c’est un cimetière indien » !

Dans l’émission d’anticipation « Breaking News » sur Canal Jimmy, vous êtes allés assez loin (arrestation de Ben Laden, attaque terroriste au virus mortel, Manuel Valls président…), auriez-vous osé imaginer les péripéties « DSK aux USA » ?
La réalité dépasse souvent la fiction ! Nous ne l’aurions évidemment jamais imaginée. Je vous rappelle que ça s’appelait « Breaking News », pas « Breaking life »
Oui, et si je l’avais proposée, on me l’aurait refusée, en me disant que ça ne tenait pas debout. C’est en effet ce qui est formidable dans notre métier, la réalité dépasse la fiction.

6h/9h – une matinale, ça veut dire que vos amis devront dorénavant vous inviter à « petit déjeuner » ?
Oui ! Et que « Question pour un champion » sera désormais l’équivalent de mon « Ce soir ou jamais ». Ce sera donc plutôt rarement voire jamais ! Un peu comme le sort de l’émission de F. Taddéï malheureusement !
Je vais essayer de garder une vie sociale autant que faire se peut ! C’est sans doute mon activité de joueur de poker qui va en pâtir.

On dit que « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt »… Vous êtes servis ! Vous aviez le sentiment de vivre au passé sur Canal ?…
Pas du tout, parce que j’y ai fait des choses très différentes, du sport, de l’info, des débats, de l’animation, des jeux… c’est sans doute de là qu’est née petit à petit cette image à la fois de « sourire et d’information ».
Je crois beaucoup à cette phrase. Lorsque j’avais reçu Nicolas Sarkozy il y a quelques années à la Matinale, je l’avais accueilli en lui disant : « La France qui se lève tôt est heureuse de vous accueillir ».

Vous êtes-vous déjà « google-isé » ?
Oui, même si je ne le fais pas tous les matins. Et à ma grande surprise, je suis entre Bruce Willis, Bruce Lee et Bruce Springsteen ! Très ? atté mais cherchez l’erreur !
En effet, mais on me parle plus souvent de « Bruce tout puissant », le film où Jim Carrey est journaliste.

Un mot gentil et un mot grinçant sur votre futur remplaçant, Ali Baddou, aux commandes de l’Emission Spéciale sur Canal ?
Facile pour le mot gentil : il est brillant. Et donc plus compliqué pour le mot grinçant mais… souhaitons lui d’avoir la culture de l’équipe et pas seulement celle du groupe Canal !
Je suis bien ennuyé, car on se connaît très peu ! En tout cas, je serai le premier téléspectateur de l’émission.

Un mot gentil et un mot grinçant sur votre remplaçante, Ariane Massenet, aux commandes du News Show, sur Canal ?
Ariane est pleine d’humour, son œil frise en permanence, animer le News Show, ce n’est pas un travail, c’est un moment de détente. On ne devrait pas être payé pour animer cette émission, mais acceptera-t-elle ?
Je la connais bien et je l’aime beaucoup ! Ils m’ont invité à participer à l’émission, alors que je partais, j’ai trouvé ça « classe ».

Dans quel domaine êtes-vous le plus gauche ?
Pour me plaindre, je ne sais pas gémir ou quémander. Ni parler de moi, je préfère parler d’actu, c’est bien plus passionnant !
C’est vrai que je ne suis pas friand de confessions intimes !

Et le plus adroit ?
Peut-être pour dire très franchement - sans méchanceté ni polémique - à peu près tout ce que je pense, à tout le monde.
Je ne suis pas très grande gueule, mais j’aurais pu être Ko? Annan ! J’aime régler les con? its, rabibocher les gens. Je ne suis pas rancunier, mais j’ai une bonne mémoire.

La faute de goût que vous ne commettez jamais ?
Prendre des vessies pour des lanternes !
J’essaie de mettre toujours un peu de distance, de montrer que je ne suis pas dupe, et que le télé-spectateur ou l’auditeur ne doit pas l’être.

Qu’est-ce qui vous impressionne le plus chez vous ?
Pas grand-chose ! Je ne me regarde pas vraiment, et je ne me prends pas au sérieux, mais si je m’écoutais, je serais tous les matins dès 6 h sur Europe 1 ! (rires)
Ce qui m’impressionne, c’est ma capacité à m’étonner chaque jour ! Je suis toujours aussi gourmand de l’actualité.

Quel est le comble d’un bon journaliste ?
De ? nir par croire qu’il en est un… sans s’obliger à le revéri? er chaque jour qui passe, croyant que sa source est bonne !
Il y a une phrase que j’aime bien : « dans le journalisme, la malchance est une faute professionnelle ! ».

Quel est le petit passe droit (dû à la notoriété) sur lequel vous ne crachez pas ?
Ce n’est pas trop mon genre, mais je reconnais volontiers qu’être invité régulièrement au Parc des Princes me fait presque autant plaisir à moi qu’à mon fils !
Bingo ! C’est exactement ce que j’aurais répondu ! Et j’ai conscience que c’est un luxe.


Retrouvez Bruce Toussaint tous les matins sur Europe 1, de 6h30 à 9h30, du lundi au samedi.
© Europe 1

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