Passionné d’art contemporain, journaliste fou d’info, mais aussi de divertissement et de spectacle, depuis plus de vingt cinq ans, il questionne, s’interroge, amuse et agace, en cherchant à faire la lumière sur nos contemporains. Nous faisons les questions et les réponses. Et bien sûr, il les commente et les corrige en italique !
Par Hervé Prouteau.
Comment passe-t-on de professeur d’histoire-géo à journaliste (en 1978) ?
En étant très curieux, ce qui est un bon début pour faire du journalisme et un brin d’audace, ce qui est une bonne suite !
En fait, je ne supportais plus mes élèves ! J’étais jeune, pas beaucoup plus âgé qu’eux, l’aspect discipline me pesait vraiment !
Pendant 4 ans, vous avez présenté le JT de la Cinq (époque Hersant et Berlusconi), vous avez bien une petite anecdote sur Silvio ?
Sans aucun doute, mais bien moins croustillante que celle que vous attendez ! Je préfère vous laisser fantasmer…
En fait, lors de l’inauguration de la Cinq, ce qui m’a le plus surpris, c’est que Berlusconi « repeignait » les gens ! Il remettait sa mèche à Roger Zabel, il rhabillait les danseuses… et il parlait très bien français.
Vous avez la bougeotte, vous n’avez cessé de passer de l’info au divertissement…
Je slalome et j’en paie parfois les conséquences, on m’a souvent catalogué, parfois répudié, c’est le lot de celles et ceux qui sont sans étiquette !
Mes allers et retours, c’est surtout le fruit du hasard. Et comme j’aime autant la politique que le rock’n roll, et l’art contemporain que la littérature, j’ai réussi par miracle à les exprimer à la télévision. Avec Denisot, nous ne sommes pas nombreux à avoir eu ce privilège.
En tout cas vous rebondissez toujours, vous avez été chat ou trampoline dans une vie antérieure ?
Je sais qu’on ne nait pas chat, on le devient… et j’ai d’ailleurs plus souvent donné des coups de griffe que la « papatte » !
Ca s’est toujours passé sans drame parce que précisément, cela m’amusait vraiment de parler de rock pendant deux ans, en attendant que la politique revienne.
Des grands personnages publics que vous avez croisés et qui nous ont quittés, qui regrettez-vous le plus ?Je pense que François Mitterrand a marqué son époque et force l’admiration, autant par sa clairvoyance que par ses côtés plus obscurs.
En France, assurément Mitterrand, c’était le plus impressionnant. Ceci étant, je n’ai jamais croisé Marlon Brando ! (rires)
Jusqu’où iriez-vous pour faire bouillir la marmite, si vous aviez un jour vraiment besoin d’argent ?Mais je ferais plein de choses ! J’enseignerais l’histoire-géo en petits cours du soir aux politiques par exemple !
Mais j’en ai besoin ! Je ne paye pas l’ISF, moi ! Et je ne me sens pas l’âme d’un retraité… la retraite à 60 ans ne me concerne pas.
Qu’appréciez-vous le plus dans l’appartenance à ce qu’on appelle « le gratin » ?Mieux vaut faire envie que pitié, mais si les facilités et le confort sont bien agréables, ils ne font pas tout le bonheur d’un homme.
J’ai toujours eu une image un peu luxueuse, liée au fait que j’ai toujours défendu l’image de l’art contemporain. Mais je n’ai pas de résidence secondaire, et je ne suis pas propriétaire de l’appartement que j’habite !
La télé, c’est vraiment comme on l’entend parfois, un panier de crabes ?Disons que c’est une mer qui donne souvent l’ivresse des profondeurs et où il faut se méfier autant des requins que du chant des sirènes.
C’est vrai… mais ce n’est pas son principal défaut. Elle n’accepte pas ce qui est culturellement minoritaire.
A quelle occasion avez-vous « bu du petit lait » dernièrement ?Lorsque j’ai su que j’allais enfin pouvoir joindre l’utile à l’agréable, en invitant des gens formidables à dîner chez moi, et en étant payé pour le faire !
C’est pas faux ! Et j’aime le côté artisanal, sympathique et presque familial que nous sommes en train d’installer dans « Rive droite ».
La dernière fois que vous avez eu du mal à tenir votre langue, c’était à propos de quoi ?Mes rapports avec le président Sarkozy, au moment de mon éviction de France 2. Il y a une différence entre connaître quelqu’un et être son ami, non ? C’était plus lié à Pfimlin [président de France Télévision, ndlr] qui s’est débarrassé de certains d’entre nous en racontant n’importe quoi…
Qu’aimeriez-vous que l’on dise de vous dans 50 ans ?
Ce serait déjà pas mal si quelqu’un disait quelque chose sur moi, mais je ne me fais aucune illusion !
Oui, les gens de télévision disparaissent, les émissions restent, et on les regardera plus tard pour comprendre l’époque.
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