
Dans quel sport je bats mes adversaires « à plates coutures » ? J’aimerais que ce soit au rugby, mais c’est en buvant des Martini que je suis le plus fort !
Le premier clin d’oeil du destin vers la mode ?
Lorsque je jouais avec mon frère, et que nous étions très concentrés à « créer notre entité », à se forger notre personnalité. Puis ado, c’est passé par les codes vestimentaires plus ou moins en adéquation avec mon caractère.
Quels sont les termes qui vous plaisent le plus pour résumer votre métier ?
J’aime l’idée de « conception » et donc je me sens concepteur. Mon processus passe toujours par la création d’une idée, puis sa réalisation. Aujourd’hui, on achète une émotion en plus d’un objet.
Quels sont les adjectifs et les mots qui constituent votre ADN ?
Ayant grandi avec de grands curieux… j’ai toujours cultivé une certaine curiosité ! Je suis un « touche à tout ». Ce qui fait d’ailleurs qu’on me demande souvent ce que je fais vraiment.
Qu’avez vous de plus et de moins que les autres ?
En moins… j’entame trop de choses en même temps, donc je m’éparpille un peu. En plus… ma double culture franco-américaine, grâce à ma mère américaine et mon père français, je me sens beaucoup plus libre de penser que d’autres ! La société nous formate, mais je tiens le coup !
Quel est le « petit truc » qui vous agace dans l’univers de la mode ?
Aujourd’hui, pour des raisons essentiellement économiques, tout est restreint. Dans tous les domaines, on rogne sur la créativité, premier maillon de la chaîne. Du coup, on perd de la fantaisie et de la différence, c’est bien dommage.
Une mode que vous ne comprenez toujours pas ?
La « culture » du blockbuster sans fond et sans fondements ! Au cinéma, comme dans la mode ou ailleurs. Tout a besoin de substance, je suis choqué par le manque de sens et de culture de ce qui s’adresse au grand public.
Une critique qui vous a fait avancer ?
C’est plus une phrase de Saint-Exupéry qu’une critique… « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des forces en marche. A toi de les créer et le hasard suivra ».
La faute de goût pour laquelle vous avez le plus d’indulgence ?
La suffisance. Croire qu’on a mieux compris que les autres !
La forme, c’est vraiment le fond qui remonte à la surface ?
Avec le temps, c’est le cas. Le fond dicte sa façon d’être et ses actions. C’est le vécu et l’intérieur de chacun qui rejaillissent sur nos formes.
Vos meilleures sources d’inspiration créative ?
Le cinéma, la musique, et puis flâner.
Un principe de base auquel vous vous tenez ?
Le respect, dans toutes les circonstances.
Dans quel sport battez vous régulièrement vos adversaires « à plates coutures » ?
J’aimerais que ce soit au rugby, que j’adore. Mais c’est en buvant des Martini que je suis le plus fort ! (Rires)
Une rencontre professionnelle qui ne s’est pas encore réalisée ?
J’ai bien peur qu’elle n’ait jamais lieu… Edgar Allan Poe !
Quel est le truc à la mode que vous aimez chez les autres ou sur les autres, mais pas sur vous ?
J’ai toujours aimé le côté anarchique du mouvement punk, aussi bien musical que vestimentaire. Je l’intériorise, car on ne peut pas dire que mon look et mon style soient très punk.
Quelle est votre définition de l’élégance ?
Avoir sa propre identité en assumant ce que l’on est et qui l’on est.
Que vous reconnaît-on d’étonnant ou d’étrange ?
D’être capable de parler d’absurdité pendant des heures ! Même mes proches ne comprennent pas toujours d’où je viens…
Quel est la plus grande difficulté pour les créateurs en général ?
L’obligation du renouvellement et de la création perpétuelle.
Quel est le défaut, qui dans votre métier, peut devenir une grande qualité ?
La dispersion ! C’est bénéfique lorsqu’on arrive à se regrouper et faire la synthèse !
Et inversement, quelle est la qualité qui peut devenir un gros défaut ?
Un certain confort. Prendre pour acquis ce qui a fait votre différence.
A qui voleriez-vous volontiers un brin de talent ?
Je n’aime pas trop la notion de voler… Si je pouvais exister par moi-même plutôt que d’emprunter quoi que ce soit à d’autres que j’admire, ce serait parfait !
Un designer ou un créatif hors pair ?
Je suis fan de Raymond Loewy, designer industriel et graphiste franco américain, à qui l’on doit notamment le design des paquets de Lucky Strike ou le logo de Shell. Un puit de conceptions, d’idées et de graphisme !
Pour finir, parlons de vos projets artistiques, qu’est-ce qui germe actuellement ?
Je suis en train de travailler sur des projets de montres, sur une pâtisserie, je prépare ma troisième expo sur la capture du temps dans… l’intemporel !
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