Après 3 ans de matinale sur Europe 1, il a mis son réveil le dimanche pour célébrer son retour
à la télé sur M6, aux commandes d’une émission d’info « Face à l’actu ». Pour l’instant, c’est face
à nous qu’il se trouve, comme d’habitude, nous faisons les questions et les réponses. Et bien sûr,
il les commente et les corrige en italique !
Par Hervé Prouteau.
Collégien, vous avez toujours été délégué de classe, en fait, vous auriez rêvé être avocat ?ça m’a effeuré l’esprit, j’ai en effet toujours réussi à mieux défendre les autres que ma propre petite personne… mais je crois surtout que ce qui m’animait déjà, c’était de débattre.
Oui, et l’année dernière, en grande réfexion professionnelle et personnelle, j’ai fait le tour des grands pénalistes pour voir comment collaborer avec eux. Ils m’ont tous découragé, mais ça me travaille !Comment passe-t-on du standard de RTL à la présentation des résultats de courses hippiques à assistant de P. Sabatier sur Avis de Recherche ?En étant passionné, disponible, prêt à tout (en tout bien, tout honneur bien sûr !) et en faisant le maximum. Chacun a sa chance, il faut parfois la provoquer, puis s’accrocher !
Rien à ajouter, monsieur le procureur ! (rires)Que vous reste-t-il de cette période de jeunesse et de premiers pas à RTL ?Je crois que depuis, je n’ai jamais oublié de saluer les standardistes de toutes les sociétés où j’ai mis les pieds !
Et surtout une vraie passion pour les rédactions où la confrontation d’idées est permanente et où on a l’impression de participer à la réfexion de la vie publique.Qu’avez-vous vraiment appris à la radio pendant 3 ans ?A poser ma voix, à poser les questions calmement, et même à écouter les réponses ! Vous voyez comme c’était salvateur !
(Rires) A ce que je sois perçu comme ça… c’est pourtant ce que je faisais à la télé (à part ma voix, mieux posée aujourd’hui) mais la loupe déformante de la caméra ne permettait pas cette perception !Quelle différence faites-vous entre un journaliste et un animateur télé ?Pour être lapidaire, je dirais que le journaliste essaye de « faire la lumière » sur des faits, alors que l’animateur « est, de fait, dans la lumière » ! D’où la diffculté parfois d’être en même temps animateur et journaliste !
Au début de mon parcours, en quête de respectabilité, j’opposais l’un à l’autre… En fait, l’un complète l’autre, l’exigence journalistique peut-être valorisée par une compétence d’animation.Vous avez été très fer d’avoir eu votre carte de presse en 1993, mais vous ne pensez pas qu’être journaliste, c’est un état d’esprit et une indépendance plus qu’une carte ?Bien sûr, mais, au début, alors que je n’étais pas forcément programmé pour ça, j’étais fer et heureux d’appartenir un peu au sérail…
Non, ma ferté, c’était pour mon père qui considérait jusqu’alors que je n’avais pas un vrai métier…mais le lendemain, je n’étais pas plus intelligent !On vous surnommait encore il y a peu, « le pitbull », avec le recul, qu’en pensez-vous ?J’ai passé mon permis de conduire en cinq fois, alors, excusez-moi d’avoir pris du temps avant de mieux me conduire avec mes invités. Plus sérieusement, on ne peut pas lutter contre la perception des gens, mais je n’ai jamais eu le sentiment de mordre. Tout juste de ne pas lâcher !
Je considère le fait d’avoir été identifé ainsi, même de façon caricaturale, comme un plus. Dans ce métier de communication, avoir une marque de fabrique forte est un atout, même s’il faut la faire évoluer.Vous n’avez pas cessé de passer de l’info au divertissement, comment avez-vous fait pour slalomer sans tomber au pays des étiquettes ?J’essaye de suivre mes envies et mes instincts ! Je crois aussi que j’aime les gens qui ont de vrais projets (comme Alexandre Bompard qui m’a convaincu de faire la matinale d’Europe 1).
La vie, c’est une affaire de passions et de personnes. Toutes les expériences enrichissent, quitte de temps en temps à trébucher, le tout est de savoir se relever !On a le sentiment que votre « fonds de commerce » repose sur deux axes très différents de la confdence en interview… Celle obtenue avec une certaine empathie, et celle arrachée aux poings ?Ce sont sans doute deux traits principaux de ma personnalité qui ressortent, même si je suis évidemment plus fer de ma capacité à compatir que de celle à pousser à bout…
D’abord, je n’en fais pas un fond de commerce… et puis, les interviews se font à deux. Et fnalement, pour les réussir, il faut s’adapter à son interlocuteur.Vous avez souvent été moqué par Nicolas Canteloup sur Europe 1 à propos de votre livre « A mon tour d’être sur le gril », quels sont les vrais chiffres de vente alors !Bien moins que ce que j’espérais, mais bien plus que ce que vous pourriez imaginer !
Je dirais plutôt… bien plus que ce que j’imaginais, mais bien moins que ce qu’imaginait mon éditeur ! Mais je n’ai pas les chiffres exacts… et c’est un livre qui n’avait pas beaucoup d’utilité.Si je faisais du Fogiel…. je ne vous laisserais pas vous en sortir comme ça. Alors… combien ?Mais vous n’êtes pas Fogiel, heureusement pour vous !
A peu près 15 000, mais je ne l’avais pas fait pour en vendre, c’était plus un outil de communication pour faire parler de la matinale sur Europe 1…Qui rêveriez-vous d’aider à se mettre à table, pourquoi pas dans votre nouvelle émission sur M6 ?Je reconnais que si DSK, Robert Bourgi et Bernard Tapie veulent venir commenter l’affaire, la France Afrique, et l’OM, ça me va très bien !
Pour DSK, mon amie Claire Chazal l’a très bien fait. Quant à Bernard Tapie, il est le bienvenu !Quel est le comble d’un bon journaliste ?De poser des questions qui laissent son interlocuteur sans réponse…
Non, ce serait plutôt de ne pas poser les questions sous prétexte de croire qu’il a déjà les réponses…
Retrouvez MOF tous les dimanches sur M6 pour « Face à l’actu », à 13h25.