Romano Ricci, veni, vidi, « ricci »

Dans la pure tradition familiale, avec un zeste de provocation, Romano Ricci rappelle au luxe ce qu’il devrait toujours être : un emblème de style et d’originalité. Ainsi, depuis 3 ans, il nous met au parfum, en développant avec succès sa propre marque « Juliette has a gun ».

Par Hervé Prouteau.
Romano Ricci

Racontez-nous en quelques mots votre métier et « Juliette has a gun » ? 
Je crée des portraits de femmes sous forme olfactive. Juliette, c’est la métaphore fantasmagorique de la femme dont je voulais parler. J’essaye de concevoir ce qui me plaît, en toute liberté, sérieusement, mais avec humour.

Un principe de base pour choisir le parfum qui nous va le mieux ?
Je crois que celles et ceux qui n’arrivent pas à choisir leur parfum ne savent pas vraiment qui ils sont ! Ils doivent donc commencer par apprendre à se connaître !

Que dit-on de vous ou de votre marque d’un peu trop flatteur ?
Je ne sais pas si j’aime vraiment cette image de dandy qu’on me prête. 

Une mode que vous ne comprenez toujours pas ?
Dans le parfum, la mode du « oud », cet ingrédient très oriental, censé être onéreux. C’est à mon avis plus une recherche de ce qui est cher et tendance, qu’une quête de bon goût.

La faute de goût pour laquelle vous avez le plus d’indulgence ?
L’excès. Ma grand-mère (Nina Ricci, ndlr) disait toujours : « Un petit peu trop, c’est juste assez… ». J’aime les gens excessifs même si cela nuit un peu parfois à la justesse.

Vos meilleures sources d’inspirations créatives ? 
« L’espace et l’univers féminin » : tellement versatile et complexe. Bien plus que celui de l’homme qui essaye toujours de se fixer une ligne de conduite.

Une marque assez lointaine de votre univers que vous appréciez pourtant ?
Je suis un grand fan de Martin Margiela et de ses créations, même depuis qu’il a vendu. Il a vraiment apporté quelque chose ; j’ai toujours admiré sa manière de remettre en cause les principes de base.

Une expression à la mode qui vous agace ?
« On se tient au jus »… 

Les petites marques qui montent ? 
Les bijoux de Ginette de New York. Rien que le nom est bien ! Et puis, Tesla, des voitures électriques et sportives à la fois.

La forme, c’est vraiment le fond qui remonte à la surface ?
Si c’est fait sincèrement, on peut en effet décrypter beaucoup de choses de la forme à propos du fond. Il y a un courant important de « dépersonnalisation » des marques, gérées par le marketing, qui perdent progressivement leur âme en privilégiant la forme sans fond.

Votre définition très « personnelle » du luxe ?
L’inutile essentiel et inaccessible. 

Votre plus grand luxe, au quotidien ? 
La liberté ! Créer comme je veux, avec une petite équipe. J’ai été particulièrement bien placé pour m’apercevoir que l’argent ne faisait pas que le bonheur. J’ai grandi pourri, gâté. Aujourd’hui, alors que « Juliette has a gun » a un potentiel important en grande distribution, je suis vacciné contre l’appât du gain.

Quel est le superflu dont vous ne pouvez plus vous passer ?
Enfant, j’ai été piqué par le virus du sport automobile, c’est une drogue !

Le grand luxe qui ne vous bluffe pas plus que ça ?
Les voitures de luxe, non seulement ça ne me bluffe pas, mais ça me dérange. 

Que possédez-vous de plus cher au monde ?
Je ne sais pas, rien que le mot « posséder » est atroce !

Que vous reproche-t-on de plus vrai ?
L’égoïsme, même si je travaille à m’améliorer.

Le trait le plus élégant de votre caractère ?
Un certain goût et de l’originalité.

Votre signe extérieur préféré de richesse ?
Mon chapeau !

Retrouvez les créations de « Juliette has a gun » en parfumerie (distribution très sélective) et chez Colette.
Après « Lady Vengeance », « Miss Charming » ou « Calamity J », Romano vient de lancer son nouveau parfum « Romantina », en souvenir de Rome. (100 ml/93 € et 50 ml/69 €). 
www.JuliettehasaGun.com

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