
La question qu’on vous pose trop souvent ?
« Quand revenez-vous à la télé ? ». Alors que je suis tous les samedis en clair sur Canal, depuis 5 ans. Ça a été ça. J’expliquais que j’étais sur Canal en clair et on me disait : « J’ai pas Canal… ». Et puis, y a aussi : « Quand est-ce que vous reprenez Tout le monde en parle » ? Jamais
Et pas assez souvent ?
« Comment faites-vous pour être encore aussi séduisant à votre âge ? ». T’as raison ! Personne ne me la pose jamais, celle-là ! (rires) Si on me la posait, je répondrais : « C’est parce que je suis amoureux !
Le plus beau compliment professionnel qu’on pourrait vous faire ?
Vous m’avez fait aimer le noir alors que j’en avais peur et vous m’avez donné la fièvre du samedi soir alors que je déteste Travolta, merci. Non… ce serait de me dire : « Vos émissions méritaient d’être en coffret ! ». A la télé, les coffrets, ce sont les César au cinéma.
Et le pire ?
D’avoir donné envie à Cauet, Fogiel et Castaldi de faire de la télé ! (rires) C’est juste ! Et c’est surtout d’avoir participé à l’explosion de la télé avant de constater qu’elle est en ruine aujourd’hui.
Quel est le comble d’un bon animateur télé ?
De réussir à procurer du plaisir aux téléspectateurs sans en prendre luimême. Ce qui fût longtemps mon cas, mais depuis quelques années, j’arrive à prendre aussi mon pied pendant mes émissions. C’est vrai que mon émission, c’est l’événement de ma semaine ! J’adore la lumière, le champagne et les « applaus » !
Ce qui est paradoxal, c’est que si vous êtes souriant et très joueur à l’antenne, vous êtes plutôt taciturne dans la vie ?
Je n’ai jamais eu une grande aptitude au bonheur. A défaut de talent, j’ai toujours beaucoup travaillé. Comme disait Andy Warhol : « Je fais très sérieusement des choses superficielles ».
Quelle marque devrait vous proposer de devenir son égérie ?
Avec Habit Rouge de Guerlain, que je porte depuis toujours, on aurait pu lancer « Habit Noir »… La seule fois où j’ai failli accepter, c’était pour l’American Express Black ! Mais elle n’est jamais sortie. Dommage, c’est super chic, je l’aurais fait gratos !
Parmi les adjectifs peu flatteurs qui circulent sur vous, quels sont les trois les moins faux ?
Frimeur, colérique et lunatique. Les trois sont vrais. Frimeur… normal, je suis de Nice ! Colérique… moins qu’avant, je réserve mes colères aux injustices dénoncées dans mon émission. Et lunatique… ouais... ouais...
La dernière fois que vous avez broyé du noir ?
Pendant que la cote de Joey Starr au cinéma s’envolait, que les propositions affluaient, alors qu’il n’avait pas encore signé pour mon premier film avec Mathilde Seigner. C’est plutôt lorsque mon associé sur le film m’a annoncé qu’il quitterait le projet si c’était avec Joey Starr. Ce qu’il a fait, d’ailleurs.
De quel humour noir êtes-vous fan ?
Celui de Desproges, et donc par extension, celui de Gaspard Proust ces derniers temps ! Oui et de Guillon. Mais je suis aussi très fan de Nicolas Bedos, la seule révélation de la télé ces derniers temps.
Parmi tout ce qu’on vous reproche à la télé, qu’est-ce qui est le plus vrai ou le moins faux ?
C’est vrai que j’avais tendance à penser que la télé, c’est du spectacle et que les débordements ou les provocations en sont des ingrédients nécessaires, quitte à les susciter ! Ce qui est faux, c’est de m’accuser de penser que j’ai tout inventé à la télé, même le micro ! Alors que j’adore des concepts comme « Vis ma vie », « Le Jeu de la Vérité », « Avis de recherche » ou « Panique dans l’oreillette »
A votre âge canonique et plus proche de la fin que du début de votre carrière, quel est le prix qu’on recherche ?
J’ai reçu deux 7 d’Or (pour « Tout le monde en parle » et pour « Serge, si tu nous regardes »), et personne n’en parle… mais j’ai reçu un Hot d’Or d’Honneur ! Alors, recevoir un jour un prix à Cannes, je n’ose pas y penser. Ma plus grande récompense restera mon passage chez Pivot, en 1986, pour mon livre « Louis XX », le summum !
Du point de vue littéraire, vous avez forcément un peu de compassion pour Rama Yade, Joseph Macé-Scaron et PPDA, récemment accusés de plagiat eux aussi ?
Oui… ça crée des liens. Mais je crois que le plus grand lien que nous ayons c’est que nos ouvrages respectifs ne laisseront pas une grande trace dans la littérature ! La différence avec eux, c’est que je suis allé me dénoncer le lendemain matin à la radio. J’ai eu ce courage. Et je pense qu’au-delà de ces 6 pages photocopiées, « Pondichéry » est un très bon livre.
Finalement, n’êtes-vous pas passé à côté de votre vraie vie ? Celle de Marc Dorcel, faire du cul et du cinéma ?
C’est mon maitre absolu, mais j’avais trop peur que le dicton « les cordonniers sont les plus mal chaussés » se vérifie. Si je suis passé à côté d’une vie, c’est celle d’écrivain. Beigbeder me dit que je vais rester comme « un homme de télé » ... Après tout pourquoi pas... Un homme de télé, mais coffretisé !
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