
« Le Cercle de minuit », « Field dans ta chambre », « Au Field de la nuit » et aujourd’hui, « Rendez-vous à l’hôtel »… la nuit vous colle à la peau, quel genre d’oiseau de nuit êtes-vous ?
Et on peut ajouter mon livre « Impasse de la nuit » sur la nuit érotique à Paris qui avait eu pas mal d’écho à l’époque ! Je suis sensible depuis toujours au jeu de masque de la nuit et son ambivalence. On se donne d’autres identités que celle du jour, et le masque révèle des choses. Et pour les gens qui aiment la nuit : ce jeu de vrai et de faux fascine complètement. J’ai eu des périodes extrêmement « nuit », mais avec la charge de boulot diurne que j’ai, je le suis moins.
Qu’est-ce que la nuit a de plus que le jour ?
C’est une sorte de laboratoire du nouveau. La vitalité d’une ville et les tendances se remarquent dans la nuit. Il y a quelque chose qui est de l’ordre de l’avant-garde culturel ou sociétal, les comportements d’abord minoritaires et qui s’immisceront dans la société débutent toujours la nuit.
Vers quelle heure rejoignez-vous Morphée et pour combien de temps ?
Je suis un petit dormeur, et je peux bien vivre en dormant 5 h par nuit. Ce qui est utile dans mes activités. Je rentre à 23 h et je me donne jusqu’à 2 h du matin pour travailler et je peux me réveiller à 7 h pour m’occuper de mes gosses et faire des bib’ puisque j’ai des petits bébés !
Que vous arrive-t-il de faire quand vous ne dormez pas ?
Je lis beaucoup, je regarde des films, et dans les périodes fastes j’écris. Je fais très peu d’insomnie mais quand ça arrive, je rentabilise.
Pourquoi la nuit appelle aux confidences ?
Quand on est dans un appart qui domine la ville, le simple fait de voir quelques lumières allumées aux fenêtres fait que, petit à petit, la ville semble s’engourdir, on se rétracte sur l’intime. Et quand on est à deux ou quelques uns, c’est une sorte de cocon protecteur qui pousse à l’intimité. La nuit fait surgir le désir sexuel, plus impétueux, soit immédiatement soit sous des formes plus civilisées avec de la conversation ou de la séduction.
Confidences du soir riment-elles avec audiences confidentielles ?
Oui, mais j’inverserais la charge de la preuve en disant que je suis stupéfait de voir qu’il peut y avoir 440 000 téléspectateurs à 1 h 10 du matin, pour Au Field de la nuit. Cela me semble invraisemblable, qu’au coeur de la nuit, il y ait autant de monde qui ait envie d’entendre parler de culture. Quand on aime la nuit, on ne dit pas « il y a moins de gens dans la rue que le jour donc c’est moins bien ». Il y en a moins la nuit, c’est un public varié mais spécifique.
Un RDV autour d’une table rappelle 93 Faubourg d’Ardisson, le direct le soir, une sorte de Ce soir où jamais de Taddéi : des hommes qui ont aimé la nuit. Les ondes avaient besoin de ce format ?
Pour Denis Olivennes, il manquait un rendez-vous d’accueil d’artistes qui soit agréable à faire, cosy en dehors des studios. Jean-Louis Costes a toujours refusé ce genre de proposition et je ne sais pas par quel miracle il a accepté. C’est le signe d’une bonne fée de la nuit !
« RDV à l’hôtel », c’est une invitation qui fleure l’indécence ces derniers temps, pensez-vous qu’on manque de provocation dans les médias ou qu’on ose davantage à la radio ?
La provocation est un thème avec lequel je ne suis pas très à l’aise car on manque de vraies provoc et on est saturé de fausses provoc. Les provocateurs estampillés, attendus, qui sont en « CDD de provocation » me saoulent. Tous les mini scandales à la Naulleau-Zemmour sont trop des jeux de rôle. Les vraies provocations, n’est-ce pas plutôt de montrer un créateur qui a du mal à s’exprimer et oser quelques minutes de blanc qu’il va laisser à l’antenne ?
L’émission est diffusée depuis le 22 août, le choix du titre est-il un clin d’oeil à ce que fut l’actualité new-yorkaise cet été ?
On a pensé aux connotations au moment où on l’a choisi. Il y a un petit clin d’oeil coquin libertin qui va bien avec ma référence à Impasse de la nuit, et qui a été surdéterminé avec le Sofitel New-Yorkais, mais c’est arrivé après, ce qui nous a fait hésiter à garder le titre. Et puis c’est tout le programme de l’émission. On aimerait que ça devienne un lieu de rendez-vous où les artistes débarquent à l’improviste.
Retrouvez Michel Field…
• Dans son « Field de la nuit» chaque lundi à 1 h 05 sur TF1
• Sur Europe 1 cdu lunid au jeudi, de 21 h à 22 h 30.