Iris Knobloch

Iris Knobloch

à la tête de Warner France.

 

Premier job ?
Lorsque j’étais étudiante, j’ai travaillé pour la sécurité d’une compagnie aérienne israélienne. J’ai adoré ce job. Il m’a permis d’apprendre d’autres langues, de découvrir les Etats-Unis, le Moyen-Orient et de poursuivre en même temps mes études de droit.

Premier conseil professionnel reçu ?
« Make some money, have fun and do some good », donné par Richard Parsons qui était à l’époque le Chairman de Time Warner. Il avait l’habitude de dire que si ces trois conditions n’étaient pas réunies, nous n’étions pas dans le bon job. Je suis d’accord avec cette philosophie. Le travail ne se résume pas uniquement à gagner de l’argent, il faut aussi s’amuser et faire du bien…

Premier jour chez Warner ?
Je l’ai passé dans les studios de la Warner à Los Angeles, un lieu magique, sous les palmiers, où vous avez l’occasion de croiser chaque jour des grands noms du cinéma comme Clint Eastwood ou Christopher Nolan. Pour une jeune avocate allemande fraîchement diplômée, c’était the American Dream. Dès mon premier jour, on m’a donné une lettre de Stanley Kubrick, qui était fâché, en me demandant de lui répondre. J’étais très ennuyée. En prenant conseil auprès du service juridique où je débutais, il m’a été répondu : « Ne t’inquiète pas, ça arrive tous les jours. Tu réponds juste qu’on s’en occupe. » Je ne voulais surtout pas me mettre à dos Stanley Kubrick dès mon premier jour !

Premier Festival de Cannes ?
En 2007, en tant que président de Warner France pour le film Zodiac de David Fincher avec un très beau casting. Cannes reste le plus beau festival du monde. La montée des marches suscite des émotions incroyables. Aucun autre festival n’a cette classe, cette élégance.

Plus belle émotion à Cannes ?
Pour le film The Artist, en 2012. C’était la première fois que l’on montrait le film au public, celui de Cannes n’est pas facile et on ne sait jamais comment il va réagir. Lorsque la lumière s’est éteinte et que la projection a démarré, nous retenions tous notre souffle. Très vite, la salle a commencé à vibrer. Le film a fini avec une standing ovation de plus de vingt minutes. On a compris qu’on était parti pour un beau voyage.

Premier choc cinématographique ?
Orange mécanique de Stanley Kubrick ! Il était toujours en avance sur son temps. Je suis fan de tous ses films qui restent visionnaires et d’avant-garde.

Première soirée des Oscars ?
Pour The Artist. Ce fut un week-end incroyable. Nous étions le vendredi soir aux Césars, où nous avons reçu six récompenses. Après une courte nuit, on s’est envolé à 10 heures le lendemain pour Los Angeles. Je me demandais comment l’Académie des Oscars pourrait voter pour un film comme le nôtre car aucun de ses membres ne connaissait Jean Dujardin ou Bérénice Bejo. Quant à Michel Hazanavicius, ils ne pouvaient même pas prononcer son nom ! On a gagné l’Oscar pour la musique, puis pour les costumes, puis est venu l’Oscar du meilleur acteur pour Jean Dujardin et enfin ceux de meilleur réalisateur et meilleur film. On n’y croyait pas, c’était magique. Avec le recul, j’admire cette Académie qui a eu l’ouverture d’esprit de voter pour un film si peu conventionnel, dans un contexte si compétitif. The Artist, c’est cinq Oscars, six Césars.

Première récompense professionnelle ?
Je parlerais plutôt de récompense personnelle, puisque j’ai eu le privilège de recevoir la Légion d’honneur. J’ai été vraiment touchée que la France, un pays que j’adore et qui m’a accueillie, m’offre cette distinction. Je me suis dit ce jour là que je devais tout faire pour en être digne.

Premier geste professionnel en arrivant au bureau ?
Je travaille pour un studio basé à Los Angeles, en pleine effervescence lorsque moi je dors. Le matin, mon premier geste est d’allumer mon ordinateur et de regarder tous les mails arrivés dans la nuit.

Premiers atouts qu’un jeune doit mettre en avant s’il souhaite intégrer Warner ?
Sa créativité. Qu’il n’ait pas peur de penser différemment, d’innover et même de se tromper. Dans ce monde en pleine mutation, on attend des nouvelles générations qu’elles n’aient pas peur du changement et qu’elles sachent toujours se réinventer.

Première mesure économique prise par le gouvernement qui paraît aller dans le bon sens ?
J’aime bien les mesures proposées par Emmanuel Macron, mais j’attends de voir le résultat concret. Il y a trop de règlementations en France. Parfois, lorsque j’appelle les Etats-Unis et que je leur explique un cas administratif, cela leur semble tellement invraisemblable que mon interlocuteur me répond : « Mais Iris, tu n’as pas dû bien comprendre, puisque tu es allemande… »

Première d’une liste d’ultimes tâches à accomplir sur Terre ?
Sauver les rhinocéros. J’aime cet animal en voie de disparition.

Premier mot que vous souhaiteriez entendre en arrivant au paradis ?
« Welcome Irilein ». Je saurai que mes proches sont présents pour m’accueillir car lorsque j’étais enfant, c’était mon surnom, qui veut dire « petite Iris ».

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