Kristen Stewart

L’Américaine Kristen Stewart, vingt-six ans, souvent géniale, retrouve les caméras tourmentées d’Olivier Assayas avec Personal Shopper. Soit deux ans après le magnifique Sils Maria, qui avait permis à la divine comédienne de remporter un César de la meilleure actrice, première Américaine à recevoir cette distinction.

Ce n’est pas la première fois que vous venez à Cannes. Cette année, vous montez les marches pour Personal Shopper en compétition, mais aussi pour Café Society, le nouveau film de Woody Allen, présenté, lui, hors compétition. Quels rapports entretenez-vous avec le festival ?
J’ai toujours aimé me rendre dans les festivals de films et j’apprécie toujours autant Cannes, qui fait partie de mes festivals préférés avec Sundance et Toronto. Ce sont des endroits où l’on célèbre le cinéma et où la création l’emporte sur la vente et le profit.

ASSAYAS DANS LA LUNE 

C’est la seconde fois que vous tournez pour le Français Olivier Assayas. Cela devient une belle histoire de cinéma entre vous. Qu’est-ce qui vous touche dans son cinéma ? Quel genre de cinéaste est-il ?
Olivier peut paraître un peu dans la lune, il se pose parfois des questions sans chercher à y répondre forcément. C’est cela qui me plaît : son cinéma ne cherche pas les réponses faciles. Nous entretenons tous les deux une sorte de communication télépathique, on ne se dit pas tout mais on se comprend bien. C’est précieux. Il y a une grande vérité dans nos rapports. C’est pour cela que je m’investis autant dans ses films, je travaille très dur pour lui.

Un an après avoir tourné Personal Shopper, quel regard portez-vous sur ce film ?
C’est étrange mais j’ai du mal à expliquer le film… Je m’y suis tellement investie, j’ai tellement donné dans ce rôle que je manque encore de recul, mais j’ai des souvenirs très forts du tournage, j’ai adoré cette expérience.

DÉSIR ET MOTIVATION

De Twilight à Into the Wild, en passant par Café Society, vous surprenez car vous n’êtes pas forcément là où l’on vous attend. Est-ce le résultat du travail d’un bon agent ou peut-on dire que vous avez « du nez » ?

Moi, ce que j’aime c’est le risque ! Le désir et la motivation sont les moteurs de mes choix. Accepter un rôle auquel je crois sans être certaine que le film rencontrera le public, c’est la vision que j’ai de mon métier, l’essence même de l’acteur et c’est ce qui me plaît. Cela est évidemment plus facile à faire dans des films indépendants européens que dans la plupart des grosses productions américaines qui sont faites pour divertir et rapporter de l’argent.

Arrivez-vous à porter un regard bienveillant sur ce que vous faites ? Aimez-vous vous voir à l’écran ?
J’ai commencé à tourner à l’âge de neuf ans. Donc avec le temps, j’ai dû m’y faire [rires] ! La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui entendre ma voix m’est devenu supportable.

 

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