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Le mille-feuille du mois

Une petite sélection qui vous aidera à bien choisir votre livre de chevet.

1. JEUNESSE
Les Piqûres d’Abeille de Claire Castillon, Éditions Flammarion, 14 €.
Quand une romancière comme Claire Castillon met sa plume au service des jeunes lecteurs (à partir de dix ans), il faut se précipiter, même si vous avez plus de treize ans au compteur ! Celle qui a livré récemment un dernier roman sur les jeunes filles amoureuses d’hommes plus âgés, raconte avec humour la tolérance et le sentiment amoureux. Car il n’y a pas d’âge pour aimer et découvrir que l’amour est tout près. On retrouve ses petits pics joliment glissés et beaucoup de douceur et de miel. Quoi de plus naturel lorsqu’il s’agit d’une histoire avec une « Abeille » !

2. ROMAN
Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas, Éditions Le Dilettante, 22 €.
Si vous avez déjà lu du Puértolas, foncez acheter son dernier-né ! Et si vous ne connaissez pas cet auteur génial, drôle et talentueux qui arrive à vous faire croire à l’incroyable et donne avec poésie du réel à l’absurde, entrez vite dans son univers. Cette fois, il s’agit de l’histoire d’une policière noire désœuvrée dans un commissariat au fin fond de l’Amérique raciste. Pour les fans, le best-seller L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea est adapté en ce moment à l’écran par Ken Scott (Starbuck).

3. JOURNAL
Voyage à Film City de Melvil PoupaudÉditions Pauvert, 18 €.
Melvil Poupaud est comédien, musicien et réalisateur. C’est aussi un petit prince du cinéma qui décrit dans son journal comment l’aventure d’un tournage en Chine s’est transformée en véritable expédition. Direction Pékin pour cette invitation au voyage avec des dialogues en mandarin et un lot quotidien de surprises et d’expériences dignes des meilleurs scenarii. Ce passionnant journal intime d’un cinéphile devenu sinophile est un témoignage sincère et unique sur le métier d’acteur et la découverte de l’inconnu. Le ton est vif, la lecture intéressante et facile. Quand l’acteur se fait conteur, le lecteur est toujours demandeur.

4. POLAR
V.I.P. de Laurent Chalumeau, Éditions Grasset, 18,90 €.
La curiosité est un vilain défaut, les paparazzis en ont fait une jolie déformation professionnelle. En planque, l’un d’eux attend le scoop sur les passions présidentielles, qu’il épie. À la fenêtre, le président de la République est bien chez l’actrice (le lecteur y verra les relations entre François Hollande et Julie Gayet, mais la comparaison s’arrêtera là). Or, en guise de spectacle lascif et sensuel, le curieux assistera à un quadruple meurtre. Trop énorme pour que cette scène reste silencieuse, le secret allait être révélé. Commence ainsi l’enquête sur une affaire d’État. Pour l’auteur, un théâtre propice à livrer son analyse des codes du petit monde parisien des médias (qui est le sien), du pouvoir, des institutions judiciaires et policières, de la politique et par là, du traitement de l’information, de la forme qui vient combler le manque de fond, des révélations, des sources. Un petit monde bien lié, qui fait et défait l’actualité rapidement lorsqu’une info vient en chasser une autre. Cette enquête digne des plus beaux polars est un règlement de comptes de l’auteur envers ses pairs, les journalistes et les élites. Vous aimerez ce cri de révolte contre l’intelligentsia, les privilégiés, les « introduits » qui s’auto-suffisent en méprisant ce qui se passe de l’autre côté du périf. Bientôt ils connaîtront le réveil des « petits », d’une violence terrible, prophétise l’auteur.

5. ROMAN
Costa Brava d’Eric Neuhoff, Éditions Albin Michel, 19,50 €.
On a tous un proche – père, oncle, ami des parents – qui nous a raconté son enfance, ses vacances, ses premières fois et l’on s’est vite rendu compte, dans son récit, que toutes ces madeleines de Proust existaient aussi pour nous. Avec la nostalgie en fil rouge et l’émotion à l’évocation de ces pans de vie que l’on conserve tous dans un joli coin de notre esprit, Neuhoff partage sa mélancolie, son enfance dans les années cinquante. Il nous renvoie à nos périodes heureuses et légères, que rien ne semblerait égaler aujourd’hui. Et c’est avec le soleil des vacances dans les yeux et quelques larmes derrière nos Ray Ban que l’on revivra une époque, celle des plus belles années, celle de la jeunesse insouciante que l’on a tant aimée.

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