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Le nouveau printemps de Rodin

Édito mai 2017.

Jacques Doillon et Vincent Lindon auront à peine arpenté le red carpet cannois pour Rodin que Paris, à son tour, célébrera le sculpteur avec la mise aux enchères d’Andromède, un marbre naturaliste à l’histoire saisissante.

Un tempo quasi magique qui, tout en honorant les cent ans de la disparition de l’artiste sensuel et visionnaire du Baiser, lui offre un nouveau printemps. La formidable exposition du Grand Palais, « Rodin, l’exposition du centenaire », a débuté le 22 mars. Le musée Camille-Claudel était inauguré à Nogent-sur-Seine, le 26 mars. Le 13 avril à 11 heures, Thierry Frémaux et Pierre Lescure dévoilaient la sélection officielle du 70e Festival de Cannes où figure Rodin, le film de Jacques Doillon, dont la sortie nationale est programmée le 26 mai 2017. Un enchaînement idéal pour la maison Artcurial qui livre donc Andromède aux enchères, le 30 mai.

C’est en 1888 qu’Auguste Rodin sculpte le buste de Luisa, la jeune épouse du diplomate écrivain et poète chilien Carlos Moria Vicuña. Soucieux de présenter une œuvre au salon annuel des Beaux-Arts à Paris la même année, il demande au couple l’autorisation de l’exposer. L’État souhaite aussitôt l’acquérir et le diplomate chilien cède le buste, aujourd’hui dans les collections du musée d’Orsay.

En remerciement, Rodin offre à Luisa le marbre Andromède, réalisé dans ses ateliers à cinq exemplaires. Celui-ci serait « le plus achevé dans sa transcription naturaliste ». Un ravissement sensuel où le mythe antique semble littéralement éclore de la roche. On perdra la trace de l’œuvre durant près de cent trente ans, avant que les limiers d’Artcurial ne la retrouvent à Madrid.

Entrerez-vous à votre tour dans l’histoire en épousant Andromède ? Estimée entre 800 000 euros et 1,2 million d’euros, l’œuvre au passeport espagnol ne peut être déclarée trésor national. Elle quittera sans doute la France, à moins que l’État ne la préempte. Tous les amateurs d’art seront, ce 30 mai vers 20 heures, autant suspendus au marteau du commissaire-priseur que les cinéphiles au palmarès du 70e Festival de Cannes.

En couverture : robe longue plissée en lamé couleur mordorée, LORIS AZZARO. Motifs d’oreilles « Jardin d’hiver » en or blanc 18K, sertis de 20 diamants, 66 émeraudes, 134 tsavorites, 10 tourmalines Paraïba et 2 perles blanches de culture, CHANEL Joaillerie. Lunettes de soleil, LANVIN.

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