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L’école du XXIe siècle

À quoi ressemblera l’école de demain ? Si le nouveau ministre met la barre haut sur les apprentissages cognitifs, des notions nouvelles comme l’empathie ou la confiance en soi font leur entrée à l’école. Un apprentissage déjà appliqué dans les « nouvelles écoles ».

 

8h45. L’ambiance est zen dans la Lab School Paris, située au cœur de la capitale. Il faut dire que chaque journée démarre par le même rituel : un petit moment d’éveil corporel. La trentaine d’enfants de niveau CE2 à CM2 évolue dans un grand espace ouvert de 80 m2. Ici, pas de classes.

Si cette école est la première de ce type en France, il en existe en Amérique du Nord depuis le XIXe siècle. Sa particularité ? Trois activités complémentaires y sont associées : l’enseignement, la formation et la recherche. « Nous sommes convaincus qu’il est possible de faire vivre une école plus solidaire, basée sur la recherche, permettant un cadre d’apprentissage favorable à l’épanouissement et à la réussite de chaque enfant », explique Pascale Haag, psychologue et maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), fondatrice de ce projet d’école-laboratoire.

Côté pédagogie, la Lab School Paris s’inspire à la fois des pionniers tels que Montessori, Freinet, Steiner et des recherches actuelles en sciences de l’éducation. Si le programme scolaire reste le même que celui de toute école de l’Éducation nationale, les différences apparaissent très vite : respect des rythmes naturels de l’enfant (après le déjeuner, les écoliers peuvent choisir en autonomie leur activité : jeux, lectures, yoga…), développement de l’empathie et de la confiance en soi, autonomie, gestion des émotions.

Le bien-être est placé au cœur du projet. L’équipe pédagogique est avant tout animée d’une grande bienveillance à l’égard des enfants. Avec les parents, et le soutien d’une équipe de chercheurs, l’ambition est de révéler les talents des enfants, leur permettant ainsi de s’épanouir en toute confiance. « Il n’y a pas de recette miracle, mais les ingrédients sont connus, au moins en partie : les apprentissages personnalisés, les pédagogies collaboratives, la bienveillance, le développement des compétences sociales et émotionnelles, qui prédisent bien mieux que le QI la réussite scolaire et la réussite dans la vie », poursuit Pascale Haag.

Un monde idéal ? Oui, peut-être. Mais accessible. Au Danemark – les champions du bonheur –, les enfants reçoivent des cours d’empathie à l’école dès l’âge de six ans pendant un temps baptisé « L’heure de la classe ». Ils apprennent à s’écouter, à communiquer et à échanger entre eux. Et comme l’empathie déclenche l’empathie (et contribue au développement du cerveau des enfants), un cercle vertueux se met en place. Les émotions positives servent les capacités d’apprentissage. Les enfants se relèvent plus vite des échecs, résistent mieux au stress et sont plus sociables. Bref, des valeurs que l’on voudrait déjà voir à l’école. « De plus en plus d’enseignants se forment, s’interrogent et mettent en place l’apprentissage des sciences socio-émotionnelles dans leur classe, dans le public. Les pratiques évoluent à toute vitesse », observe Pascale Haag. Une excellente nouvelle !

Trois questions à Maxime Faguer, cofondateur de l’École M, une maternelle pas comme les autres, qui ouvrira ses portes en septembre 2018 à Paris.

Qu’est-ce qui change vraiment avec l’école M ?

Avant tout, nous voulons que les enfants aiment l’école et aiment apprendre ! Pour cela, la personnalisation de l’enseignement est au cœur de notre projet pédagogique, avec le bilinguisme et les classes multiniveaux, qui favorisent l’apprentissage entre élèves. En plus, l’école M est accessible financièrement à toutes les familles grâce au soutien de mécènes.

Quelles sont les compétences particulières de l’équipe enseignante ?

C’est la clé pour nous. Par exemple, la directrice de l’école a, en plus de son diplôme, une licence de psychologie et enseigne la capoeira. Cette formation élargie permet une approche globale de l’enfant, en prenant aussi bien en compte les dimensions humaines, intellectuelles ou socio-émotionnelles.

Comment ce projet va-t-il servir l’école pour tous ?

Nous partagerons nos résultats et découvertes sur les innovations pédagogiques mises en place, mais aussi sur le recrutement et la formation des enseignants, l’aménagement de l’école, les relations avec les familles… Cela contribuera au dialogue public.

Pour plus d’infos :

ecolem.fr, labschool.fr

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