L’homme qui a du flair

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L’homme qui a du flair

Si vous avez de l’argent à investir, achetez des actions Interparfums. Philippe Bénacin, son PDG, fait de chaque licence qu’il signe, de chaque parfum qu’il lance, de flamboyants succès. 

 

Il est né en Tunisie, pays adoubé par le monde de la parfumerie pour son jasmin, sa fleur d’oranger, mais aussi ses géraniums rosat, les plus beaux du monde. C’est à l’Essec que ce fan de rock ­– il joue de la guitare électrique comme Keith Richards – rencontre son « partner in crime », Jean Madar. Ils créent ensemble leur société et signent leur premier contrat de licence avec… Régine. Ce qui leur permettra, quelques années plus tard, de mettre à leur catalogue Burberry. Philippe Bénacin est l’homme qui a donné une odeur au trench, au tartan et à Londres. Entre-temps, les deux compères se sont réparti les tâches. L’un est en veille sur le marché américain depuis New York, l’autre dope à Paris la bourse, où ils sont cotés sur le second marché.

La société Interparfums cartonne et s’est bâti une solide réputation de winner, notamment sur le marché des parfums masculins. « Grâce à la chance et au travail », commente le boss. Dans son catalogue : Boucheron, Van Cleef and Arpels, Lanvin, Repetto, Coach, Montblanc, Rochas et Jimmy Choo. Alors que le petit monde parisien de la critique olfactive se gaussait de l’arrivée d’une maison de chaussures en parfumerie, il a prouvé et démontré que l’imaginaire de ce label dépassait largement les talons aiguilles. Ce que Christian Louboutin n’est pas arrivé à faire, malgré son addictive semelle rouge… Aujourd’hui, tous les hommes portent Jimmy Choo, aux pieds comme sur la peau.

Son entreprise, dont le nom est écrit en gros sur le haut d’un immeuble du bas des Champs-Élysées, est réputée cartonner en matière de fragrances masculines. « C’est parce que nous ne comprenons rien aux femmes », dit-il avec humour, avant d’ajouter : « Si on performe en parfums masculins, c’est parce que nous avons une bonne compréhension de nos marques, notamment Coach et Montblanc, et que nous savons bien les interpréter et les transformer en essences. » C’est aussi une question d’agenda, ce printemps est plus viril que féminin du point de vue des lancements. Les filles prendront leur revanche à l’automne.

Quand on lui demande quel est le secret d’un succès, Philippe Bénacin répond que ce n’est pas une question de jus ­– les hommes restent somme toute assez basiques dans leurs goûts, entre fougères et bois ­–, mais de statut. Pour les générations qui arrivent au pouvoir, ou qui l’ont récemment pris, le parfum accompagne la réussite autant qu’une montre, par exemple. Il signe plus votre pouvoir d’achat que votre libido.

Le secret de sa réussite ? Cette année, Interparfums atteindra ou dépassera les 500 millions de chiffre d’affaires, ce qu’il disait être son objectif à atteindre voici deux, trois ans. Que fera-t-il ensuite ? Une retraite dorée aux Bahamas ? On en doute fort… 

Le retour des vrais dandys

En 1949, Marcel Rochas commandait à Edmond Roudnitska un parfum masculin. Il était temps pour lui que les hommes retrouvent leur élégance et leur séduction. 70 ans plus tard, Philippe Bénacin fait renaître Moustache dans sa version originale avec ses notes de bergamote, de citron, de lavande et de violette, ainsi que dans une version plus contemporaine au parti pris de sensualité avec sa rose, son cèdre, son patchouli. Moustache tombe bien puisque, après la barbe, les garçons reportent la moustache, attribut le plus viril qui soit. Et le plus sexy aussi.

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