Lionel Giraud

L’homme qui fait sortir de l’ombre Vuarnet.

Lionel Giraud est un passionné qui aime prendre le temps d’aller au bout des choses. D’ailleurs, dans la mode, il s’agace du côté « next next » qui empêche de finaliser proprement les choses. Venant de l’orfèvrerie, il est à des années-lumière de cette façon de faire. Pour lui, « la mode, c’est finalement subir et c’est très frustrant d’être dans un rythme qui ne permet pas de prendre le temps de la réflexion ». En cela, la lunette est un produit assez intermédiaire, dont le rapport au temps est plus intéressant et qui va lui permettre de s’épanouir. Après Courrèges, puis André, il est à présent à la tête de Vuarnet. On pourrait se demander si relancer les marques françaises qui ont une histoire n’est pas un peu sa marque de fabrique. Pourtant, il précise qu’il n’a pas fait que cela. En débutant chez Cartier, puis chez Chaumet, il a montré son attirance pour les maisons qui ont un vrai savoir-faire, assises sur un patrimoine. Cette ligne directrice, qui trace son parcours un peu malgré lui, n’est pas un hasard : « Je viens d’une famille d’orfèvres, je suis donc en affinité avec les montres ou les lunettes d’aujourd’hui ».

Lionel Giraud a décidé de redonner à Vuarnet la place qu’elle occupait il y a quarante ans. Sur le site de la marque, on peut d’ailleurs lire : « Vuarnet is back ». À se demander si elle n’était pas trop dans l’ombre ! Si cette remarque le fait sourire, il avoue que « la marque était montée très haut jusqu’à la fin des année 1990 pour disparaître petit à petit, surtout de son premier marché, les États-Unis. Là où Vuarnet était la plus forte et la plus connue. » Depuis deux ans, la marque n’est plus dans le giron du groupe Alain Mikli, ce qui va permettre de relancer des collections. Car l’esprit Vuarnet n’a jamais disparu. Cet héritage, qui emmène notre inconscient vers la montagne où le grand chic était de skier avec une paire de lunettes emblématique, prend pourtant sa source à Paris. Vuarnet est donc parisienne au départ : en 1957, l’opticien Roger Pouilloux invente le Skilynx, un verre jaune qui permet, lors des jours blancs, de voir les reliefs lorsqu’on skie. Il offre ce nouveau verre avec la monture 02 à l’équipe de France de ski et à Jean Vuarnet, médaille d’or aux JO de 1960. Ensemble, ils montent la marque sur l’idée d’un verre de ski, vite porté à la ville par des Delon et autres stars du septième art. « C’est devenu une marque branchée et technique, mais elle a fait un carton avec un claim destiné aux bulletins météo aux États-Unis dans les années 1980. Dès qu’il faisait beau, le présentateur devait dire : “It’s a Vuarnet day today”. » Comprenez que c’est surtout en France qu’elle est un peu trop assimilée à la montagne, car la marque a eu un rayonnement mondial.

12En route vers le glamour
Avec des modèles iconiques comme ceux portés par Alain Delon dans La Piscine ou par Daniel Craig dans James Bond, la marque a toujours été présentée dans un univers glamour, parallèlement au sport. Si Vuarnet est née dans le sport « élégant actif », elle a rapidement gagné un univers plus « fashion en ville, et c’est là qu’on veut la repositionner », confie Lionel Giraud. C’est important car « Vuarnet est une marque qui possède une expertise totale des verres minéraux, nous sommes les seuls à les fabriquer en France. Dans les années 1960-1970, on a réalisé un beau travail sur les montures avec quatre modèles iconiques que nous allons reprendre prochainement dans de nouvelles collections. Il faut que le style soit au niveau de l’expertise des verres. Ce n’est donc pas une marque pour faire du sport de façon active, mais qui deviendrait davantage lifestyle. »

4Vincent Cassel ou l’image 100 % Vuarnet
Authentique, énergique, solaire, Vincent Cassel est une égérie toute trouvée. Pourtant, au départ, Lionel Giraud ne voulait pas d’égérie, « car souvent elles n’ont pas de sens ». Mais l’image de Vincent Cassel s’est naturellement imposée. L’acteur a d’ailleurs accepté très rapidement, se rappelant du modèle avec lequel il skiait à l’époque de ses vingt ans : il en avait conservé le souvenir d’un objet de luxe. Son élégance dingue, son côté très animal, instinctif, se révèlent parfaitement sur les images shootées chez lui à Rio. L’homme Vuarnet d’aujourd’hui, c’est donc celui qui est magnifique en Tuxedo et sublime en surfeur sur une plage, et cela nous va bien car le soleil revient.

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