Mooglie, la relève est assurée

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Mooglie, la relève est assurée

Mooglie a 25 ans, il est parisien et compose de la musique électronique depuis 7 ans. Après avoir passé une licence de maths appliquées et un master, il se consacre désormais pleinement à la musique. Fondée sur des influences à la fois jazz et underground, sa musique met à l’honneur les sonorités du jazz, en les adaptant aux goûts de sa génération. Rencontre.

Comment avez-vous commencé la musique ?

Tout a commencé un peu par hasard. D’abord, il y a eu la découverte des Rolling Stones lorsque j’avais 12 ou 13 ans. J’étais fan et, comme tout ado, j’ai voulu faire comme mes idoles. J’ai donc demandé une guitare à Noël et puis je n’ai jamais arrêté. Après avoir joué en tant que guitariste puis bassiste dans quelques groupes de pop-rock de la scène parisienne entre 2010 et 2013, j’ai découvert la musique électronique à travers des groupes comme MGMT, Gorillaz ou encore toute la New Wave de la fin des années 70. En 2013, je monte un duo avec un ami d’enfance qui a duré deux ans et avec lequel j’ai eu mes premières expériences en tant que DJ en club. Je me souviens de cette sensation, une des premières fois où je jouais à Paris au Redlight, il devait y avoir 700 ou 800 personnes, je n’avais même pas 18 ans (j’avais pris la carte d’identité de mon frère pour entrer alors même que j’étais DJ). J’étais vraiment stressé, paniqué même, mais quel bon souvenir !

Votre carrière de DJ/producteur commence au moment où le covid-19 frappe la France. Comment avez-vous vécu cette année si particulière ?

En effet, je travaillais jusqu’en mars 2020 dans un milieu plus traditionnel, après avoir signé ma première sortie au sein du label d’Agoria, Sapiens. Débuter en tant que DJ/producteur sans évènement, ni festival n’a pas aidé. Il a fallu recentrer toute notre communication et la promotion sur les réseaux sociaux, mais aussi réinventer notre création de contenus.

Vous êtes devenu très proche d’Agoria cette année. Comment vous-êtes vous rencontrés et comment envisagez-vous votre collaboration ?

J’ai rencontré Sébastien par l’intermédiaire de mon manager. Il nous a présentés et le contact s’est fait assez naturellement. Nous nous sommes compris artistiquement et amicalement. Il est aujourd’hui comme un mentor et est toujours disponible quand j’ai besoin de conseils ou autres. Il a été l’un des premiers à me faire confiance, il m’a même légué son Moog Sub 37, qui a pendant longtemps été le synthétiseur de mes rêves, en plus d’être un instrument mythique de la scène électronique. Notre collaboration s’envisage à long terme et nous avons beaucoup de projets à venir avec le label, tels que plusieurs EP, des singles et pourquoi pas un album un jour…

Votre premier single Prélude a cartonné sur Spotify avec plus de 2 millions d’écoutes. Comment est-ce arrivé ?

Prélude est sorti le 1er Mai 2020, c’est-à-dire en plein confinement. Je pense que ce qui a fait sa réussite, c’est avant tout le fait que ce titre est très mélodique. Même s’il garde une base techno et électronique, il reste accessible et appréciable par son caractère joyeux que j’avais envie de lui apporter en plein contexte de crise sanitaire. J’avais vraiment la volonté d’offrir un morceau doté d’une belle énergie.

Vous avez récemment signé chez Hangar Talent, une nouvelle agence belge du festival Hangar. Comment êtes-vous entré en contact avec eux ?

Je les ai rencontrés au Festival Hangar justement. Dès la première édition en 2017, j’ai été stupéfait par la qualité de production de leurs événements. Tout y était fait avec justesse, que ce soit la programmation artistique, le show lumières et même le choix des food trucks. Je n’ai depuis manqué aucun de leurs événements et c’est comme ça que notre amitié s’est construite. Notre collaboration est venue plus tard et très naturellement. Rien n’avait été signé jusque récemment, mais cette signature n’était en réalité qu’anecdotique. C’était une évidence pour moi de travailler avec eux. Dans ce milieu, il est très important de s’entourer de gens qu’on apprécie et dont on respecte le travail, et surtout à qui l’on fait confiance. Aujourd’hui, je passe presque autant de temps à Bruxelles qu’à Paris.

On a vu sur votre Instagram des jam sessions avec votre guitare et votre basse. Mélanger les « vrais » instruments avec vos productions électroniques, c’est ça votre ADN ?

Je ne fais même pas cette distinction en toute honnêteté, les uns sont complémentaires des autres et c’est ça qui fait l’infinité de possibilités de création et la diversité de la musique aujourd’hui. C’est pour moi essentiel de combiner les deux. J’écris toutes mes mélodies en tâtonnant ma guitare et en répétant mes gammes. Ces vidéos sont toutes improvisées, ce qui les rend donc uniques.

Quels sont vos projets en 2021 ?

J’ai quelques EP en finition qui devrait voir le jour courant 2021. Je les ai produits pendant le confinement. Cette période a été très prolifique pour moi – quasiment une trentaine de morceaux finis. Il est maintenant temps de les sortir, je pense… Aussi, je devrais sortir quelques remix pour certains artistes que j’adore, qui m’ont sollicité pour remixer certains de leurs morceaux. Stay tuned !

soundcloud.com/moogliemusic

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