Raphaël, en version Haute Fidélité

Le chanteur aux yeux clairs a une gueule, une voix d’ange et il aime se challenger. Son neuvième album Haute Fidélité nous le prouve bien. Il donne un côté plus électronique à ses chansons. L’occasion pour nous de rencontrer cet artiste qui oscille entre force et douceur.

Olivia de Buhren

Pourquoi votre album s’appelle-t-il Haute Fidélité ?

C’était une référence au son hi-fi. Je voulais fabriquer un disque avec un son impressionnant, un son massif haute-fidélité à toute épreuve que ce soit en amour, en amitié, en musique ou en tout.

On sent une rupture dans cet album, n’est-ce pas ?

Mes disques sont souvent en rupture les uns avec les autres. Là, il y a, en effet, une cassure avec l’album précédent qui était plus académique, mais il y a une vraie continuité par rapport à Super-Welter, sorti en 2012. Il pourrait être son grand frère.

La première chanson de l’album commence par « les années 20 sont folles, souviens-toi… les années 20 seront folles, encore une fois ». Pourquoi ?

On vit comme dans les années 20 en ce moment. L’histoire se répète. La période est folle et trouble. Je crois à l’éternel retour des choses. Et j’espère que nous reviendrons vite à plus de douceur et de folie.

Vous venez d’avoir 45 ans. Comment le vivez-vous ?

40 ans, j’avoue que ça m’a fait quelque chose. J’ai eu l’impression de passer de l’autre côté. 45 ans, ça ne change rien pour moi. Maintenant, c’est vrai que le disque, il est jeune et dynamique, c’est une sorte de chant du cygne. Le cygne qui fait son plus beau chant avant de mourir ! 

Fini les faussetés ?

Je n’aime pas la fausseté. Je suis quelqu’un de sincère et direct. La pire des choses reste l’hypocrisie selon moi. 

Croyez-vous à la loyauté ?

Oui beaucoup. C’est une qualité importante que ce soit en amitié, en amour ou professionnellement parlant. Il n’y a pas d’excuses à être déloyal.

Dans le ton, pourquoi avoir voulu jouer sur les ruptures et les transformations dans vos chansons ?

J’avais envie de faire un disque très libre dans sa forme et dans son ton. J’aime bien l’idée de réaliser des mini-opéras. Je ne veux pas être coincé dans un format classique avec le principe du couplet puis la chanson et on recommence éternellement.

Quelle est votre plus grosse trahison ?

Je ne me sens pas l’âme de quelqu’un qui puisse trahir. J’ai peu de copains, mais ce sont comme des frères pour moi J’ai construit des relations solides avec eux. En amour, ça fait 20 ans que j’ai la même femme et mon manager me suit depuis 25 ans. 

La plus grande infidélité que vous ayez eu dans votre vie ?

J’ai pu être déçu, mais je pense être assez fidèle et on me le rend bien. Et puis, j’avoue que j’ai tendance à vite tourner la page. Je ne suis pas du tout rancunier.

Les premières phrases du titre Haute Fidélité, ce sont « Mais ne baisse jamais ton masque »… Celui qui nous protège du virus ou d’une armure sentimentale ? Puis : « Mais laisse l’amour venir »

C’est une sorte de profession de foi. Un conseil fort que je donne à tous : essayer de toujours garder une part de mystère et d’inconnu en vous. L’amour ne doit pas tout consumer. 

Comment voyez-vous la vie après 45 ans ?

Jean-Pierre Bacri disait : « Avec l’âge, on se sent tous nostalgiques et exilés d’un pays de l’enfance ou de la jeunesse que l’on aime. » Je dirais que je n’en suis pas là. J’ai des enfants petits (7 et 12 ans). Je suis en pleine forme. Je pense que dans 10 ans, j’aurai un autre discours.

Dans l’album, il y a plusieurs artistes comme Pomme, Clara Luciani, un hommage à Christophe aussi… Était-ce important pour vous d’avoir des invités ?

C’est un disque de collaborations. J’ai commencé avec trois copains qui sont Benjamin Lebeau du groupe The Shoes, Arthur le chanteur du groupe Feu ! Chatterton et Alexis Delong du groupe Inüit. Ils ont été mes piliers dans cet album. J’ai vécu quelque chose de particulier avec tous les artistes qui ont collaboré, mais Pomme est la chanteuse qui m’impressionne le plus. Elle a une voix miraculeuse.

À part la musique, avez-vous d’autres talents ?

J’écris des livres. Je sors Une Eclipse, mon second recueil de nouvelles, en septembre. Et sinon, je viens de commencer le judo. Je suis ceinture jaune de karaté depuis deux jours. Mais, est-ce vraiment un talent ?

C’est quoi la clef du bonheur selon vous ?

Il ne faut pas se poser trop de questions métaphysiques de ce genre. Je dirais que le bonheur, c’est de nous rendre compte de la chance qu’on a plutôt que de voir ce qui nous manque.

Haute Fidélité, le nouvel album de Raphaël dans les bacs le 5 mars. raphael.fm

Lire aussi : Julien Doré, « Aimée » en vert et contre tout

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