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Un concentré de Provence au Château de Berne

Niché au cœur d’une Provence méconnue et secrète, entre Flayosc et Lorgues, le château de Berne offre une parenthèse dans laquelle on se laisserait volontiers enfermer.

Sophie Giagnoni

« Oh ! Je me suis encore perdue », s’amuse une visiteuse en peignoir et chaussons croisée au détour d’un escalier. De fait, elle aurait dû continuer tout droit et plonger dans le tunnel souterrain qui relie les deux ailes du château plutôt que de tourner à droite en sortant du spa. Ceci dit, en terminant de gravir les marches, elle se serait retrouvée sur la jolie placette qui s’étire entre ces deux mêmes ailes et aurait retrouvé son chemin.

Le château de Berne est certes vaste, mais il reste difficile de s’y perdre vraiment. Sauf, bien sûr, à s’élancer sur les sentiers pédestres de son immense domaine, sans carte ni sens de l’orientation. Pour le citadin, rien ne ressemble plus à une forêt de chênes verts qu’une forêt de pins d’Alep, si ce n’est peut-être un carré de vignes planté en grenache et un autre en syrah, le tout déployé sur 1 000 hectares qui promettent de splendides balades.

 

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Rien qu’en voiture, il ne faut pas moins de 10 minutes pour franchir les quelque cinq kilomètres qui séparent l’entrée du domaine du château de Berne lui-même. Anthony Hopkins, qui est venu se prélasser ici trois semaines l’été dernier, ne s’y est pas trompé. Si les personnalités, même celles d’envergure internationale, peuvent compter sur un refuge sûr, nul besoin cependant d’être célèbre pour envisager de séjourner à Berne !

Une histoire ancestrale

Mais nous nous égarons ! Posons des jalons et reprenons depuis le début. En leur temps, c’est-à- dire vers 200 ans avant J.-C., les Romains faisaient transiter une de leurs voies par ce territoire : la Via Aurelia. Le domaine conserve de leur époque un four destiné à la cuisson d’amphores. À l’époque, même si on était sans doute loin des 750 000 bouteilles qui sortent chaque année des caves du château, la logistique relative au transport du vin préoccupait.

Plus tard, au Moyen Âge, ce sont les moines cisterciens, grands vignerons devant l’éternel et amateurs de sites d’exception, qui s’employèrent à développer ici le travail de la vigne, en bio déjà, cela va de soi. Raymond V, comte de Toulouse, en avait fait don à Bernard de Clairvaux, dont le diminutif « Berne » est devenu le nom de la propriété.

 

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Au XVIIIe siècle, alors que se poursuivent ces activités viticoles et qu’apparaît en prime une tradition d’hospitalité sous la forme de grandes fêtes, l’édifice actuel sort de terre. Berne, on l’aura compris, ne s’est pas fait en un jour. De quoi offrir à l’hôtel cinq étoiles Relais & Châteaux qu’il est devenu un lustre subtil, et brillamment intemporel.

Un moment hors du temps

De fait, luxe et standing n’accordent ici que peu de concessions aux modes et autres tendances. Pas d’armoires en cannage ou de têtes de lit tapissées dans les 34 chambres de l’établissement, pas plus que de robinetterie noire ou de carrelage graphique dans leur salle de bains ! Pas de palettes de verts ou de bruns déployées partout, mais un subtil camaïeu de couleurs neutres qui n’aurait pas choqué durant la dernière décennie et devrait satisfaire aux exigences de la prochaine.

 

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Offrir une parenthèse loin du monde, de ses folies et de ses tumultes, implique de ne pas y céder. Et ce qui aurait pu apparaître comme un oubli, l’absence par exemple de miroir grossissant dans la salle de bains ou d’enceinte Bluetooth dans la chambre, se révèle au contraire un parti pris audacieux et salutaire. On ne vient pas à Berne pour écouter de la musique ou se prélasser dans une chambre déco, mais pour profiter d’un écrin qui n’a guère changé depuis l’époque où les Romains le traversaient.

Pléthore d’activités

Le luxe à Berne se situe d’abord dans le sublime cadre naturel donc, mais pas seulement. Avec un peu plus de 140 salariés dévolus à sa clientèle, l’hôtel offre un niveau de service comme seules les grandes maisons savent le faire, de celles où les désirs se matérialisent comme par magie et où la perspective de ne rien faire rivalise avec une offre alléchante d’activités. Piscines, tennis, potager, école de cuisine, promenades à pied ou à vélo, yoga dans les vignes, spa avec hammam, sauna et cabines de soin, découverte du chai, baignade en rivière… Une semaine suffit difficilement à épuiser les promesses du domaine.

 

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Une générosité que l’on retrouve à l’heure de se mettre à table, avec trois restaurants, dont l’un, Le Jardin de Berne, est étoilé au Guide Michelin. « J’essaie de faire aussi bien que la nature, si possible mieux, mais, généralement, c’est là où ça se complique », confesse son chef Louis Rameau avec une audace qui pourrait paraître folle au regard du paysage environnant, mais dont on se réjouit en découvrant le contenu de ses assiettes.

Sur sa carte d’automne, le chef décline une ode à la Provence qui fait frémir de bonheur les papilles. Au moment de partir, à la jeune femme qui s’inquiète de savoir si notre séjour s’est bien déroulé, on ne peut s’empêcher de demander si la question est de pure politesse ou si d’aucuns trouvent vraiment à se plaindre… N’est pas Anthony Hopkins qui veut.


Château de Berne, Chemin des Imberts, 83780 Flayosc. Tél. : 04 94 60 43 60. chateauberne.com

Lire aussi : Terre Blanche, la Provence côté nature

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