Vie Politique, le bleu passe au vert

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Vie Politique, le bleu passe au vert

Puisque changer le monde est forcément une question politique, nous nous sommes tournés vers Agnès Evren, députée au Parlement européen, conseillère du XVe arrondissement et présidente de la fédération parisienne des Républicains. Elle incarne cette nouvelle génération de personnes qui s’engagent pour le bien de tous. Rencontre.

 

Quelles sont très concrètement les trois mesures que vous défendez pour que l’Europe protège mieux notre environnement ?

Sur la question écologique, l’Union européenne doit être en pointe. Aussi, nous défendons bien davantage que trois mesures. Mais notre proposition phare, s’il fallait n’en détailler qu’une, c’est l’instauration d’une véritable « barrière écologique » grâce à la création de droits de douane antipollution. L’idée est de taxer les émissions de carbone liées à la production et au transport des produits importés. Car l’UE n’a pas vocation à laisser entrer sur son territoire des produits venant de pays qui ne respectent pas les normes que nous imposons à nos industriels et nos agriculteurs. Face à la mondialisation débridée, il est urgent que l’Europe se dote d’outils de protection pour préserver non seulement notre modèle social et environnemental, mais également nos forces vives créatrices d’emplois et de richesse. Mais nous défendons également la mise en œuvre d’un grand plan européen pour le climat, qui favoriserait notamment les prêts à taux zéro de la Banque européenne d’investissement. Ce plan doit permettre de soutenir le développement des énergies renouvelables pour sortir progressivement des énergies carbonées, et il doit aussi permettre de renforcer l’efficacité énergétique des bâtiments et des industries, de promouvoir l’économie circulaire ou encore d’encourager les moyens de transport moins polluants et les nouvelles technologies propres. Nous voulons aussi mettre en place une stratégie plastique très ambitieuse, pour aller encore plus loin que ce qui a déjà été fait. Il faut limiter au strict nécessaire l’utilisation du plastique dans les emballages. Il faut systématiser les modes de collecte et de recyclage en les rendant plus simples et donc plus efficaces. Les propositions ne manquent pas. Ce que nous défendons, c’est une écologie pragmatique.

Que doit-on changer rapidement pour que notre agriculture réponde mieux aux nouveaux besoins des consommateurs en matière de « made in France » et de circuits courts ?

L’agriculture française est sans doute la plus ambitieuse à l’échelle de l’Europe en matière de qualité des produits. Nos producteurs se battent pour préserver cette excellence. Mais face aux productions étrangères, qui sont de plus en plus compétitives, cela ne suffit plus. Favoriser les circuits courts dans nos territoires et adapter notre agriculture à ces nouveaux modes de consommation est bien sûr une réponse. Mais elle ne peut être la seule. Encourager le « made in France », notamment dans les cantines scolaires, est une idée à laquelle j’adhère entièrement. En revanche, je suis persuadée qu’imposer un localisme autoritaire serait dévastateur pour notre agriculture fortement exportatrice. Nous devons surtout avoir une vision globale. Parce qu’elle est exportatrice, nous avons besoin de promouvoir notre agriculture française en Europe et dans le monde. Pour cela, il faut absolument sanctuariser le budget de la PAC. Ce dernier a bien trop diminué ces dernières années. Cessons aussi d’importer des produits qui ne respectent pas nos normes et défendons fermement nos intérêts agricoles dans les négociations commerciales. Dotons l’Europe de mécanismes de prévention et de gestion des crises agricoles. Investissons massivement pour le renouvellement et la modernisation des exploitations. En un mot, soyons plus que jamais derrière nos agriculteurs, qui n’ont qu’une ambition : assurer la qualité de notre alimentation.

Comment imaginez-vous les nouvelles mobilités ? Sur le plan européen et au regard de l’agglomération parisienne ?

Nous sommes au seuil d’une profonde révolution des transports. Il est indispensable de prendre ce virage sans délai. D’abord parce que la mobilité est au cœur des préoccupations quotidiennes des citoyens, qu’ils habitent de grandes agglomérations, comme Paris que vous citez, de plus petites villes ou encore des zones rurales. Mais c’est aussi parce que la lutte contre le réchauffement climatique est aujourd’hui une priorité absolue que nous devons sans attendre nous tourner vers les mobilités d’avenir, majoritairement « zéro carbone ».  En la matière, les initiatives et les innovations sont nombreuses. Il s’agit de les accompagner et de les encourager. Selon moi, l’Union européenne doit contribuer au financement des projets d’équipement des territoires, comme des stations de ravitaillement en hydrogène ou des bornes électriques. Il faut aussi qu’elle soutienne la recherche et l’innovation : pour l’autonomie des véhicules, pour la longévité des batteries, pour l’optimisation des véhicules propres, etc.

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