Whisky, la « French touch » a de l’avenir

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Whisky, la « French touch » a de l’avenir

Plus de cinquante distilleries sont recensées sur le territoire français, soit davantage qu’en Irlande… Retour sur un phénomène qui n’est pas près de se tarir.

 

Deuxième consommatrice de whisky au monde avec 200 millions de bouteilles par an, la France part également à la conquête du monde côté production.Plus de cinquante distilleries sont aujourd’hui recensées dans l’Hexagone, contre cinq en 2004. La grande majorité des distillats produits sont des single malts (issus d’une seule distillerie, NDLR) et, depuis 2017, un décret stipule que « pour être vendus en France, les single malts doivent être distillés à 100 % à partir d’orge et vieillis pendant trois ans ».
Des règles qui rappellent furieusement celles de l’Écosse, premier fournisseur des amateurs français.

Dans cet exercice, la Bretagne fait figure de pionnière avec la distillerie Warenghem, d’où est sorti en 1983 le premier whisky entièrement produit en France. La Lorraine lui emboîte le pas avec la distillerie Rozelieures, située dans le village du même nom. Depuis, ces deux régions ont fait des émules un peu partout, des Alpes (Domaine des Hautes Glaces) à la Gironde (Moon Harbour) en passant par la capitale avec la Distillerie de Paris. Il faut dire que la France ne manque pas d’atouts, entre une vieille tradition céréalière et un savoir-faire avéré en matière de distillation (à Cognac, en Armagnac ou en Alsace).

Depuis quelques années, la qualité du whisky « made in France » est unanimement reconnue à l’étranger, même si elle reste confidentielle à l’aune des ventes mondiales. La Fédération du Whisky de France table néanmoins sur une production de deux millions de bouteilles en 2020 et cinq millions en 2025. Surtout, créativité et excellence deviennent les mots d’ordre de marques qui s’ancrent sérieusement dans le paysage. En témoignent Bellevoye et Alfred Giraud. Bellevoye propose des triples malts (un assemblage de trois whiskys), le dernier étant affiné en fût de vieille prune. « Ce nouveau goût séduit une nouvelle génération d’amateurs de whisky, ceux qui aiment les eaux-de-vie japonaises notamment », souligne Alexandre Sirech, l’un des fondateurs. Quant à la marque Alfred Giraud, Philippe Giraud, descendant d’une illustre lignée cognaçaise, vient de commercialiser ses deux premières cuvées, Héritage et Harmonie. Elles se distinguent par un finish exceptionnel, soit trois passages en fûts : de chêne neuf français, de chêne blanc américain et en très vieilles barriques de cognac. Une production limitée et chère (130 et 160 euros) pour ce qui ressemble bien au premier whisky français de luxe. Notre Macallan, en quelque sorte.

Fédération du Whisky de France, 140, avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris. whiskydefrance.fr

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