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Alysson Paradis de retour sur les planches

À l’affiche de la pièce Un tramway nommé Désir, le chef-d’œuvre de Tennessee Williams au théâtre des Bouffes Parisiens, la petite sœur de Vanessa Paradis incarne le personnage de Stella, qui, sous l’œil désapprobateur de son mari, voit Blanche, une héritière ruinée, s’installer dans son foyer. Place à un huis clos vertigineux…

Olivia de Buhren

Racontez-nous Un tramway nommé Désir…

C’est une œuvre emblématique de Tennessee Williams, l’histoire se situe dans une petite ville de la Nouvelle- Orléans où vivent très modestement Stella et Stanley Kowalski, un ouvrier viril et brutal. Il fait très chaud, ils ont peu d’argent. Un soir, débarque Blanche, la sœur de Stella. À partir de ce moment, les choses vont sérieusement se compliquer…

Le personnage de Stella vous a-t-il donné du « pain sur la planche » ?

La pièce ayant été écrite dans les années 1950, la metteuse en scène Pauline Susini a voulu la moderniser. Les sujets abordés sont toujours d’actualité, en particulier celui de la violence masculine, mais il fallait les remettre dans un contexte plus actuel. J’ai dû me mettre dans la peau d’une femme d’hier tout en parlant à des femmes d’aujourd’hui. Les réflexions n’étaient pas les mêmes, mais les injustices, elles, étaient égales.

Un moment particulier dans la pièce où vous n’y êtes pas allée « avec le dos de la cuillère » ?

Je dirai toute la pièce. Il y a onze scènes, mais elles sont toutes très intenses. La particularité de Tennessee Williams, c’est qu’il écrit chaque scène avec la même puissance. Il y a une séquence emblématique dans laquelle Marlon Brando, qui jouait Stanley Kowalski à l’écran, se met à hurler. Elle se trouve aussi dans notre adaptation, mais de façon plus poétique.

La dernière fois que vous avez professionnellement « raconté des salades », c’était à quel sujet ?

J’ai tendance à raconter des salades concernant les plannings… Je dis oui à tout. Parfois, ça me joue des tours…

De quel « pain » ne mangerez-vous plus jamais dans votre métier ?

L’humiliation dans des promos, des castings… J’ai subi de la maltraitance, comme beaucoup de femmes. Je me suis fait humilier à plusieurs reprises sur des tournages. Mais ce qui a changé, aujourd’hui, c’est ma façon de gérer ces moments. Je ne réagis plus de la même façon. Je dis ce que j’ai à dire et je pars.

Un moment culturel dont vous n’avez « pas perdu une miette » ?

L’exposition de Sophie Calle au musée Picasso. J’ai adoré. Il n’y a pas un millimètre de ma peau qui n’a pas frissonné. J’ai aimé, ri et pleuré. Une très belle exposition dont j’ai apprécié l’humour, et aussi la complexité.

Jusqu’où iriez-vous pour « faire bouillir la marmite » ?

Je n’ai aucun ego là-dessus. Je ferais tout pour ma famille. D’ailleurs, sur un tournage, tout le monde a son importance : le gars qui fait le café, celui qui s’occupe de la lumière… Tous les maillons d’un spectacle sont essentiels pour faire avancer la machine. Chacun est utile et personne n’est mieux que son voisin.

À quelle occasion avez-vous « bu du petit lait » récemment ?

Professionnellement, j’ai eu un coup de cœur pour Noémie Saglio. Elle m’a proposé de tourner une série sur Netflix, Burn(es) Out, avec Manu Payet et Olga Kurylenko. Je suis très contente.

La dernière fois que vous avez eu du mal à « tenir votre langue », à quel propos était-ce ?

C’est prétentieux de dire cela, mais je suis une tombe. Je ne dis jamais rien sur les secrets des uns et des autres. La parole donnée a une grande valeur pour moi. Je dirai que le seul moment où je parle, c’est dans le cas d’une situation à grand risque. Quand j’étais collégienne en province, j’ai été victime de harcèlement scolaire. Au moindre sujet autour de mes enfants, j’interviens.

Que faites-vous pour aller mieux lorsque vous n’êtes pas « dans votre assiette » ?

Du sport. Je suis les cours en ligne de Pilates et de barre au sol dispensés par Julie Pujols-Benoit.

La dernière fois que vous avez « pleuré comme une madeleine » ?

Il n’y a pas longtemps, quand j’ai eu une dure journée et que j’en ai oublié la sortie scolaire de mon fils. J’étais effondrée. J’ai souvent le sentiment de ne pas être assez présente pour mes petits.

Votre domaine d’activité est-il vraiment, comme on l’entend parfois, « un panier de crabes » ?

Non, je trouve que ça a changé. Avant oui, mais maintenant je ne le ressens plus. Les mentalités évoluent beaucoup.

Un tramway nommé Désir, pièce de Tennessee Williams mise en scène de Pauline Susini avec Cristiana Reali, Alysson Paradis, Nicolas Avinée et Lionel Abelanski au théâtre des Bouffes Parisiens. bouffesparisiens.com


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Photo de Une : Alysson Paradis

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