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Eva Green, sublime maléfique en Milady

Vue chez Tim Burton (Dark Shadows, Miss Peregrine, Dumbo) ou dans Casino Royale, l’actrice française campe, dans le second volet des Trois Mousquetaires de Martin Bourboulon, une Milady de Winter vénéneuse, âme damnée du cardinal de Richelieu. Rencontre avec une comédienne qui respire le mystère.

Olivia de Buhren

Milady est-elle le personnage le plus maléfique que vous ayez incarné ?

Non, celui de femme fatale dans Sin City : J’ai tué pour elle était bien pire que cela ! Dans le film de Frank Miller et Robert Rodriguez, Ava Lord n’éprouvait aucun sentiment d’humanité, elle commettait le mal pour le mal alors que, avec Milady de Winter, on est dans une tout autre dimension. Le spectateur peut entrer dans son cœur et comprendre pourquoi elle agit ainsi.

Comment décririez-vous la personnalité de Milady ?

La Milady de Martin Bourboulon est assez différente de celle décrite par Alexandre Dumas. Dans le roman, le personnage apparaît presque comme une psychopathe. Dans le film, en revanche, on a travaillé la dimension de femme amoureuse mais maltraitée par la vie. Marquée au plus profond d’elle-même par une blessure de cœur, elle veut se venger des hommes, et ce sentiment de revanche impitoyable occupe une place énorme. À côté de cela, il y a aussi ce côté mystérieux particulièrement exacerbé chez elle. On ne sait pas où elle vit, ce qu’elle fait. Ce qui est sûr, c’est qu’elle se fiche des conventions, elle n’a besoin de personne. Sur ce point comme sur beaucoup d’autres, elle est en avance sur son temps.

Vous sentiez-vous à l’aise dans ce rôle ?

Oui, très à l’aise, même si j’ai toujours peur d’en faire un peu trop.

 

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Qu’est-ce que cela vous a inspiré de jouer Milady de Winter ?

Cela m’a fait penser aux grands personnages que j’interprétais dans mon école d’art dramatique. J’aimais beaucoup cela. Et puis, c’est un luxe pour un acteur de passer d’un rôle à un autre avec des univers radicalement différents. Là, j’ai appris à monter à cheval, j’ai livré des combats…

Justement, comment avez-vous géré les scènes à cheval ?

J’avoue que, au départ, monter à cheval ne me réjouissait pas vraiment… Et puis j’ai suivi quelques séances de coaching et cela m’a complètement libérée. J’ai réussi à tourner toutes les scènes équestres, ainsi que les scènes de combat. D’ailleurs, le fait de m’entraîner avec une épée a sans doute été ce que j’ai le plus aimé. Je trouve cela très jubilatoire.

Avez-vous une anecdote à nous raconter ?

Le fameux combat avec d’Artagnan, avec le feu tout autour de nous, est l’un des clous du film et l’un des moments les plus forts à tourner. Bien sûr, il y avait des pompiers et des équipes de spécialistes qui nous encadraient, mais ça restait très impressionnant.

Où puise-t-elle cette force presque démoniaque ?

Milady affiche deux visages différents. Au départ, c’était une femme heureuse. Et puis elle a été déçue, et cette blessure l’a fondamentalement changée. Sa nouvelle personnalité, c’est celle de cette femme que l’on appelle Milady de Winter et qui se nomme en réalité Anne de Breuil. J’espère que le public se mettra un peu de son côté et la verra sous un autre œil que celui de la méchante. Il faut comprendre son passé et sa souffrance.

Comment vous êtes-vous imprégnée du rôle ?

J’avais découvert le roman à l’école quand j’avais 10 ans. À la lecture du scénario, j’ai repéré des libertés par rapport au personnage de Dumas. J’ai aimé qu’il y ait plus de complexité et de noirceur. Je me suis dit que je pourrais donner à voir une Milady différente, une sorte de nouvelle version, plus moderne.

 

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Dans Les Trois Mousquetaires : Milady, vous êtes le personnage principal, mais finalement vous semblez très seule ?

Oui, Milady de Winter demeure toujours un peu cachée dans l’ombre. J’aime beaucoup cette scène où elle rentre chez elle, seule, et qu’elle retire sa perruque. Je pense que Milady n’a pas d’amis. L’unique homme qu’elle respecte, c’est le cardinal qui lui fournit l’occasion de donner libre cours à sa vengeance.

Avez-vous un rôle que vous rêveriez d’interpréter ?

Un personnage historique comme Cléopâtre. Ou encore un rôle grandiose, plus grand que la vie.

Et quels sont ceux que vous refuseriez de jouer ?

Le rôle cliché de la fille jolie mais un peu bête.

Y aura-t-il une suite aux Trois Mousquetaires : Milady ?

Nous aimerions, bien entendu… Ça dépendra du succès de ce volet-ci. On croise les doigts.

Les Trois Mousquetaires : Milady de Martin Bourboulon avec Eva Green, François Civil, Vincent Cassel, Romain Duris. En salle le 13 décembre.


Lire aussi : Mélanie Bernier : « J’aime jouer les méchantes, c’est jubilatoire ! »


Photo de Une : © Julien Panie

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