Exposition camille Claudel

Exposition : Camille Claudel et ses sœurs de glaise

On connaît la légende Camille Claudel, on connaît moins celles qui ont partagé son atelier, ses rêves et ses galères. L’exposition itinérante « Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris », qui se lance le 13 septembre au musée éponyme à Nogent-sur-Seine, remet les pendules à l’heure.

Lola Bondu

Paris, années 1880 : Camille Claudel débarque à 16 ans dans une capitale bouillonnante. Elle n’est pas seule à modeler l’argile et à rêver de bronze : autour d’elle, une constellation de sculptrices prend place dans l’histoire, malgré un système encore verrouillé par les hommes et des ateliers qui coûtent un bras (sans mauvais jeu de mots). L’exposition présentée au musée Camille Claudel à partir de septembre réunit près de 90 pièces venues de France et d’ailleurs : sculptures, portraits, photos d’atelier et correspondances qui racontent ces trajectoires collectives.

Charlotte Besnard, Marie Cazin, Jessie Lipscomb, Agnès de Frumerie… leurs noms n’ont pas (encore) la même aura que celui de Camille Claudel, mais leurs œuvres résonnent avec force. Certaines étaient ses amies, d’autres ses rivales, toutes ont dû ruser pour trouver leur place. On les voit se former à l’Académie Colarossi, partager des ateliers rue Notre-Dame-des-Champs, bosser dans l’ombre de Rodin avant de tenter l’émancipation. Bref, toute une bande de femmes artistes qui sculptaient autant leur carrière que leur liberté.

L’exposition Camille Claudel en itinérance

Si l’exposition s’ouvre à Nogent-sur-Seine ce 13 septembre, elle a des airs de tournée : elle posera ses valises ensuite à Tours, puis à Pont-Aven. Chaque étape remet en lumière ce pan oublié de l’histoire de l’art, trop longtemps réduit au mythe de l’artiste maudite. Car Camille Claudel, si géniale soit-elle, n’était pas une météorite isolée. Elle s’inscrivait dans un réseau vibrant, une vraie scène féminine prête à défier les codes esthétiques et sociaux de la Belle Époque.

Et si le public redécouvre aujourd’hui cette effervescence, c’est grâce à une génération de chercheuses et de commissaires qui refusent d’enterrer ces parcours. Camille Claudel en tête, mais entourée, cette fois-ci, de toutes ses consœurs de glaise. Et ça change tout : soudain, l’histoire de la sculpture devient une histoire de sororité.

Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris, du 13 septembre 2025 au 4 janvier 2026 au Musée Camille Claudel, 10 rue Gustave Flaubert, 10400 Nogent-sur-Seine, puis du 31 janvier au 1er juin au Musée des Beaux-Arts de Tours, 18 place François Sicard, 37000 Tours, et du 27 juin au 8 novembre 2026 au Musée de Pont-Aven, place Julia, 29930 Pont-Aven. Plus d’informations sur museecamilleclaudel.fr


Lire aussi : Sur les pas de Gauguin à Pont-Aven


Photo de Une : Musée Camille Claudel

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