L’homme et son point P

Chaque mois, le professeur Goldsechs aborde un pan de la sexualité. Nouvelles tendances, pratiques inconnues, expériences étonnantes : tout est bon pour se libérer de ses mauvaises habitudes érotiques.

 

Professeur Goldsechs

La scène se déroule salle Pleyel à Paris l’hiver prochain. Ce soir-là, le gratin du cinéma est réuni pour la soirée des César 2020. Après avoir décacheté l’enveloppe, François Civil, nouveau physique de jeune premier du cinéma français, annonce d’une voix solennelle : « Le César du meilleur second rôle est attribué à… la prostate d’André Dussollier dans Tanguy, le retour ! » Tonnerre d’applaudissements de l’assemblée. Faut-il en rire ou en pleurer ? La prostate, cet organe magique masculin (quand tout va bien), est au mieux un sujet de plaisanterie un peu embarrassant (dans Tanguy, le retour, un Dussollier vieillissant est obligé de s’arrêter pour faire son micro-pipi toutes les dix minutes), au pire, le signe que la grande faucheuse approche – les cancers de la prostate fatals à Gary Cooper, François Mitterrand, Lemmy Kilmister (Motörhead), Giovanni Agnelli, on en passe. Et pourtant…

Pas plus grosse qu’une châtaigne, cette glande est située devant le rectum, sous la vessie, et entoure l’urètre, le canal qui permet à l’urine de s’écouler. D’accord avec vous : on nage en plein érotisme. Mais ne nous fions (hum…) pas aux apparences. La prostate, fondamentale dans le système reproducteur de l’homme, est surtout un extraordinaire démultiplicateur du plaisir. Et le plaisir, tout le monde dit oui. Ou presque.

Car pour toucher le point P masculin (la prostate, donc), soit l’équivalent du point G féminin (point de Gräfenberg), il faut s’approcher du point A (on ne vous fait pas un dessin), et c’est là que le bât blesse. Faites l’expérience et lancez une discussion sur le sexe entre mâles : ça sourit en coin au début, ça jacte très vite d’anatomie féminine – le cul de la femme est plus attirant que ses yeux, sa grâce et son cerveau, pour ceux qui en doutaient encore – et puis, très vite, ça envoie de l’anecdote graveleuse – mots-clés : « couilles », « bite », « chatte » – qui appelle des rires gras comme des pots de rillettes Bordeau Chesnel.

Vous voulez jeter un coup de froid sur cette assemblée pleine de testostérone et d’assurance ? Sortez la phrase magique : « Et que diriez-vous à propos de votre anus, les gars ? » Le groupe, aussi soudé qu’un pack de mêlée en train de faire plier l’équipe adverse, s’éparpille alors comme une volée de moineaux inoffensifs. Sujet trop touchy (même si on n’a pas le droit d’y toucher), trop intime, pas assez hétéro.

En 1981, la théorisation du fameux point G de la femme par les chercheurs Addiego et Beverly Whipple souleva des concerts de protestation. Le plaisir pouvait être différent de tout ce que l’on avait pu raconter jusqu’ici (et nos grands-mères s’étaient bien gardées de nous en faire part) ! Quarante plus tard, plus rien : parler du réchauffement climatique est autrement plus transgressif que philosopher sur ce fameux point G. Ce cheminement sera-t-il le même pour le point P ?

Sur Doctissimo, le docteur Pierre Desvaux, l’Elvis Presley de l’andrologie, explique qu’en écoutant les confidences de ses patients qui ont testé le massage prostatique, tous lui ont parlé « d’un orgasme différent de d’habitude, plus diffus, plus viscéral et profond. » Avant d’ajouter : « Quand on stimule la prostate, on doit traverser la zone du sphincter anal, particulièrement innervé et musclé. » D’où cette expérience sexuelle comparable à l’accélération d’un dragster, là où l’homme a l’habitude de la jouer route nationale en respectant les 80 kilomètres/heure réglementaires. Mais attention : comme tout écart de conduite, il y a un prix à payer : « Les images et la symbolique qui y sont associées – homosexualité, soumission – sont souvent un frein à ces pratiques », ajoute le même Desvaux. Libérer ses pratiques sexuelles du poids de millénaires machistes ? La conquête du corps masculin a encore bien des épisodes devant lui.

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