Liu Bolin ou l’art d’être invisible

L’artiste chinois Liu Bolin manie à merveille les techniques de camouflage. Il se fond dans le paysage tout en dénonçant les travers de la société.

 

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Où est Liu Bolin ? À première vue, ce rayon de supermarché très coloré semble banal. C’est en s’attardant un peu plus que l’on remarque l’anomalie : caché dans l’image, l’artiste chinois agit à la manière de Où est Charlie ?, ce célèbre livre-jeu où le lecteur doit réussir à retrouver un personnage à l’intérieur d’un dessin. Le photographe et performeur, adepte de l’escamotage, disparaît dans des paysages urbains. Une façon de dépeindre l’individu gommé par l’ampleur d’un phénomène collectif ou social.

Entré par la grande porte via la sculpture, Liu Bolin s’est lancé dans le camouflage en 2005. Sa première série de photos s’intéressait à l’expropriation et la démolition de maisons traditionnelles dans la banlieue de Pékin, en vue des Jeux olympiques de 2008. Dans Hiding in the City n° 2 , l’artiste disparaissait dans les ruines de son atelier, qui avait subi le même sort. Il exprimait ainsi son impuissance et son mutisme forcé devant la modernisation radicale de la capitale chinoise.

Jusqu’à 2008, les œuvres de Liu Bolin ont ainsi été marquées par des sujets politiques et sociaux, comme une autre série de photos devant des slogans de propagande du Parti communiste chinois. À 45 ans, celui que l’on appelle « l’ homme invisible » s’attache aujourd’hui à dénoncer la surconsommation, l’exploitation des ressources ou encore les excès de la finance, dans son pays natal comme partout à travers le monde.

Expo « Hiding in the City » à la galerie Paris-Beijing, 62, rue de Turbigo, 75003 Paris. Tél. : 01 42 74 32 36. galerieparisbeijing.com

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Carte blanche chez Ruinart

La Maison Ruinart a demandé à Liu Bolin de mettre à l’honneur la célèbre marque de champagne. Ce faisant, l’artiste chinois met ses pas dans ceux du sculpteur espagnol Jaume Plensa, du designer hollandais Maarten Baas, du peintre israélien Gideon Rubin ou encore du premier collaborateur de la marque, le graphiste tchèque Alfons Mucha. Son art du camouflage se fond à merveille dans l’univers « Ruinart ». C’est vert, c’est feuillu… Mais où est Liu Bolin dans ce champ de vigne ? À vous de le dénicher !

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Le backstage du shooting.

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