Macán, un (vrai) château en Espagne

Créée par Edmond de Rothschild et Pablo Álvarez, le propriétaire du mythique Vega Sicilia, cette bodega produit des vins d’une finesse peu courante dans La Rioja. Décryptage d’un succès.

 

Jean-Pierre Saccani

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Il est 8h30 en ce beau matin d’automne. Le ciel est dégagé, l’horizon aussi, les derniers contreforts de la chaîne des Pyrénées se détachent au loin. Nous sommes dans La Rioja, au cœur d’un vignoble de 92 hectares dont la particularité est d’être disséminé sur 170 parcelles. Toutes sont plantées en cépage tempranillo sur des ceps âgés de 49 ans en moyenne. Chez Macán, les vendanges viennent de démarrer après un été chaud. Le fait que les parcelles ne soient pas d’un seul tenant constitue une difficulté supplémentaire pour Gonzalo Iturriaga de Juan, le directeur technique maison. « Je suis l’œnologue le plus heureux d’Espagne », confie-t-il néanmoins en inspectant ses vignes afin de vérifier la maturité des raisins. On ne peut qu’acquiescer : cet ingénieur agronome formé à Montpellier signe également les vins de Vega Sicilia, la prestigieuse bodega espagnole de Pablo Álvarez, qui rivalise avec les plus grandes propriétés du monde…

Des flacons qui font rêver

Pourquoi cette double fonction ? Macán a tout simplement été porté sur les fonts baptismaux en 2004 grâce à une joint venture entre Tempos Vega Sicilia et la Compagnie Viticole Baron Edmond de Rothschild. Non sans tribulations. Le rachat des vignes s’est ainsi fait dans le plus grand secret, sous un faux-nez, pour ne pas entraîner une flambée irrationnelle des prix. Il faudra cinq ans pour évaluer et constituer le terroir. Et c’est en 2009 que sort le premier millésime de Macán et de Macán Clásico, deux vins dont l’ambition est de s’afficher aux côtés des plus grands. Pour y parvenir, une bodega a été construite, postée sur un relief de la Sierra Cantabria. Une prouesse architecturale, opérationnelle depuis juillet 2016, et un outil de production extraordinaire, comme en témoignent les 45 cuves bois et inox destinées à accueillir la vendange ou les barriques d’élevage drastiquement sélectionnées. Voilà pour la partie émergée de l’iceberg, le talent des hommes faisant le reste.

Côté technique, tous les raisins sont vendangés manuellement sur un terroir cultivé sans herbicide. Après refroidissement des baies pendant 24 heures, seulement 40 % de la vendange sont retenus. Ce qui explique des productions relativement faibles, même si elles vont en augmentant (41 619 bouteilles de Macán en 2009 pour 80 000 en 2015). Cette hausse est à même de réjouir les nombreux amateurs qui s’inscrivent chaque année sur les listes d’attente afin d’obtenir une allocation* de Macán. En quelques millésimes à peine, la bodega Benjamin de Rothschild & Vega Sicilia a rejoint le monde des flacons qui font rêver. Et ce n’est pas du marketing, juste la magie du vin.

* Seul le marché français peut commander des bouteilles directement sur le site edmondderothschildheritage.com

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Macán

Puissant, fin et élégant. Élevé en barrique de chêne français et en foudre pendant 16 à 18 mois. Repose ensuite en bouteille pendant deux à trois ans avant la mise sur le marché. Durée de garde de 15 à 20 ans.

Millésime 2012, environ 75 €.

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Macán Clásico

Un second vin fruité et tout en fraîcheur. Élevé en barrique de chêne français puis de chêne américain de Vega Sicilia. Repose en bouteille plus de 18 mois. Potentiel de garde : 10 à 15 ans.

Millésime 2014, environ 40 €.

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Un pied dans les affaires, l’autre dans la terre

Les Rothschild et le vin ? C’est une vieille histoire. Il était une fois l’homme d’affaires Mayer Amschel Rothschild (1744-1812). Il a cinq fils parmi lesquels Nathan et James. Le fils de Nathan, Nathaniel, achète Mouton Rothschild en 1853, tandis que James acquiert Lafite Rothschild en 1868. Aujourd’hui, si ces deux premiers grands crus classés restent naturellement dans le giron familial, la galaxie viticole des Rothschild s’est considérablement élargie grâce à l’arrière-petit-fils de James, Edmond (1926-1997), qui racheta de son vivant deux châteaux bordelais : Clarke et Malmaison. Désormais, c’est son fils Benjamin qui a repris le flambeau – et de la plus belle des manières ! – en compagnie de son épouse Ariane, qui dirige le conseil d’administration d’Edmond de Rothschild Heritage. À leur actif, des domaines français (Clarke, Malmaison, Les Laurets) et étrangers (Bodega Flechas de los Andes en Argentine, Rupert & Rothschild Vignerons en Afrique du Sud, Rimapere en Nouvelle-Zélande et Macán en Espagne). Sans oublier les champagnes Barons de Rothschild à Reims ou encore une ferme en Seine-et-Marne, qui produit un brie de Meaux d’une qualité renversante.

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