1. Héritages, en toute discrétion
Dans ce discret recoin du 8e arrondissement, l’ex-Maison Ruggieri a cédé la place à Héritages. Le passé du premier pouvait donner un indice sur l’avenir du second, qui figure parmi les nouveaux restaurants étoilés 2026 à Paris. À l’intérieur, cinq tables, pas une de plus, pour une atmosphère feutrée qui rappelle davantage un salon de palace qu’une salle de restaurant. Derrière le projet, Arthur Dubois (celui de la Maison Dubois) et une équipe dynamique qui incarne une certaine idée de l’exclusivité tranquille. La cuisine, fraîche et résolument moderne, est centrée sur les beaux produits, tout en restant généreuse. Elle se dévoile à travers un menu Signature en cinq temps, midi et soir, servi avec l’attention que l’on réserve aux grandes occasions.
Carte : environ 130 €
Héritages, 11 rue Treilhard, 75008 Paris. heritagesparis.fr
2. La renaissance de Jin
Déjà étoilé auparavant, le changement de main n’empêche pas Jin de retrouver de sa superbe. Cette adresse, parmi les nouveaux restaurants étoilés 2026 à Paris, n’a jamais vraiment cherché à se faire connaître : c’est en partie ce qui en a fait la table japonaise préférée des connaisseurs. Une dizaine de privilégiés tout au plus prennent place au comptoir, face aux chefs Satoshi Kobatashi et Akifumi Hara, qui composent un omakase d’une précision redoutable. Les poissons, en provenance de Bretagne ou d’Espagne, sont maturés pour être servis au moment exact de leur plein potentiel.
Carte : menu omakase à 230 €
Jin, 6 rue de la Sourdière, 75001 Paris. @jin.sainthonore sur Instagram.
3. Monsieur Dior, la nouvelle table de Yannick Alléno étoilée
Que ferait Christian Dior s’il devait imaginer un restaurant aujourd’hui ? La question, posée par Yannick Alléno au moment d’ouvrir Monsieur Dior, n’a rien d’un exercice de style. Elle est le fil directeur d’une carte pensée comme une collection : formes, textures, compositions en dialogue avec les archives de la Maison. Installé au 30 Montaigne, là où tout a commencé en 1946, le restaurant incarne une idée très Dior de l’art de vivre à table. L’étoile est tombée après seulement sept mois d’ouverture. Yannick Alléno, lui, en cumule désormais 18 au total, ce qui en fait l’un des deux chefs les plus étoilés au monde. Rien d’étonnant, au fond.
Carte : menu 4 services à 145 €, 5 services à 175 €
Monsieur Dior, 30 avenue Montaigne, 75008 Paris. dior.com
4. Prévelle, l’instinct comme seule boussole
Romain Méder fait de la cuisine d’instinct, une expression qu’il n’emploie pas à la légère. Avec son chef de cuisine Nicolas Parage, il compose des assiettes-photographies : des instantanés d’une saison, d’un produit, d’une intuition. Les légumes se cuisent comme des viandes rôties, dans la recherche des sucs. Les assaisonnements ont du nerf, les équilibres sont justes jusqu’au bout. En salle, Alexandre Montré, déjà aux côtés de Romain Méder au Domaine de Primard, assure avec la même précision bienveillante. Une étoile méritée, pour une table qui, elle, ne cherchait pas spécialement à la décrocher. On note l’accessibilité du menu déjeuner pour permettre de tester la table sans faire chauffer la carte bleue.
Carte : menu en 5 ou 7 temps à 145 € ou 165 € ; menu déjeuner en 2 ou 3 temps à 65 € ou 85 €
Prévelle, 34 rue Saint Dominique, 75007 Paris. prevelle.fr
5. Imperial Treasure, la cuisine chinoise au sommet
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Imperial Treasure, émanation française d’un groupe gastronomique singapourien qui rayonne de Londres à Tokyo, n’a pas attendu le Michelin pour s’imposer comme une référence. Le chef Yu Gang, originaire du Jiangxi, formé entre Suzhou et Shanghai, orchestre une carte impressionnante qui fait dialoguer tradition Huaiyang, spécialités cantonaises et pékinoises. Le canard laqué est devenu culte, les xiao long bao un passage obligé. La carte permet encore de choisir des plats accessibles, comme les nouilles ou le célèbre Mapo Tofu.
Carte : à partir de 65 €
Imperial Treasure, 44 rue de Bassano, 75008 Paris. imperialtreasure.com
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6. Pilgrim, le pèlerin japonais qui cuisine à la française
Il revient à Paris en bon pèlerin, le nom de la maison ne ment pas. Masaki Nagao a fait ses armes au Clarence, au Vantre, puis à Nîmes, où il a tenu deux ans les deux étoiles du Duende par Pierre Gagnaire. Le voilà de retour dans la capitale, aux commandes de Pilgrim depuis octobre 2025, avec une idée très précise de ce qu’il veut faire : une cuisine française moderne, guidée par la pleine saison, où les coquillages tiennent un rôle structurant. Crus, cuits, en consommé, ils traversent les assiettes comme un fil iodé, à l’image de la Saint-Jacques en sashimi avec poire et ricotta fumée, ou la composition végétale autour du navet relevée d’un consommé de coquillage.
Carte : menu déjeuner en 3 temps à 55 €, menus dîner en 4 temps à 75 € et en 7 temps à 130 €
Pilgrim, 8 rue Nicolas Charlet, 75015 Paris. pilgrimparis.com
7. Hanada, second omakase étoilé
Une façade noire, lisse, sans enseigne. Si vous ne savez pas ce qui se cache derrière, vous ne vous y arrêtez pas. C’est voulu… même si en figurant parmi les nouveaux restaurants étoilés 2026 à Paris, l’adresse ne sera plus réservée seulement aux initiés. Masayoshi Hanada, ancien de Sushi B, a conçu sa table de manière à ce qu’elle s’efface derrière le geste. Quelques convives seulement prennent place face au magnifique comptoir en hinoki, ce cyprès japonais aux reflets dorés, pendant que le chef compose en temps réel un omakase qui n’existe nulle part ailleurs : thon rouge méditerranéen, truite d’Auvergne, pêches bretonnes, grillades au binchōtan…
Carte : menu omakase à 350 €
Hanada, 15 quai Voltaire, 75007 Paris. sushihanada.com
8. Maison Ruggieri Palais Royal, le retour du chef sur la route des étoiles
Deux mois. C’est le temps qu’il a fallu à Martino Ruggieri pour décrocher un premier macaron dans sa nouvelle maison du Palais-Royal et figurer parmi les nouveaux restaurants étoilés 2026 à Paris. L’ancien chef exécutif du Pavillon Ledoyen, formé aux côtés d’Yannick Alléno et récompensé d’un Bocuse d’Or, n’est pas du genre à s’installer confortablement. Après les deux étoiles de la première Maison Ruggieri dans le 8e arrondissement, il a tout remis en jeu, avec une ambition affichée : viser les trois macarons. La carte donne le ton immédiatement : libellée en vers libres, elle convoque Mallarmé autant que l’instinct. « Blanche », « La mer ne console pas », « La délicatesse »… Dans l’assiette, les associations audacieuses, à l’image du duo oursin et foie gras, ou celui associant ris de veau et algue dulse, confirment que ce chef des Pouilles s’engage sur la route des étoiles.
Carte : environ 205 €
Maison Ruggieri Palais Royal, 111 Galerie de Valois, 75001 Paris. maisonruggieri.com
9. Zostera, quand Julien Dumas convoque l’océan
Le Pergolèse était une institution, Julien Dumas le savait. Il n’a pourtant pas cherché à en perpétuer l’ombre. Depuis le 17 mars 2025, Zostera (du nom de cette plante marine essentielle aux écosystèmes côtiers) tient ses quartiers dans le cadre sobre et élégant du 16e arrondissement. Le chef, passé par Lucas Carton puis le Saint James Paris, voue un culte à la mer et le prouve à chaque service. Omble chevalier au beurre et tanaisie, asperges confites dans la cire, Saint-Jacques dans leur plus noble simplicité : la technique est sans faille, les assaisonnements précis. Le menu déjeuner en 4 services est encore accessible, on y court tant qu’il est encore temps !
Carte : menu en 4 services (seulement pour le déjeuner) 55 €, en 7 services 135 €, en 9 services 185 €
Zostera, 40 rue Pergolèse, 75116 Paris, Paris. zostera.fr
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10. Geoélia, Camille Saint-M’leux de nouveau étoilé
Avant même d’obtenir l’étoile à la Villa9Trois à Montreuil, Camille Saint-M’leux avait déjà travaillé au Taillevent, au Shangri-La, au Cinq. À trente ans, son premier restaurant parisien s’appelle Geoélia, du nom du voilier de ses grands-parents, et il est à son image : élégant, lumineux, une salle aux lustres de Murano qui donne envie de rester. La Bretagne souffle sur chaque assiette : tourteau de casier et mayonnaise coraillée, lieu jaune de la criée de Roscoff, homard bleu en cocotte lutée. L’iode est partout, le végétal en contrepoint. Et pour les amateurs de terres fermes, le chevreuil rôti, le ris de veau, le bœuf jersiais au charbon séduisent tout autant.
Carte : menu en 5 services à 145 €, en 7 services à 180 €
Geoélia, 125 rue de la Tour, 75116 Paris. geoelia.com
11. Irwin, la récompense de l’humilité
Guy Savoy, Joël Robuchon, Alan Geaam : le CV d’Irwin Durand parle pour lui. Et pourtant, chez Irwin, pas de frime. Le chef a ouvert sa propre table comme on revient à la source : celle du goût, du geste, de cette émotion brute que les grandes maisons apprennent parfois à mettre sous cloche. Le restaurant porte son prénom mais rend hommage à Irma, la matriarche discrète. Le décor joue avec les ombres et révèle les assiettes comme des tableaux mouvants. Aux côtés du chef, la cheffe exécutive Camille Larquemin et la pâtissière Tessa Ponzo forment un trio précis. Une cuisine de saison, mouvante, entre technique contemporaine et mémoire affective.
Carte : menu en 3 services (seulement pour le déjeuner) à 75 €, menu en 5 services à 130 €, menu en 7 services à 175 €
Irwin, 22 rue Cambacérès, 75008 Paris. irwin.paris
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Photo de Une : Cérémonie du guide Michelin 2026 © Cédric Le Dantec



