Tessa Worley, la slalomeuse en mission commando

La pétillante slalomeuse est l’une des plus grandes chances de médailles tricolores. Avec son statut de sergent dans l’armée, elle peut s’appuyer sur sa préparation militaire et un mental à toute épreuve.

Hugo Mazeaud

Combien de temps pour faire votre valise avant les JO ?

Je mets à chaque fois un sacré moment parce que je ne veux rien oublier. J’ai envie d’être équipée pour toutes les situations possibles et me sentir à l’aise, où que je sois. Il faut faire de la chambre d’hôtel notre chez-nous. J’ai mon iPad, pour me détendre avec des films et des séries, et un tricot pour passer le temps. Quelques livres aussi. À côté de cela, je travaille également mon allemand. J’ai appris cette langue autrefois, à l’école, et j’aimerais la maîtriser davantage. C’est un petit plus que j’ai envie d’avoir en fin de carrière.

Vos stages dans l’armée vous aident-ils à avoir un esprit de guerrière lors des courses ?

Bien sûr, cela aide à avoir de l’assurance dans le sens où, lors des stages, avec des mises en situation, on est souvent confronté à des obstacles face auxquels on n’est pas forcément à l’aise. Ces stages ont lieu durant cinq jours, une fois par an, souvent en fin de saison. Ils nous sortent de notre zone de confort. Même si cela nous paraît compliqué, on arrive à surmonter plein de choses. J’en sors toujours avec davantage de confiance en moi.

En Corée, vous prendrez le temps de visiter ?

Cela m’étonnerait, je risque d’être tellement dans ma bulle… Si, à un moment donné, j’ai besoin de m’évader de la pression des Jeux, pourquoi pas. Cela peut être un très bon moyen, mais c’est tout de même très rare que je le fasse.

La présence de Kim Jong-un, cela ne vous inquiète pas ?

En tant que citoyenne, je vois bien ce qui se passe et tout cela paraît inquiétant. En tant qu’athlètes, nous sommes vraiment concentrés sur la compétition, donc nous « déléguons » ces considérations aux personnes qui sont là pour nous aider à gérer le stress. J’essaye de ne pas me mettre ces idées-là dans la tête. Mais, évidemment, nous avons tous conscience que le monde ne tourne pas dans le bon sens…

Le stress, cela sublime ou cela inhibe ?

C’est un savant mélange des deux. Il faut réussir à travailler cela. Je pense qu’on peut être acteur et faire basculer les choses d’un côté ou de l’autre. Il est possible de transformer ce stress en quelque chose de positif pour vivre un moment exceptionnel.

Votre plus grosse prime ?

Les victoires en Coupe du monde rapportent souvent 40 000 francs suisses (environ 35 000 euros), sans les impôts. Il y a quelques épreuves masculines un peu plus cotées, sinon c’est souvent les mêmes primes chez les hommes et chez les femmes. Mais ce n’est vraiment pas quelque chose qui m’intéresse (rires).

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