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« Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là », une immersion poétique dans la ville

Agnès Varda a arpenté Paris l’œil en alerte, capturant ses rues, ses visages et ses mystères. L’exposition Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là, du 9 avril au 24 août au musée Carnavalet, révèle entre photographie et cinéma l’amour inlassable de l’artiste pour la capitale.

Lola Bondu

Agnès Varda n’a jamais filmé la capitale comme les autres. Elle l’a scrutée, captée, collectionnée, transformée en personnage à part entière. L’exposition Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là au musée Carnavalet propose une plongée fascinante dans cette relation intime entre la ville et la cinéaste. Ici, on ne retrouve pas seulement la Varda cinéaste, mais aussi la photographe au regard affûté, l’amoureuse des ruelles et des visages qui les habitent.

Les 130 tirages exposés, souvent inédits, révèlent une Parisienne de cœur et d’image. De la cour-atelier de la rue Daguerre, véritable cocon créatif où elle vécut de 1951 à 2019, aux quartiers populaires immortalisés avec humour et tendresse, son objectif capte un Paris réel et fantasmé, loin des cartes postales figées.

Un Paris en mouvement entre fiction et documentaire

L’exposition ne se contente pas de montrer l’œuvre photographique de Varda : elle tisse un dialogue entre ses clichés et ses films. Cléo de 5 à 7 (1962) ouvre le bal avec une vision d’un Paris à la fois tangible et métaphorique, rythmé par les angoisses de son héroïne. Plus loin, L’Opéra-Mouffe (1958) plonge dans les rues du quartier Mouffetard, donnant à voir un Paris brut et poignant, à hauteur de passants.

 

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Les figures anonymes, souvent en marge, sont omniprésentes. Avec Daguerréotypes (1975), Varda transforme ses voisins commerçants en héros du quotidien. Son regard, à la fois bienveillant et affuté, capture un Paris vivant, fait de contrastes et d’histoires croisées. En filigrane, l’exposition esquisse un autoportrait de l’artiste, en perpétuel mouvement dans une ville qui l’a nourrie autant qu’elle l’a réinventée.

Du noir et blanc granuleux de ses premiers portraits à ses images colorées de la fin de sa carrière, Le Paris d’Agnès Varda raconte l’histoire d’une femme libre et audacieuse, qui n’a jamais cessé de faire dialoguer le réel et la poésie urbaine.

Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là, au Musée Carnavalet du 9 avril au 24 août 2025, 23 rue de Sévigné, 75003 Paris. carnavalet.paris.fr


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Photo de Une : © 2008 Ciné-Tamaris

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