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Eva Claessens, à fleur de marbre

Cet été, au château Sainte Roseline, Eva Claessens déploie un parcours de sculptures en marbre blanc où roses et corps enlacés dialoguent avec la nature. Une invitation à l’émotion, libre et mouvante.

 

Frédérique Hermine

Comment passe-t-on de la Belgique à l’Uruguay, où vous résidez ?

Eva Claessens : Après une enfance passée à Anvers, je suis partie apprendre le dessin en Italie. J’ai toujours suivi mes rêves. Ce qui m’inspire, c’est la nature et cette connexion directe avec soi-même et ses émotions. En Uruguay, je vis entourée d’oiseaux et de montagnes, toujours sur les petits chemins. C’est ce qui me nourrit.

Artiste, était-ce une vocation ?

À cinq ans, je voulais déjà être peintre. Je n’ai jamais eu de plan B. Quand mes parents m’ont demandé de passer un diplôme, je suis partie et j’ai dû me débrouiller seule. Je devais parfois choisir entre manger ou acheter du matériel. Alors, oui, c’est une vocation. Plus encore même.

Comment êtes-vous passée de la peinture à la sculpture ?

Je viens du dessin. Je crayonnais les mains et les pieds pour comprendre la force des êtres. Il faut apprendre ce langage pour pouvoir ensuite l’oublier. Aujourd’hui, je passe librement de la peinture à la sculpture selon mes envies.

Quel est le fil de l’expo Le Baiser d’une rose ?

Des fleurs et des couples enlacés. Je travaille d’abord avec des modèles, puis je dessine, peins et recrée en argile, presque de mémoire, pour retrouver l’émotion. J’ai aussi conçu une étiquette de cuvée comme une note supplémentaire au vin. L’idée est une expérience globale.

Pourquoi laisser des œuvres inachevées ?

Je ne cherche pas à transmettre un message précis, mais une émotion libre. Je veux qu’elle reste en mouvement, sans être enfermée.

Comment est née l’exposition au château Sainte Roseline ?

Bernard Teillaud a découvert mon travail et m’a invitée au domaine. Puis j’ai rencontré sa fille, Aurélie Bertin : nous parlons la même langue. Très vite, j’ai imaginé une dizaine de grandes sculptures en marbre blanc, pensées pour le parc et pour accompagner la promenade.

Rodin et Camille Claudel ne sont pas loin…

Ils travaillaient à partir de l’argile avant le marbre. Aujourd’hui, j’utilise aussi la technologie : tailler le marbre est un métier d’artisan. L’argile reste essentielle pour créer, mais le cœur intervient pour finaliser.

Le Baiser d’une rose, exposition d’Eva Claessens au Château Sainte Roseline, 83460 Les Arcs. Tél. : 04 94 99 50 30. sainte-roseline.com ; evaclaessens.com


Lire aussi : Les expositions à voir en juillet 2026


Photo de Une : Eva Claessens © DR

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