Brèches à La Défense ©Julien Lombardi, panorama Los cuates

Brèches, quand la photographie s’échappe de ses cadres à La Défense

Du 17 septembre au 15 novembre 2026, quatre photographes transforment le parvis de la Grande Arche en terrain d’exploration sensible. Entre vagues géantes, plantes hallucinées et énergies invisibles, la nature s’installe, gratuitement, au cœur du temple parisien de la finance.

Julie Gauthier

Sur le parvis de la Grande Arche de La Défense à Paris, entre deux costumes-cravates et un café à emporter, une vague océanique s’est fracassée contre un mur de béton. Rassurez-vous, personne n’a les pieds mouillés : l’image, monumentale, signée Marine Lanier, ne bouge pas d’un centimètre. Mais elle suffit à arrêter net les regards les plus pressés du quartier d’affaires. Voici Brèches, le nouveau parcours photographique de la saison Les Extatiques, qui s’installe gratuitement au cœur de La Défense jusqu’au 15 novembre.

Porté par la direction artistique de COAL sur le thème D’autres Mondes, ce troisième temps fort de la saison réunit quatre photographes bien décidés à faire pousser du vivant sur les dalles minérales du quartier. Elsa Leydier trempe ses négatifs argentiques de plantes dans des « film soups » à base de végétaux associés au sommeil, pour des images à mi-chemin entre la photo et la matière organique.

Julien Lombardi, lui, plonge sous le béton : ses vues microscopiques de roches et de cristaux rappellent qu’un sol géologique existait ici bien avant les tours de bureaux. SMITH dégaine des caméras thermiques pour capter des flux d’énergie invisibles à l’œil nu, entre chaleur résiduelle et rayonnement solaire. Quant à Marine Lanier, elle importe l’indomptable puissance de l’océan au beau milieu du bitume.

Des images qui sortent du cadre

 

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Par contre, on oublie les cimaises et les cartels sagement alignés. Les tirages, hors échelle, sont collés à même les murs ou greffés au mobilier urbain, devenant sculptures ou apparitions inattendues au détour d’un escalator. Le parcours s’accompagne d’un volet plus intimiste avec Collectif XY vu par le photographe Samuel Buton, qui capture les sourires et instants de partage entre habitants, salariés et artistes.

Une performance d’ombres signée Philippe Beau, dévoilant l’œuvre cachée Le Monstre de Raymond Moretti sous la dalle, complète le tableau à trois dates cet automne. Résultat : à La Défense, on ne regarde plus son reflet dans les vitres des tours, on cherche la prochaine brèche.

Brèches, du 17 septembre au 15 novembre sur le parvis de la Grande Arche, Paris La Défense. Accès libre et gratuit. Performance « Sociétés secrètes » de Philippe Beau, les 29 septembre, 8 octobre et 18 novembre. archie.parisladefense.com


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Photo de Une : © Julien Lombardi, panorama Los cuates

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