Un bruit sec, répété, presque hypnotique : celui de la patacabra qui frappe le cuir, martelant patiemment la matière jusqu’à ce qu’elle prenne forme. Ce son, jusqu’ici réservé aux ateliers d’Ubrique, berceau espagnol du savoir-faire maroquinier, résonne désormais dans les boutiques Polène à Paris. La maison a décidé de lever le voile sur les coulisses de sa fabrication, pour notre plus grand bonheur.
Déjà pensées comme des espaces d’exploration du cuir et de la matière, les boutiques Polène se transforment en véritables fenêtres ouvertes sur l’artisanat. Avec comme idée de célébrer le savoir-faire maroquinier dans ses plus beaux écrins et rendre hommage aux gestes qui donnent naissance à chaque création. Installés à Paris, New York, Londres et Séoul, ces nouveaux espaces ont vocation à essaimer prochainement dans d’autres adresses.
On oublie les vitrines : le geste devient le véritable protagoniste de l’expérience. Chaque atelier est animé par des artisans maroquiniers recrutés localement puis formés à Ubrique. De quoi garantir la transmission d’un même savoir-faire, où qu’on se trouve dans le monde. Les démonstrations, amenées à évoluer au fil du temps, dévoilent la fabrication de fleurs de cuir façonnées à partir des chutes des collections Polène, la création de charms singuliers, ou encore différentes techniques de maroquinerie.
Au cœur de l’établi
Les artisans présentent aussi des outils emblématiques de la maison, comme la fameuse patacabra, en révélant les étapes clés de fabrication d’un objet en cuir : la coupe, le marquage à chaud, la teinture de tranche puis le montage à points main. Des gestes précis qui mettent en lumière le temps nécessaire, l’exigence et l’attention portés à chaque détail.
Même en dehors des horaires de démonstration, l’atelier continue de raconter une histoire. Les outils et matières exposés invitent à imaginer les étapes de fabrication d’un sac Polène. La scénographie reprend les codes de l’établi du maroquinier et fait écho à l’atmosphère si particulière des ateliers d’Ubrique.
Cet espace rappelle une évidence qu’on oublie parfois en dégainant sa carte bleue : derrière chaque sac Polène se cache une succession de gestes maîtrisés, hérités d’une tradition exigeante et perpétués avec la même attention, des ateliers d’Ubrique jusqu’aux boutiques de la maison. La prochaine fois qu’on craquera pour un it-bag, on saura enfin ce qu’il se trouve derrière.
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Photo de Une : Polène Paris



