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À Brest sur la Route des Phares

Vingt phares, une poignée d’îles sauvages et des kilomètres de côtes préservées : la Route des Phares de la région de Brest est un voyage au bout de la France, là où la lumière et l’océan se livrent un duel éternel. Embarquement immédiat.

Lola Bondu

Le vent siffle, sur la plaine de la Bretagne armoricaine, mais aussi sur la Route des Phares de la région de Brest. L’horizon est gris-bleu, chargé de sel et de promesses. Bienvenue à l’extrémité ouest du continent, là où la Bretagne plonge dans l’Atlantique. Ici, pas besoin de chercher bien loin pour trouver un phare : la région de Brest en concentre vingt sur son seul territoire, soit la plus grande densité au monde. Et six sont ouverts à la visite.

La Route des Phares, près de Brest, trace son chemin entre la Côte des Légendes, le Pays des Abers, la mer d’Iroise et la Rade de Brest. On ne la fait pas en une journée. On ne devrait pas essayer. Ce territoire se mérite, à pied sur le GR®34, à vélo sur la Véloroute La Littorale V45, ou depuis la mer en voilier, en kayak, en paddle.

Première escale : l’île Vierge et ses 383 marches

Commençons par le plus grand. Le phare de l’île Vierge, à Plouguerneau, toise l’horizon depuis 82 mètres de hauteur. C’est d’ailleurs le plus haut d’Europe. On y accède en bateau ou en kayak, ce qui donne déjà le ton : il faut mériter la vue. À l’intérieur, un escalier de 383 marches en opaline s’enroule vers la lanterne. En haut, l’Atlantique s’étire à perte de vue.

Mais le vrai luxe, c’est de rester. L’ancienne maison des gardiens, au pied du premier phare de l’île, a été transformé en éco-gîte, et peut accueillir jusqu’à neuf personnes. Avoir une île presque pour soi, réveillée aux sons du littoral transformés en composition immersive grâce aux nouveaux parcours bioacoustiques de 2026 : voilà ce qu’on appelle une nuit qui compte.


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Kermorvan, à l’ouest de l’ouest

Au Conquet, le phare de Kermorvan campe sur sa presqu’île avec une fierté tranquille. Carré (vous noterez que c’est original, pour un phare) et tout à l’ouest du continent, il offre un panorama sur la mer et sur le port du Conquet, point de départ vers Molène et Ouessant. Sa toute nouvelle salle de visite immersive sonore invite à plonger dans l’histoire de ces tours de lumière avec une intensité qu’on ne soupçonnait pas.

 

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Plus haut dans les terres côtières, à Plouarzel, le phare de Trezien lance son défi : 182 marches en granit de l’Aber Ildut pour atteindre la lanterne et embrasser d’un seul regard l’arc qui va du phare de Saint-Mathieu au phare du Four, avec les îles de la mer d’Iroise en arrière-plan. Les jambes brûlent un peu, mais le panorama efface instantanément la légère souffrance de l’effort.

Ouessant, l’île aux phares

Pour celui-là, il faut prendre le bateau, traverser la mer d’Iroise, accepter le tangage, sentir l’horizon qui bascule légèrement. Ouessant, surnommée l’île aux phares, en abrite cinq à elle seule. Le plus célèbre, le Créac’h, reconnaissable à ses bandes noires et blanches, est réputé comme l’un des plus puissants d’Europe. Actuellement en travaux, il ne se visite pas, mais il reste un repère incontournable pour les marins qui s’élancent au large pour battre des records.

 

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C’est le phare du Stiff qui ouvre ses portes, d’avril à octobre. Doyen des phares bretons encore en activité, construit sur des plans de Vauban, il veille sur l’île depuis des siècles. Le panorama sur Ouessant depuis son sommet donne une idée assez précise de ce que les gardiens de phare ont contemplé pendant des décennies : une beauté absolue, et une solitude à couper le souffle.

Pour une dernière lumière sur la Route des Phares de la région de Brest, retour sur le continent, ou presque. Le phare de l’île Wrac’h, à Plouguerneau, se mérite lui aussi, mais différemment. À marée basse, dix minutes de marche suffisent pour le rejoindre à pied. Dix minutes pour traverser vers une autre époque. L’été, des expositions s’y installent. Toute l’année, des artistes en résidence y trouvent leur inspiration. Pensez simplement à vérifier les horaires de marée avant de partir : l’Atlantique n’attend pas les retardataires.

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Photo de Une : Phare de Kermorvan au Conquet © GLAZ Pictures

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