Constance Arnoult, touche-à-tout !

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Constance Arnoult, touche-à-tout !

Sous ses airs de Brigitte Bardot, ses grand yeux bleus et son sourire mutin, Constance Arnoult a une forme de sincérité et de bienveillance presque contagieuse. Mannequin pour de grandes marques, mais pas que, cette jeune femme mène de front mille et un projets, à commencer par un premier rôle dans une comédie romantique qui sortira prochainement sur Netflix ! Entretien avec une femme inspirante.

Rendez-vous chez elle, sous les toits de Paris, masquée, dans son petit cocon de la rive gauche. Constance est rayonnante. Elle me reçoit avec beaucoup de spontanéité et, surtout, de franchise. Pas de faux-semblant. Elle parle vrai, aime ce qu’elle fait, et ça se ressent.

Olivia de Buhren : Comment vous présenteriez-vous ?

Constance Arnoult : J’ai 24 ans. Je suis Tourangelle. Je défends la culture et je cherche à la rendre la plus visible possible à travers les réseaux sociaux. Depuis peu de temps, j’ai aussi eu l’opportunité de faire mes premiers pas dans le monde du cinéma.

OB : Quel est votre parcours ?

CA : Je suis une ancienne danseuse classique. J’ai pratiqué un sport-étude danse classique jusqu’à mes 18 ans. Ensuite, j’ai choisi de m’orienter vers des études littéraires en faisant une hypokhâgne puis une khâgne. À la fin de mon master de communication, de façon inattendue, je reçois un message d’un directeur de casting me proposant de passer des essais pour l’un des rôles principaux dans un film diffusé sur Netflix. Je suis prise, tout s’enchaîne, puis je tourne pendant deux mois, de septembre à novembre dernier, dans une production qui sortira en 2021 !

OB : Vous êtes donc une touche-à-tout ?

CA : En effet, je suis pleine d’énergie et j’ai envie de faire mille choses. Avant tout, je suis mannequin. Je travaille pour plusieurs grandes marques comme Cartier, Zadig & Voltaire, Chaumet ou encore Baccarat. J’ai également co-créé L’éloge, un média culturel sur Instagram. La culture a parfois du mal à être mise en lumière sur le digital, je présente des chroniques culturelles courtes et ludiques pour parler de mes coups de cœur littéraires, cinématographiques ou chorégraphiques avec tous les artistes qui m’inspirent.

OB : Que vouliez-vous faire petite ?

CA : Ma vie a été dédiée à la danse pendant de nombreuses années. Je rêvais d’être danseuse étoile. Je me suis malheureusement blessée gravement à l’astragale. Et, avec le temps, je me suis résignée. Je me suis dit que cette vie ne m’aurait pas convenue. Cependant, j’ai toujours voulu que l’art reste au centre de mon travail. Je suis donc ravie d’avoir l’opportunité d’entrer dans le monde du cinéma.

OB : Dans la rue ou ailleurs, pour qui vous a-t-on déjà prise ?

CA : On me trouve une petite ressemblance avec Brigitte Bardot, Angèle ou parfois avec l’actrice américaine Goldie Hawn ! Ce qui est plus que flatteur.

OB : Une qualité que l’on vous reconnaît souvent ?

CA : La bienveillance.

OB : Le défaut que l’on vous trouve fréquemment ?

CA : L’excessivité.

OB : Un mythe qui tombe à l’eau quand on devient comédienne ?

CA : Ce que je constate, c’est que nous sommes loin des paillettes de Cannes ! C’est un métier plein de rencontres, de joie et de surprise, mais aussi et surtout beaucoup de travail, de rigueur et de persévérance.

OB : Au-delà du jeu, qu’avez-vous aimé dans cette aventure ?

CA : La cohésion et les rencontres. J’ai été très impressionnée aussi par l’entraide sur un tournage. C’est sûrement aujourd’hui l’une des plus belles expériences de ma vie. J’y ai vu beaucoup de similitude avec la danse dans le travail et les exigences attendues.

OB : Et ce qui a été le moins agréable ?

CA : Très honnêtement, le tournage s’est très bien passé, car j’ai eu la chance d’être bien entourée et de ne recevoir que de bons conseils. Je me suis néanmoins infligé beaucoup de pression seule. C’était tout de même un gros challenge de débarquer sur un tournage Netflix, dans l’un des rôles principaux, pour une première fois.

OB : Qui aimeriez-vous embrasser pour une scène ?

CA : Gene Kelly, dans un autre monde ! Il aurait sans doute été l’homme de ma vie… s’il n’était pas mort quelques mois avant ma naissance !

OB : Sur qui aimeriez-vous attirer davantage l’attention des médias ?

CA : Les danseurs en général. Par exemple, Paul Marque vient d’être nommé étoile de l’Opéra de Paris à tout juste 23 ans. Je suis très admirative de son parcours.

OB : Une erreur que vous ne commettrez pas deux fois ?

CA : Accorder ma confiance trop rapidement à des gens qui ne le méritent pas.

OB : Un succès qui vous laisse perplexe ?

CA : Une raison pour le succès vaut bien la raison du succès.

OB : Un principe de base auquel vous vous tenez ?

CA : Ne pas être velléitaire et croire profondément à l’alignement des planètes sont pour moi deux lignes de conduite importantes. Les choses, et notamment les échecs, arrivent souvent pour une bonne raison.

OB : À l’appel de qui fonceriez-vous pour une collaboration ?

CA : Damien Chazelle. Nous partageons tous les deux un amour absolu des comédies musicales et faisons de Jacques Demy notre dieu !

OB : Quels sont les 3 morceaux qui tournent en boucle dans vos oreilles ?

CA : J’aime écouter des chanteurs un peu vintage comme Michel Legrand, Aznavour, Claude François… mais j’ai aussi souvent dans les oreilles les artistes de la nouvelle scène française tels que Janie, Clara Luciani ou encore le groupe L’Impératrice.

OB : Quel est le livre qui vous intrigue ?

CA : La Maison d’Emma Becker. C’est l’histoire d’une journaliste qui va faire un reportage dans une maison close à Berlin. Elle y prend goût et reste deux ans.

OB : Et le film que vous aimez par-dessus tout ?

CA : Les Demoiselles de Rochefort ou Peau d’âne. Jacques Demy, c’est une partie de ma vie.

OB : Un compliment qui vous enchante ?

CA : Vous êtes très emphatique.

OB : Qu’est-ce qui est le plus difficile quand on est une jolie fille ?

CA : D’être réduite à ça. Et puis finalement, c’est quoi être une jolie fille ? Elle le devient dans le regard qu’elle porte sur elle-même.

OB : La bonne adresse dans votre quartier ?

CA : La Librairie du cinéma du Panthéon.
13 rue Victor Cousin, Paris Ve.

OB : Enfin, quels sont vos projets ?

CA : Pour le cinéma, je vais commencer à tourner un moyen métrage en noir et blanc sur la résistance des jeunes durant la Seconde Guerre mondiale avec un jeune comédien qui s’appelle Axel Auriant, réalisé par Arthur Dupont. J’ai également tourné une campagne pour Roger Vivier qui sortira prochainement et lancé sur Instagram mon média culturel L’éloge !

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